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le monde 08 mars 2008 



le monde 08 mars 2008

 

 
 
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Slide 1: Un CD Deutsche Grammophon Dvorak James Levine Symphonie n°9 Nouveau Monde 4,95€ EN PLUS DU « MONDE » L’autre Patti Smith Portfolio Le Monde 2 Exposition 2,50 ¤ ou 7,45 ¤ avec le CD (en France métropolitaine uniquement). Ne peut être vendu sans « Le Monde 2 ». www.lemonde.fr 64 e Année - N˚ 19634 - France métropolitaine --- Argenteuil en campagne WEEK-END Samedi 8 mars 2008 Supplément « The New York Times » Fondateur : Hubert Beuve-Méry - Directeur : Eric Fottorino Le président Sarkozy affronte sa première épreuve électorale Municipales 66 % votent d’abord sur des critères locaux, 21 % pour sanctionner le pouvoir (IFOP) l est déjà ailleurs, dans l’au-delà des municipales dont le premier tour se déroulera dimanche 9 mars et le second le 16. Alors que tous les sondages prédisent une victoire de la gauche, Nicolas Sarkozy a soudain découvert les vertus de la posture présidentielle : « Je travaille à la modernisation de la France sans me laisser distraire par les péripéties », a-t-il déclaré dans son entretien au Figaro du 6 mars. Une phrase que n’auraient pas reniée ses prédécesseurs, qui ont, eux aussi, cherché à se prémunir des conséquences d’un échec lors des scrutins locaux. Au cours d’une visite de terrain, jeudi 6 mars à Vesoul (Haute-Saône), le président de la République a expliqué les réformes qu’il souhaite poursuivre, comme si de rien n’était, jusqu’en 2012. S’il s’est réjoui de la baisse du chômage, c’est pour en attribuer les mérites « aux Français ». Et s’il concède une allusion à l’imminence du scrutin, c’est pour s’en détacher : « Je ne suis pas candidat aux municipales, a-t-il dit. A un moment, on va tous travailler ensemble. » Dans cette atmosphère de défaite annoncée, le premier ministre, François Fillon, hausse le ton, accusant le PS « d’entretenir un climat de quasi-guerre civile ». De son côté, la gauche appelle les Français à « voter fort » pour contraindre le gouvernement à changer de cap, accusant M. Sarkozy de « surdité ». « Un scrutin doit être interprété, il y a nécessité à corriger », a déclaré François Hollande. Mais tout se passe comme si l’Elysée avait déjà passé par pertes et profits le scrutin. Le seul doute concerne l’ampleur de la défaite. En 2001, la droite avait gagné une quarantaine de villes de plus de 20 000 habitants, un succès en partie masqué par les pertes de Paris et Lyon. Huit jeunes Israéliens tués dans un attentat à Jérusalem es condamnations étaient unanimes, ou presque, vendredi 7 mars, au lendemain de l’attentat qui a coûté la vie à huit jeunes Israéliens dans une école religieuse de Jérusalem. Seule l’opposition de la Libye a empêché le Conseil de sécurité de l’ONU de s’entendre sur un texte condamnant cette première attaque terroriste depuis quatre ans dans la capitale israélienne. Elle a été perpétrée jeudi soir dans une école religieuse par un Palestinien, résident de Jérusalem, qui a ouvert le feu dans une salle de lecture. Outre les huit morts, âgés de 15 à 16 ans, onze autres élèves ont été blessés, avant que le Palestinien ne soit tué. Le président palestinien, Mahmoud Abbas, a dénoncé l’attentat, mais un porteparole du mouvement islamiste Hamas a salué « cette attaque héroïque ». a I L Lire page 4 Le contrat EADS remis en cause par le Congrès ? C a Un scrutin à l’heure a Des enjeux locaux, mais… Philippe Ridet Lire la suite page 12 et nos informations pages 11 et 13 de « l’ouverture ». Tous les grands partis ont cherché à recruter d’anciens adversaires pour panacher leurs listes. L’UMP, fidèle aux consignes présidentielles, a donné le ton. Le Parti socialiste a tendu la main au MoDem. Le parti de François Bayrou y a vu l’occasion de placer plusieurs de ses candidats en position éligible. Lutte ouvrière, pour sa part, s’est accrochée aux wagons du PC, voire du PS. La multiplication de ces alliances rendra délicate l’interprétation des résultats. Selon un sondage IFOP publié par Le Monde, 66 % des électeurs déclarent qu’ils se prononceront « principalement en fonction de considérations locales ». Un chiffre stable par rapport au mois dernier. Toutefois, le nombre de personnes qui ont l’intention de sanctionner la politique de Nicolas Sarkozy et du gouvernement est en hausse (21 % contre 16 % en janvier). Dans le même temps, le nombre de ceux qui voteront pour soutenir l’action du président a nettement baissé (de 19 % à 10 %). Paris, tremplin pour Bertrand Delanoë. Le maire sortant a besoin d’un succès probant s’il veut concrétiser l’ambition nationale qu’on lui prête. Il a tenu son dernier meeting dans le 12e arrondissement, considéré comme un enjeu majeur de la bataille. Attaqué tant par Françoise de Panafieu (UMP) que par Marielle de Sarnez (MoDem) sur son « inaction économique » qui entraînerait un « déclin de Paris », M. Delanoë se défend en rappelant le solde positif de la création d’emplois dans la capitale. a ’est l’heure de la contre-attaque, celle de Boeing. Il y a quelques jours, le Pentagone a choisi EADS-Northrop pour un contrat de 35 milliards de dollars parce que ses avions – des ravitailleurs en vol pour la chasse américaine – sont meilleurs. Mais, à quelques mois des élections, la politique vient à l’appui du constructeur américain. Le Congrès pourrait exiger une remise à plat du contrat. « Nous n’avons même pas obtenu de l’OTAN 3 000 soldats de plus en Afghanistan », tonne le représentant démocrate de Pennsylvanie, John Murtha ; des élus évoquent des « transferts de technologies sécuritaires vers la France » ; la procédure d’attribution du contrat « était un leurre », ajoute un démocrate de l’Etat de Washington, où Boeing aurait fabriqué les ravitailleurs s’il l’avait emporté. a Lire page 15 et l’éditorial page 2 Les enfants de la scène et de la PAGE TROIS télé aux Victoires de la musique Viktor Bout ne vendra plus d’armes Le plus grand trafiquant d’armes de la planète, le Russe Viktor Bout, a été arrêté à Bangkok par des agents de la Drug Enforcement Administration américaine. Celui qui avait fait sa fortune sur les décombres de l’URSS était recherché par de nombreux pays. Récit. 10 ANS DE COMBAT. Pour les Femmes. Santé Grands prématurés, quel destin ? Des centaines d’enfants nés entre 22 et 32 semaines de gestation ont été examinés à l’âge de cinq ans, dans plusieurs régions françaises. Si 60 % d’entre eux vont bien, 40 % présentent des troubles cognitifs ou moteurs, graves dans 5 % des cas. Page 9 Pour la Science. Chine Les chantiers colossaux de Pékin Julien Doré, vainqueur de la « Nouvelle Star » en 2007. F. BARYLKO/M6 ’un est un enfant de la télé, vainqueur de l’émission de M6 « Nouvelle Star ». L’autre a été révélé par la comédie musicale Le Roi-Soleil. Christophe Willem et Christophe Maé font partie des favoris des Victoires de la musique 2008, attribuées samedi lors d’une soirée présentée par Nagui et retransmise par France 2 en direct du Zénith de Paris. Comédies musicales et télé-cro- L chets (« Star Ac’», « Pop Star »…) font désormais figure de réservoirs de chanteurs à succès pour la variété française. Des premières sont issus Garou, Yael Naim et Hélène Ségara. Des secondes, Alizée, Jenifer, Olivia Ruiz ou Julien Doré. La célébrité télévisuelle n’est pourtant pas une recette miracle : le succès discographique n’est pas toujours au rendez-vous. a Lire pages 24 et 31 Que mille chantiers s’épanouissent, ont décrété les autorités chinoises. La capitale des Jeux olympiques 2008, éventrée, voit surgir partout les plus audacieuses constructions. Mais le temps presse. Reportage. Page 22 Cyclisme Bisbilles autour du Paris-Nice Alors que la course démarre dimanche, les coureurs sont pris dans une lutte de pouvoir qui oppose l’organisateur de l’épreuve à la fédération internationale. Pages 20 et 30 Algérie 60 DA, Allemagne 1,90 ¤, Antilles-Guyane 1,90 ¤, Autriche 2,00 ¤, Belgique 2.50 ¤, Cameroun 1 400 F CFA, Canada 3,25 $, Côte d’Ivoire 1 400 F CFA, Croatie 18,50 Kn, Danemark 20 KRD, Espagne 2,00 ¤, Finlande 2,50 ¤, Gabon 1 400 F CFA, Grande-Bretagne 1,40 £, Grèce 2,00 ¤, Hongrie 650 HUF, Irlande 2,00 ¤, Italie 2,00 ¤, Luxembourg 2,50 ¤, Maroc 10 DH, Norvège 24 KRN, Pays-Bas 2,00 ¤, Portugal cont. 2,00 ¤, Réunion 1,90 ¤, Sénégal 1 400 F CFA, Slovénie 2,20 ¤, Suède 25 KRS, Suisse 2,90 FS, Tunisie 1,8 DT, USA 3,30 $, Afrique CFA autres 1 400 F CFA,
Slide 2: 2 0123 Samedi 8 mars 2008 Editorial Patriotisme mal placé a décision du Pentagone d’acheter ses avions ravitailleurs auprès du tandem EADSNorthrop Grumman et non auprès de Boeing, le « fournisseur maison » traditionnel, suscite un nouvel élan de patriotisme économique aux Etats-Unis. Menaces pour la sécurité nationale en raison de la fabrication de certaines pièces à l’étranger, danger pour l’emploi aux Etats-Unis, contestation de l’appel d’offres qui aurait été modifié sans que Boeing le sache… Les opposants au choix du ministère de la défense multiplient les angles d’attaque. Dans un pays où les avocats sont rois, nul n’imaginait que le choix du Pentagone resterait sans réactions. Celles-ci étaient d’autant plus attendues que ce succès d’EADS est en partie dû à John McCain. Durant des années, ce sénateur, qui n’était pas encore candidat républicain à la Maison Blanche, a dénoncé les liens entre le Pentagone et Boeing obligeant l’armée à revoir de fond en comble ses appels d’offres. En pleine campagne électorale, les démocrates mais aussi les républicains, qui abritent des usines de Boeing dans leurs circonscriptions, ne pouvaient rester sans réagir. Il est vrai qu’au moment où les Etats-Unis attaquent Airbus devant l’Organisation mondiale du commerce (OMC) en raison des subventions publiques que recevrait EADS, le choix du Pentagone tombe on ne peut plus mal. Ce n’est pas parce que l’offre d’EADS est moins chère que l’européen et son partenaire Northrop Grumman l’ont emporté, mais parce que, techniquement, leur offre est la meilleure. Sur les cinq critères jugés décisifs par les militaires, l’avion européen en remporte quatre et se trouve à égalité avec Boeing sur le dernier. Mais que le Congrès parvienne à retourner la situation en faveur de Boeing et toute l’argumentation américaine à l’OMC tombera à l’eau. On n’en est pas là. Après le choix de la marine américaine de retenir le français Sodexho pour nourrir ses hommes et celui de l’armée de terre d’acheter 322 hélicoptères à Eurocopter – une autre filiale d’EADS –, la décision du Pentagone en faveur de l’avion ravitailleur européen confirme qu’une page est bel et bien en train de se tourner. Un Etat ne peut plus, au nom du patriotisme économique, privilégier un industriel national si son offre n’est pas compétitive. Quant aux industriels, ils ne peuvent plus rester isolés. Sans son accord avec Northrop Grumman, EADS n’avait aucune chance de l’emporter. L’européen a eu l’habileté d’apporter d’importantes garanties, notamment en terme d’emplois, au point d’inquiéter les syndicats européens. Au lieu de défendre à tout prix Boeing, les parlementaires américains feraient mieux de s’interroger sur les partenariats industriels qu’il leur faudra nouer, demain, dans ces secteurs stratégiques. a Patronat : comment « tuer grand-père » ? omment « tuer grand-père » ? Cette métaphore résume le conflit qui mine le monde patronal depuis que Laurence Parisot, la présidente du Medef, a ouvert les hostilités avec l’Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM). C’est un peu comme si le jeune enfant qu’est le Medef – qui fêtera ses dix ans le 27 octobre 2008 – voulait s’affranchir une fois pour toutes de la surveillance sourcilleuse d’un grand-père – l’UIMM a été créée le 28 janvier 1901, à l’initiative du Comité des forges, luimême apparu en 1864 ! – dont les errements et les écarts de conduite mettraient en péril l’entreprise familiale. L’affaire des retraits de 19 millions d’euros en liquide opérés par la première fédération du Medef, au profit de destinataires officiellement inconnus – syndicats ? caisses « antigrèves » ? partis politiques ? –, dans laquelle Denis Gautier-Sauvagnac, ex-président et délégué général de l’UIMM, et Dominique de Calan, ex-délégué général adjoint, ont été mis en examen, a allumé l’incendie. Mme Parisot a d’abord réagi, en octobre 2007, avec candeur, parlant de « secret de famille » et utilisant un curieux oxymore – « Beaucoup savaient inconsciemment » – avant, face à l’ampleur du scandale, de lâcher M. Gautier-Sauvagnac, son numéro deux au Medef. Le montant tout aussi scandaleux de l’indemnité de départ de l’UIMM de « DGS » –1,5 million d’euros – l’a fait sortir de ses gonds. L’enfant qui voulait incarner la modernité du patronat ne pouvait laisser grand-père continuer ses méfaits au risque de ruiner l’image, bien fragile, du syndicalisme patronal. Le coup de sang de Mme Parisot a déclenché la L C plus grave crise de l’histoire du syndicalisme patronal, bien au-delà des querelles d’hier entre le CNPF et la CGPME. En s’attaquant à l’UIMM, Mme Parisot s’en prend à la colonne vertébrale du patronat. Lorsque naît, le 31 juillet 1919 – à l’initiative du ministre de l’industrie ! – la Confédération générale de la production française (CGPF), après la première loi sur les conventions collectives, l’UIMM en est le bras armé. Elle se réserve la compétence exclusive Analyse Michel Noblecourt Editorialiste des questions sociales sur lesquelles elle affiche, aujourd’hui encore, son indéniable expertise. En 1936, pour la négociation des accords de Matignon, c’est le secrétaire général du Comité des forges, et non le président de la CGPF, qui fait face à Léon Blum et à la CGT. Au fil du temps, cette suprématie de l’UIMM ne cessera de s’affirmer. Le premier président du CNPF créé le 21 décembre 1945, Georges Villiers, est un métallurgiste. Lorsqu’en 1967, le CNPF se dote d’une commission sociale, il en confie la présidence à un homme de l’UIMM, François Ceyrac, qui présidera ensuite la confédération patronale (1972-1981). Et le premier président du Medef, Ernest-Antoine Seillière, incarnait l’héritage des « maîtres de forges ». L’UIMM apparaissait donc bel et bien incontournable. Derrière sa colère, légitime, contre l’indemnité de M. Gautier-Sauvagnac, Mme Parisot, s’appuyant sur une opinion publique qu’en patronne de l’IFOP elle connaît bien, poursuit quatre objectifs. Il s’agit d’abord, face à des détournements de fonds, d’opposer la « transparence et l’éthique » du Medef, qui fait certifier ses comptes, à l’opacité et à l’argent trouble de l’UIMM. La limite de l’exercice, outre le fait que la justice n’a pas encore identifié les bénéficiaires des retraits suspects, est que Mme Parisot, en pleine négociation avec les syndicats sur leur représentativité, veut discuter du financement de ses « partenaires », mais refuse d’en faire autant sur le syndicalisme patronal... Le second objectif de Mme Parisot est de mettre fin à la domination de l’UIMM au sein du Medef. Dès son élection, en juillet 2005, elle s’est opposée à la puissante fédération qui avait présenté un candidat contre elle à la présidence et qui, pour la première fois, n’a pas joué le rôle de faiseur de rois. Le Medef, c’est officiellement 85 fédérations professionnelles, 155 unions territoriales, représentant 700 000 entreprises, avec un budget annuel de 34 millions d’euros. L’UIMM aligne 130 syndicats, 45 000 entreprises, un budget annuel de 15 millions d’euros et, grâce à l’entraide professionnelle des entreprises de la métallurgie (EPIM), un formidable « trésor de guerre » estimé à 617 millions d’euros. Si 57 % des recettes du Medef viennent de ses fédérations, l’UIMM en assure, à elle seule, près de 7 %. Pas si facile de s’en passer... Querelle des mandats et recomposition La recomposition du paysage patronal est le troisième objectif de Mme Parisot et débouche sur la querelle des mandats, au centre de l’affrontement avec l’UIMM. Sur les 940 mandats du Medef dans les organismes paritaires (assurance-chômage, Sécurité sociale, formation, logement, etc.), l’UIMM en a une centaine. Mme Parisot a sommé la métallurgie de lui remettre tous ses mandats – ce qu’elle a sèchement refusé –, jugeant qu’« on ne peut pas considérer qu’une seule fédération représente l’intérêt général de toutes les entreprises françaises ». Elle veut donc recomposer le patronat en tenant compte de l’évolution de l’économie française. Dans le Parisien du 5 mars, Claude Bébéar, président d’honneur d’Axa, a parfaitement résumé sa philosophie : « Jadis, explique-t-il, les industries minières et métallurgiques représentaient l’essentiel de l’activité. De nos jours, elles représentent 45 000 entreprises sur les 700 000 que compte le Medef et 1,8 million d’emplois sur 15 millions. Il est certes normal et indispensable que l’UIMM continue de jouer un rôle important au sein du Medef, mais il doit être proportionnel à son importance dans l’économie. » Or, l’UIMM ne veut pas céder, en faisant même un casus belli. En normalisant la place de l’UIMM, sa « juste place », Mme Parisot a comme ultime objectif d’asseoir autour du Medef l’unité du monde patronal, à l’heure où la crise qui couve depuis plusieurs mois renforce les velléités d’indépendance des deux autres organisations représentatives. La CGPME revendique – du jamais vu ! – de conduire la négociation à venir sur la formation. L’UPA affiche ses différences. Le risque est qu’en plaçant la barre très haut, en obligeant l’UIMM à manger son chapeau et à se mettre dans la main du Medef, Mme Parisot n’arrive pas à la recomposition espérée. Pour l’heure, aucun des deux camps ne veut céder. Or la sortie de crise et le rééquilibrage passent par l’apaisement et le compromis. Mme Parisot devra-t-elle faire marche arrière et donc lâcher du lest ? A défaut s’esquisserait, même si ce n’est pas le plus probable, le scénario d’une scission du patronat. Une configuration à l’allemande. a Courriel : noblecourt@lemonde.fr A suivre par Pancho Société éditrice du « Monde » SA Président du directoire, directeur de la publication : Eric Fottorino Vice-président, directeur général : David Guiraud Secrétaire général du directoire : Pierre-Yves Romain Directeur du « Monde » : Eric Fottorino Directeur adjoint : Laurent Greilsamer Directeur général délégué : Patrick Collard Directeur de la rédaction : Alain Frachon Directeur adjoint de la rédaction : Jacques Buob Directeur éditorial : Gérard Courtois Rédacteurs en chef : Sophie Gherardi, Patrick Jarreau, Michel Kajman et Franck Nouchi (« Le Monde 2 ») Responsable de la conception : Eric Azan Directeur artistique : Quintin Leeds ; chef d’édition : Françoise Tovo Délégué général : Olivier Biffaud ; secrétaire général : Jean-Pierre Giovenco Médiatrice : Véronique Maurus Directeur des relations internationales : Daniel Vernet Conseil de surveillance : Louis Schweitzer, président Anciens directeurs : Hubert Beuve-Méry (1944-1969), Jacques Fauvet (1969-1982), André Laurens (1982-1985), André Fontaine (1985-1991), Jacques Lesourne (1991-1994), Jean-Marie Colombani (1994-2007) Le Monde est édité par la Société éditrice du Monde SA Durée de la société : quatre-vingt-dix-neuf ans à compter du 15 décembre 2000. Capital social : 149 017 497 ¤. Actionnaires directs et indirects : Le Monde SA, Le Monde et Partenaires Associés, Société des rédacteurs du Monde, Société des cadres du Monde, Société des employés du Monde, Société des personnels du Monde, Fonds commun de placement des personnels du Monde, Société des personnels du groupe des publications de la Vie catholique, Association Hubert-Beuve-Méry, Société des lecteurs du Monde, Le Monde Entreprises, Le Monde Europe, Le Monde Investisseurs, Le Monde Presse, Le Monde Prévoyance, Claude-Bernard Participations, Investmonde. Où sont passées les réformes ? T Rédaction : 80, boulevard Auguste-Blanqui,75707 Paris Cedex 13 Tél. : 01-57-28-20-00 ; télex : 202806F ; télécopieur : 01-57-28-21-21 Courrier des lecteurs : par télécopie : 01-57-28-21-74 ; Par courrier électronique : courrier-des-lecteurs@lemonde.fr Médiateur : mediateur@lemonde.fr Abonnements : Par téléphone : de France 0-825-000-778 (0,15 TTC/min) ; de l’étranger : (33) 3-44-31-80-48. 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Commission paritaire des publications et agences de presse n° 0712 C 81975 ISSN 0395-2037 Imprimerie du Monde 12, rue Maurice-Gunsbourg 94852 Ivry cedex Président : Patrick Collard Directeur général : Stéphane Corre 80, bd Auguste-Blanqui 75707 PARIS CEDEX 13 Tél : 01-57-28-39-00 - Fax : 01-57-28-39-26 PRINTED IN FRANCE outes les présidences de la Ve République, de celle de Charles de Gaulle à celle de François Mitterrand, ont commencé par une longue période de réformes. La préparation des décisions, les arbitrages auxquels elles ont donné lieu, les discussions parlementaires, puis l’entrée en application ont occupé les gouvernements, mobilisé les syndicats, nourri le débat public. Aujourd’hui, le débat tourne presque exclusivement autour du président de la République, du premier ministre, des rapports de forces entre le chef de l’Etat, le chef du gouvernement, certains ministres, le parti majoritaire, ses parlementaires. En 1995, cinq mois après être entré à l’Elysée en promettant de réduire la « fracture sociale », Jacques Chirac avait expliqué aux Français qu’il fallait réduire d’abord le déficit des finances publiques. Puis, le premier ministre, Alain Juppé, avait entrepris de réformer la protection sociale, y compris les régimes spéciaux de retraite, avec les conséquences que l’on sait. La grève des transports publics l’avait obligé à renoncer à ce volet de sa réforme. Le pouvoir était entré dans une phase de paralysie, dont le chef de l’Etat avait tenté de sortir en provoquant, en avril 1997, des élections législatives anticipées, remportées par la gauche. Aucun mouvement social n’est venu affronter le pouvoir actuel. Mais les sondages de popularité, assassins pour le président de la République, ont un effet similaire. On disait, en 1995, que les Français faisaient « la grève par procuration » en soutenant – ou en supportant stoïquement – l’action des cheminots et des employés des transports parisiens. Les sondages ressemblent aujourd’hui à un référendum d’initiative populaire, spontané, vindicatif, implacable. Le peuple félicite François Fillon pour être sûr d’atteindre Nicolas Sarkozy. L’espoir de l’opposition est que cette révolte par échantillon représentatif débouche sur une sanction brutale dans les urnes municipales. Le président a tenté de Chronique Politique Patrick Jarreau limiter les dégâts en prononçant, devant ses confesseurs du Figaro, son acte de contrition et en essayant de donner aux électeurs de la droite des raisons de se remobiliser. Mais, après moins de dix mois de présidence, huit mois de mandat pour l’Assemblée nationale, les réformes promises sont en suspens ou en sursis. Edouard Balladur se demande ce qui va advenir de celle des institutions, qu’il a préparée. Les recommandations de la commission Attali ont-elles été tuées dans l’œuf par les taxis parisiens ? Il était question d’une révision générale des politiques publiques, d’une remise à plat de la fiscalité. Est-ce encore d’actualité ? Le grand dessein présidentiel va-t-il se limiter maintenant à réformer le financement de l’audiovisuel public ? Les Français avaient choisi un président pour sortir des blocages auxquels son prédécesseur n’avait pas osé ou pas su s’attaquer. Le supermécanicien supposé a provoqué un blocage spectaculaire de la machine politique. Il s’est piégé lui-même en voulant ramener le premier ministre au rang de « collaborateur ». François Fillon, qu’il le veuille ou non, est mis en concurrence avec Nicolas Sarkozy, situation la plus dangereuse qui soit. Voilà les ministres serviteurs de deux maîtres, ce qui ne peut guère les inciter à l’audace. Les députés de la majorité vont devoir choisir, eux aussi. Mais le désordre ne s’arrête pas là : le chef de l’Etat, en défiant le Conseil constitutionnel à propos de la rétention des condamnés considérés comme dangereux, a introduit un facteur de trouble au plus haut niveau de l’autorité judiciaire. En lieu et place de réformes, il a bousculé l’échiquier. Toutes les pièces semblent en bataille les unes contre les autres, autour d’un roi que son camp ne protège plus. a Courriel : jarreau@lemonde.fr
Slide 3: 0123 Samedi 8 mars 2008 Page trois 3 Le trafiquant russe Viktor Bout, 41 ans, qui inondait la planète en armes depuis la fin de l’empire soviétique, a été arrêté jeudi 6 mars à Bangkok par des agents américains et la police thaïlandaise Itinéraire d’un « marchand de mort » endant quinze ans, Viktor sion, il transportera même de l’aide Bout, le « marchand de mort » humanitaire pour les Nations unies, le plus célèbre de la planète, rêvant de créer une compagnie aérienne s’est joué de tout. Des frontiè- « dans le genre Virgin Atlantic ». « Le problème posé par Viktor Bout res, des lois, des polices de plusieurs pays lancées à ses trousses, des dépassait le fait de convoyer des armes », sanctions et des mandats d’arrêt. Sans affirme Lee Wolovsky, un responsable même parler de la morale. Il est finale- américain qui a traqué le trafiquant des ment tombé, jeudi 6 mars, dans un piège années durant (cité dans Merchant of tendu par des agents de la Drug Enforce- Death, le livre de Douglas Farah et Stement Administration (DEA) américaine phen Braun). « Il a surtout un réseau logistique, le meilleur au monde. » à Bangkok. Fort, très fort, Viktor Bout. Pour les Est-ce la fin pour Viktor Bout, 41 ans, qui inonde en toute impunité depuis le besoins de ses trafics, il s’installe à Ostendébut des années 1990 la planète des de, en Belgique, puis au Liberia. D’autres conflits, de l’Afrique à l’Asie centrale, immatriculations africaines suivront. d’un flot d’armes tirées des arsenaux de Mais sa base logistique, pendant plul’ex-bloc soviétique ? S’il est trop tôt pour sieurs années, sera à Charjah, l’un des être certain que la carrière de l’étrange Emirats arabes unis. Au total, la galaxie M. Bout, « Viktor » comme l’appellent Bout gère une cinquantaine d’avions, ceux qui ont participé à sa traque des sous différents noms. Les sociétés s’emannées durant, vient de prendre fin à Ban- boîtent, les pavillons et les immatriculagkok, on peut dater son début, qui coïnci- tions valsent, les contrats se multiplient. Le Russe volant devient l’un des princide avec la fin de l’Union soviétique. Lors de l’effondrement de l’URSS, paux pourvoyeurs d’armes de pays sous Viktor Bout n’a pas 30 ans. Né peut-être embargo, comme le Liberia. Dans le à Douchambé, au Tadjikistan, selon choix de ses clients, il fait preuve d’une impartialité qui défie les lois l’un de ses passeports, il a étude ce marché si particulier. En dié à l’Institut militaire des Un réseau créé Angola, le réseau Bout fournit langues étrangères de Mospour vider en même temps le gouvernecou, vivier de l’espionnage les arsenaux ment de Luanda que les rebelsoviétique, y a appris cinq lanet alimenter les de l’Unita. En Afghanistan, gues, avant d’être posté en les conflits Viktor Bout devient proche Angola, sans doute au sein de la planète d’Ahmed Shah Massoud, le des services de renseigne« Lion du Panshir », sans que ment de l’armée rouge. L’ex-« pays frère » sera l’un de ses pre- cela l’empêche de devenir fournisseur de miers clients après le séisme historique ses ennemis, les talibans. Lorsque Mobutu Sese Seko, « Roi du qui va l’amener à entrer dans les affaires. La mort brutale du système soviétique Zaïre », fuit son pays devant l’avancée de laisse derrière elle des arsenaux pleins, rebelles, c’est dans un Antonov de Viktor des flottes d’avions désormais inutiles et Bout. Lequel vend déjà des armes aux des militaires clochardisés. Parallèle- tombeurs du maréchal-président, les ment, le couvercle de la guerre froide, en rebelles soutenus par le Rwanda. Au sautant, ouvre la voie à des conflits, Congo, il se fait payer en coltan, minerai recherché par l’industrie électronique, notamment en Afrique. Viktor Bout va relier tous ces aspects ou en diamants, notamment dans ses grâce à un business plan d’une redoutable transactions avec Jean-Pierre Bemba, simplicité. Il va mettre sur pied un réseau ex-chef rebelle aujourd’hui réfugié au pour vider les arsenaux et alimenter grâ- Portugal. Viktor Bout, lui, semble devoir échapce à ses avions les conflits pauvres, mais per à la justice. Menant grand train à meurtriers, de la planète. Kalachnikov, lance-roquettes RPG, Moscou, il insiste pour se définir comme munitions par millions, mais aussi blin- « un simple homme d’affaires », et explidés, missiles divers et hélicoptères de que qu’on le persécute parce que « percombat, tout ce matériel va désormais sonne ne peut supporter qu’un Russe réusêtre disponible sur le marché grâce à l’ef- sisse ». De ses multiples protections, en ficacité de « Viktor ». Il livre partout, Russie ou ailleurs, pas un mot. Utile, si utile, Viktor Bout. Ses avions sans rechigner. Les avions-cargos Antonov et Iliouchine, retirés officiellement avaient alimenté en armes les talibans et de la circulation, sont réinjectés dans un Al-Qaida dans l’Afghanistan où Oussasystème opaque d’immatriculations ma Ben Laden préparait les attentats du changeantes. Les rustiques « cercueils 11-Septembre. Cela n’empêchera pas les volants » de Viktor Bout se posent sur Etats-Unis de faire appel à ses services toutes les mauvaises pistes du monde, après l’invasion de l’Irak pour faire livrer tandis que s’instaure un nouveau com- des armes aux troupes américaines et à leurs alliés. En 2004, les avions de Viktor merce triangulaire. Les avions partent chargés d’armes Bout ont effectué plusieurs centaines de vers l’Afrique ou l’Afghanistan, et rem- vols pour le compte de l’administration plissent leurs soutes sur les tronçons sui- américaine ou l’un de ses sous-traitants, vants du trajet avec d’autres marchandi- pour une facture se montant à près de ses, parfois reçues en paiement, allant 60 millions de dollars. Contrat rompu des diamants et minerais divers, ou pour seulement en raison de fuites dans la assurer un service de fret, tapis d’Asie presse. a centrale ou poulets congelés. A l’occaJean-Philippe Rémy P Viktor Bout en 2003. JAMES HILL/CONTACT PRESS IMAGES Une si longue traque IL PENSAIT s’être rendu en Thaïlande pour y conclure un contrat de livraisons d’armes à la guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), portant sur une centaine de missiles solair, accompagnés de lance-roquettes, qui devaient être parachutés au-dessus de leurs bases dans la jungle. Curieusement, alors que Viktor Bout avait des liens avec les FARC au moins depuis 1998, il s’est laissé abuser par de faux responsables de la guérilla colombienne. Ses interlocuteurs étaient, en réalité, des agents de la Drug Enforcement Administration (DEA) américaine, qui ont passé des mois à infiltrer son réseau, et ont permis son arrestation dans un hôtel cinq étoiles de Bangkok, avec l’aide de la police thaïlandaise, mais aussi celles des Antilles hollandaises (où Viktor Bout a des intérêts, gérés par son épouse) et de Roumanie. Le « marchand de mort » russe, escorté par quinze policiers thaïlandais, a été présenté à la presse menotté, vêtu d’un tee-shirt orange et d’un pantalon kaki. Il est resté impassible et silencieux. Déjà, les Etats-Unis ont affirmé qu’ils demanderaient son extradition, mais la Russie, dont Viktor Bout est citoyen, pourrait faire de même, tandis que la Thaïlande envisage de le juger. Et la Belgique, qui a émis en 2002 un mandat d’arrêt international contre lui pour son implication dans des opérations de blanchiment d’argent, pourrait également le réclamer. Il est encore trop tôt pour déterminer si ces options contradictoires peuvent devenir source de confusion. Cette confusion dont Viktor Bout a bénéficié à plusieurs reprises dans le passé… La Belgique avait monté en 2002, déjà, avec la coopération de polices et services de renseignements européens, un piège destiné à arrêter Viktor Bout, en provenance de Moscou, à sa descente d’avion aux Emirats arabes unis où il devait finaliser un contrat de livraison d’armes. Le trafiquant était frappé d’une interdiction de circuler en raison de ses violations répétées des embargos sur les armes des Nations unies. Un enquêteur belge qui avait participé à l’opération se souvient de sa rage de voir arriver l’appareil vide. « Tout avait été mené dans le plus grand secret. Viktor avait été protégé par des services de renseignements. » a J-P.R.
Slide 4: 4 International 0123 Samedi 8 mars 2008 Israël Huit étudiants de l’institut Mercaz Harav ont été tués. Un groupe arabe inconnu a revendiqué l’attaque Attentat dans une école talmudique à Jérusalem chiite libanaise, Imad Moughnieh, tué par une voiture piégée le 12 février à Damas. l était environ 20 h 30 lorsqu’un hom- Le Hezbollah n’a toutefois pas officielleme portant un paquet est entré, jeudi ment revendiqué l’attentat de Jérusalem, 6 mars, dans la célèbre yeshiva (école même si Hassan Nasrallah a déclaré le talmudique) Mercaz Harav, dans le quar- 14 février « la guerre ouverte » à Israël. Des cris de joie et des manifestations de tier de Kyriat Moshe, à Jérusalem. Cet homme originaire de Jérusalem-Est, la contentement ont salué cet attentat dans partie arabe de la ville sainte, a pénétré les camps de réfugiés palestiniens au dans la bibliothèque, a ouvert son paquet, Liban, mais également dans la bande de en a sorti un kalachnikov et a commencé à Gaza, notamment à Jabaliya, cible de la tirer sur les étudiants. Il y avait près de récente opération israélienne Hiver 80 personnes dans la salle. Des dizaines chaud, qui a causé la mort de 80 personde douilles ont été récupérées sur le sol nes. Sami Abou Zhouri, porte-parole du ensanglanté. L’homme s’est ensuite dirigé Hamas, a déclaré que son organisation vers l’auditorium et a fait de nouveau feu « apportait sa bénédiction à l’opération sur quelques étudiants qui s’y trouvaient héroïque de Jérusalem, qui est une réaction avant de sortir de l’école talmudique. Huit naturelle au massacre commis par les sionisétudiants, dont certains encore adoles- tes ». De son côté, le président de cents, ont été tués sur le coup, et l’Autorité palestinienne, Mahonze autres blessés, dont trois Depuis la vague moud Abbas, a condamné cette grièvement. attaque, précisant : « Nous Yitzhak Danon, un étudiant, de violences avait entendu les coups de feu. à Gaza, la tension condamnons toutes les attaques visant des civils, qu’elles soient Il s’est couché à terre avec son s’est transportée palestiniennes ou israéliennes. » arme et lorsque le tireur est sor- en Cisjordanie Depuis le 27 février, date à ti, il lui a tiré deux balles dans la et à Jérusalem laquelle a commencé la nouveltête. Au même moment, un offile vague de violences, plus de cier parachutiste est arrivé sur les lieux de la fusillade et a achevé l’hom- 130 Palestiniens sont morts, ainsi que trois soldats israéliens et un civil, victime me à terre. Dehors, la foule rassemblée devant les d’une roquette Qassam à Sdérot. Un sollieux criait « Vengeance ! », « A mort les dat a été tué, jeudi, par l’explosion d’une Arabes ! ». Le premier ministre israélien, mine au passage d’une Jeep à la frontière Ehoud Olmert, a expliqué que « ce qui s’est de la bande de Gaza, et cinq Palestiniens passé prouve que l’Autorité palestinienne ne ont péri lors de deux raids aériens, l’un à combat pas suffisamment la terreur. Nous Jabaliya et l’autre au sud de ce territoire. La tension s’est aussi transportée en Cisn’allons pas faire la paix avec de tels événejordanie où, cette semaine, différentes ments. » Cet attentat est le premier depuis qua- manifestations ont été organisées pour tre ans à Jérusalem. Aucune organisation protester contre « le carnage » de Gaza. palestinienne connue n’a revendiqué cette Au cours de l’une d’entre elles, un colon, se action meurtrière. Seul un groupe incon- sentant menacé, a tué d’une balle dans la nu, les Kataëb Ahrar El-Jalil (Brigades des tête un manifestant âgé de 18 ans près de hommes libres de Galilée – Groupe du Ramallah. Il a été relâché après qu’il a été martyr Imad Moughnieh et les martyrs de jugé qu’il avait agi en état de légitime Gaza), a téléphoné à la chaîne de télévision défense. Des incidents se sont également du Hezbollah, Al-Manar, à Beyrouth, pour produits sur l’esplanade des mosquées à s’attribuer cet attentat. Cette organisation Jérusalem. Vendredi, les autorités israéliennes ont porte le nom du chef militaire de la milice JÉRUSALEM CORRESPONDANT I Un secouriste dans l’école talmudique Mercaz Harav de Jérusalem, mardi 6 mars, après l’attaque contre les étudiants. AP/ZAKA RESCUE AND RECOVERY décrété l’état d’alerte général. Ehoud Barak, ministre de la défense, a annulé un voyage aux Etats-Unis. Vendredi matin, il consultait les hauts responsables de l’étatmajor de l’armée afin de décider de mesures de protection. L’attentat de la yeshiva a pris complètement par surprise les autorités israéliennes. Son auteur était, paraît-il, connu des services de police. La cible choisie est symbolique. La yeshiva Mercaz Harav a été le berceau du mouvement du bloc de la foi, le Goush Emounim, artisan de la colonisation en Cisjordanie. a Michel Bôle-Richard La Libye bloque le vote d’une condamnation à l’ONU Le Conseil de sécurité de l’ONU, réuni en urgence, n’a pas pu s’entendre, jeudi 6 mars, sur un texte condamnant l’attentat en raison de l’opposition de la Libye. Selon l’ambassadeur américain Zalmay Khalilzad, « il n’y a pas eu d’accord car la délégation libyenne n’a pas voulu condamner » cet acte sans le lier aux événements de Gaza. L’attentat de Jérusalem a suscité une vive émotion. George Bush a condamné un « attentat barbare et malfaisant ». Le président américain s’est entretenu avec le premier ministre israélien, Ehoud Olmert. L’attentat de Jérusalem est « une flèche » visant « le cœur du processus de paix qui avait été ranimé si récemment », a dit le chef de la diplomatie britannique, David Miliband. Son homologue français, Bernard Kouchner, a appelé, dans un communiqué, à la « poursuite de la négociation ». « Il n’y a pas d’alternative à la recherche d’une solution politique négociée », a-t-il ajouté. – (AFP.) CHRONOLOGIE 19 août 2003 : l’attentat le plus meurtrier commis à Jérusalem a lieu lorsqu’un kamikaze se fait sauter dans un autobus transportant des religieux orthodoxes revenant de la prière. Vingt-trois d’entre eux sont tués. 22 février 2004 : un kamikaze cause la mort de huit personnes dans un autobus. C’était le dernier attentat commis à Jérusalem. Le 29 janvier, un autre attentat-suicide avait fait onze victimes. 17 avril 2006 : onze morts lors d’un attentat-suicide dans le terminal d’autobus de Tel-Aviv. 29 janvier 2007 : un kamikaze, infiltré en Israël depuis le Sinaï, se fait exploser dans une boulangerie, à Eilat, tuant trois Israéliens. 4 février 2008 : deux kamikazes, venus d’Hébron en Cisjordanie, pénètrent dans une galerie commerciale à Dimona, au sud-est d’Israël. Seul, l’un d’eux parvient à actionner sa charge, qui tue une personne. Le deuxième homme est abattu par un policier. « La pire situation depuis l’occupation de 1967 » à Gaza, selon des humanitaires JÉRUSALEM CORRESPONDANT Sous le titre « Une implosion humanitaire », plusieurs organisations humanitaires britanniques et françaises ont dressé un rapport alarmant, publié jeudi 6 mars, de la situation dans la bande de Gaza. Elles estiment qu’il s’agit de la situation « la pire depuis le début de l’occupation israélienne en 1967 ». « Si le blocus ne cesse pas immédiatement, il sera impossible d’éviter qu’une catastrophe ne survienne dans la bande de Gaza et les espoirs de paix dans la région seront anéantis », avertit Geoffrey Dennis, responsable de Care International britannique. Ce minuscule territoire de 360 km2 peuplé de 1,5 million d’habitants a été déclaré « entité hostile » par Israël le 19 septembre 2007. Le blocus a été renforcé à partir du 17 janvier et 1,1 million de personnes sont désormais dépendantes de l’aide alimentaire. Selon le Programme alimentaire mon- dial (PAM), entre juin et septembre 2007, le nombre de familles gagnant moins de 1,2 dollar par jour est passé de 55 % à 70 %. Le 15 juin 2007, le Hamas a pris le pouvoir par la force, ce qui a entraîné la fermeture de tous les points de passage et une restriction drastique des approvisionnements en provenance d’Israël, qui est l’unique fournisseur. Le nombre de camions de livraison s’est réduit de 250 à 45 par jour. D’après un rapport de la Banque mondiale, 95 % de l’activité industrielle ont été stoppés. Taux de chômage de 40 % Des secteurs entiers de l’économie sont paralysés. Sur les 3 900 fabriques de toute nature recensées en juin 2005, il n’en reste plus que 195 employant seulement 1 750 personnes au lieu de 35 000. Le taux de chômage est d’environ 40 % et pourrait atteindre prochainement 50 % selon l’Office des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA). « La bande de Gaza est sur le point de devenir le premier territoire à être réduit intentionnellement à un état d’abjecte destitution, avec l’acquiescement, la complicité – et certains diront les encouragements de la communauté internationale », s’insurge Karen Koning Abou Zayd, responsable de l’agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens (UNRWA). La vie quotidienne est aussi de plus en plus difficile et la situation sanitaire très critique. Selon Oxfam, 40 à 50 millions de litres d’eaux usées sont déversés chaque jour dans la Méditerranée en raison de la dégradation du système d’égouts qui ne peut être entretenu faute de pièces détachées et du manque de ciment. Toutes les infrastructures pâtissent de l’absence de pièces de rechange et en raison des restrictions imposées par Israël, les coupures d’électricité dans les hôpitaux oscillent entre huit à douze heures par jour. Le carburant pour les géné- rateurs ne permet de tenir que quelques jours. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le nombre de permis donnés aux malades pour sortir de Gaza afin de se faire soigner est passé de 83,9 % en janvier 2007 à 64,3 % en décembre de la même année. Le rapport réfute l’argument des autorités israéliennes, qui rejettent la faute sur le Hamas, en insistant sur le fait que l’Etat juif s’est retiré de la bande de Gaza au cours de l’été 2005. « En réalité, Israël a gardé le contrôle effectif en exerçant un contrôle total sur les frontières territoriales, aériennes et maritimes et sur la circulation des personnes et des biens », souligne le texte, qui s’interroge sur le bien-fondé du blocus, estimant qu’il s’agit d’une « punition collective, inacceptable et illégale et qui n’apporte la sécurité ni aux Israéliens ni aux Palestiniens ». « La politique internationale d’isolement du Hamas n’a débouché sur rien de positif », conclut le rapport. a M. B.-R. TCHAD DROITS DE L’HOMME Idriss Déby évoque « 700 morts » et dément l’arrestation d’opposants LES COMBATS, début février, entre les forces armées tchadiennes et les rebelles à N’Djamena, la capitale, et à Massaguet, une ville de la même région, ont fait « autour de 700 morts » dont une majorité de civils, a indiqué le président tchadien Idriss Déby, dans un entretien diffusé, jeudi 6 mars, par France 24. M. Déby a laissé entendre que le Soudan voisin était « en train d’équiper [les rebelles] avec de nouvelles armes (…) pour les préparer pour des attaques ». M. Déby a démenti l’arrestation par les forces tchadiennes de deux dirigeants de l’opposition. « Ni M. Yorongar ni M. Ibni Oumar [Mahamat Saleh] n’ont été interpellés par l’armée », a-t-il affirmé avant d’ajouter : « La garde présidentielle avait autre chose à faire. » Les propos du chef de l’Etat s’opposent à ceux de M. Yorongar qui, arrivé jeudi à Paris en provenance du Cameroun, a raconté à la presse comment il avait été arrêté le 3 février à son domicile « par plusieurs militaires armés » avant d’être conduit dans une « prison secrète [installée] dans un petit camp militaire » de la capitale. Incarcéré, chaînes aux pieds, M. Yorongar sera détenu au secret pendant plus de deux semaines avant d’être libéré le 21 février, après avoir fait l’objet d’un simulacre d’exécution dans un cimetière de N’Djamena. M. Yorongar a ensuite réussi à rejoindre le Cameroun. L’opposant tchadien s’est également dit convaincu qu’Ibni Oumar, un ancien ministre, un temps détenu dans la même prison que lui, était décédé, « à moins d’un miracle ». Mais M. Yorongar n’a aucune preuve formelle du décès. L’un des enfants d’Ibni Oumar, Hicham, installé en France, est, à l’inverse, convaincu que son père est toujours en vie. « On sait que mon père a été arrêté par des hommes de Déby. Des officiers supérieurs nous ont dit l’avoir vu dans des locaux de la présidence. Il a été torturé et battu, mais on pense qu’il est toujours vivant », confie-t-il. Le fils de l’opposant, qui a été reçu en milieu de semaine par le président français Nicolas Sarkozy, s’est dit convaincu que « la France était au courant des arrestations opérées par le régime. Elle savait où ils se trouvaient. La “Francafrique’’ continue d’exister. » a Jean-Pierre Tuquoi Arche de Zoé : une grâce dans « moins d’un mois » Le président Idriss Déby a affirmé, au cours de son entretien à France 24, qu’il envisageait de gracier dans « moins d’un mois » les six Français de l’Arche de Zoé, après avoir « trouvé une solution » à la question de l’indemnisation des familles des 103 enfants tchadiens. « J’en ai parlé avec le président Sarkozy. Il m’a dit qu’il allait nous assister », a affirmé le chef de l’Etat. Les membres de l’association ont été condamnés, le 26 décembre 2007, par la justice tchadienne, à huit ans de travaux forcés avant d’être transférés vers la France. La grâce du président Déby est la seule possibilité pour eux d’obtenir une libération rapide. – (AFP.)
Slide 5: Résultats annuels 2007 Objectifs 2007 atteints Accélération en 2008 José Luis Duran, Président du Directoire Chiffre d’affaires HT En 2007, le Groupe a tenu ses engagements • Le chiffre d’affaires a enregistré une troisième année consécutive d’accélération de la croissance avec une progression à changes constants de 7 %, contre 6,4 % en 2006. Le résultat opérationnel avant éléments non courants (après reclassification IFRS 2**) augmente de 3,4%, globalement en ligne avec la progression constatée en 2006. • Les marchés de croissance confirment leur rôle de relais de croissance pour le Groupe, avec un chiffre d’affaires en hausse de près de 25 % et un résultat opérationnel avant éléments non courants qui augmente de 42 %. • L’autofinancement a progressé de 9,3 % à 3,9 Md€, soutenu par les performances opérationnelles du Groupe. Nous avons maintenu la solidité de nos ratios financiers et de notre situation financière. 82 148m€ + 6,8 % +7% à changes constants Résultat Opérationnel* 3 291m€ + 3,4 % Résultat Net des activités poursuivies, part du Groupe : 2008, une nouvelle étape de croissance rentable Nous maintenons nos objectifs pour 2008 • Un chiffre d’affaires en croissance de 6 à 8 % (hors acquisitions) et une croissance plus rapide du résultat opérationnel par rapport au chiffre d’affaires. • Un cash-flow libre d’environ 1,5 Md€ et une amélioration du ROCE grâce à cette croissance et à une allocation plus efficace des capitaux. Plusieurs initiatives clés devraient nous permettre d’atteindre ces objectifs • Le déploiement de nos nouveaux modèles commerciaux. • La réduction des coûts logistiques et des autres charges d’exploitation. • Une allocation du capital plus efficace. Deux axes supplémentaires de création de valeur ont été identifiés • La potentielle convergence des enseignes en France : après les premières étapes encourageantes en 2007, une décision sur le déploiement sera prise au deuxième trimestre 2008. • La création d’un deuxième métier au sein du Groupe, l’immobilier : l’ouverture du capital de Carrefour Property se ferait dans un premier temps par un placement privé au quatrième trimestre 2008. Nous prévoyons une amélioration du retour aux actionnaires, grâce aux produits provenant d’éléments exceptionnels (cessions, externalisation de l’immobilier) pour un montant d’environ 4,5 Md€, sur la période 2008-2010. 1868 + 0,7 % par action : m€ Dividende proposé 1,08 € Soumis à l'approbation de l’Assemblée Générale des Actionnaires du 15 avril 2008 PROCHAINS RENDEZ-VOUS Assemblée Générale des Actionnaires : 15 avril 2008 Publication T1 2008 : 13 mai 2008 CONTACTS Relations investisseurs : + (33) 01 55 63 39 00 Relations presse : + (33) 01 58 47 98 88 Information actionnaires : N° vert : 0805 902 902 * Avant éléments non courants et après reclassification IFRS 2. ** Conformément à IFRS 2, les coûts de stock options ont été reclassés en frais de personnel au lieu de charges non courantes précédemment. 2006 et 2007 ont été ajustés en tenant compte de cette reclassification. Retrouvez l’intégralité du communiqué sur www.carrefour.com « « Nos résultats 2007 traduisent la qualité de nos fondamentaux et la pertinence de nos choix stratégiques. Ils démontrent que notre Groupe est en ordre de marche pour entamer une nouvelle étape de sa croissance.
Slide 6: 6 International TÉMOIGNAGES À BOGOTA 0123 Samedi 8 mars 2008 Le Nicaragua rompt ses relations diplomatiques avec la Colombie Managua déclare agir par « solidarité » avec l’Equateur. Une grave crise oppose Quito et Caracas à Bogota depuis que l’armée colombienne a tué un chef des FARC en territoire équatorien BOGOTA CORRESPONDANTE Un guérillero et un ancien otage des FARC évoquent Ingrid Betancourt BOGOTA CORRESPONDANTE près l’Equateur et le Venezuela, le Nicaragua a rompu, jeudi 6 mars, ses relations diplomatiques avec la Colombie. A Managua, le président Daniel Ortega a précisé qu’il agissait « par solidarité » avec l’Equateur, dont le président, Rafael Correa, poursuit une tournée latino-américaine. A A la tête du gouvernement sandiniste dans les années 1980, M. Ortega avait alors entretenu des liens avec les guérillas colombiennes. Récemment, il interpellait devant les caméras son « frère Manuel Marulanda », le chef des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC, extrême gauche). Un litige frontalier oppose depuis vingt-cinq ans le Nicaragua et la Colombie. Managua réclame les îles de San Andres et Providencia, dans la mer des Caraïbes. A Quito, l’ambassade de France a confirmé qu’elle était au courant des contacts établis entre le gouvernement équatorien et les FARC, en vue de la libération des otages. Le président Correa justifie ainsi la rencontre entre son ministre de la sécurité et Raul Reyes, le chef des FARC tué au cours du raid militaire en territoire équatorien, qui a suscité la crise dans la région. « Le plus grand succès militaire du président colombien Alvaro Uribe tourne au désastre diplomatique », note l’analyste Pedro Medellin. Si le président vénézuélien, Hugo Chavez, met à exécution ses menaces de nationaliser les entreprises colombiennes au Venezuela, Bogota n’hésitera pas à saisir les tribunaux internationaux, a indiqué l’ambassadeur colombien auprès de l’Organisation des Etats américains (OEA). Le président équatorien souhaite que le Groupe de Rio, réuni vendredi à SaintDomingue, condamne l’attaque colombienne. M. Correa doit y croiser ses homologues vénézuélien et colombien. a M. Ds Des milliers de Colombiens manifestent contre les paramilitaires BOGOTA CORRESPONDANTE Consuelo Ramirez, 69 ans, tient sur sa poitrine le cadre doré dans lequel, depuis vingt et un ans, jaunit la photographie de son fils. « Moi, je ne sais rien de la politique. On m’a dit qu’il avait des idées à gauche. Vous trouvez que c’est une raison pour assassiner les gens ? », interroge-t-elle de sa voix frêle. Consuelo est descendue dans la rue, jeudi 6 mars à Bogota. Autour d’elle, banderoles et photos évoquent le « génocide » de l’Union patriotique – un mouvement de gauche décimé dans les années 1980 –, les massacres des groupes paramilitaires d’extrême droite et les milliers de victimes du conflit armé colombien. Comme elle, syndicalistes, étudiants, paysans, indigènes, journalistes, universitaires sont là pour dire leur solidarité. A Bogota et dans les principales villes du pays, des centaines de milliers de per- sonnes ont répondu à l’appel du Mouvement des victimes de crimes d’Etat. « C’est une manifestation de solidarité avec les 4 millions de déplacés, les 15 000 disparus et les milliers de victimes des paramilitaires qui gisent dans des fosses communes », explique Ivan Cepeda, fils d’un sénateur assassiné en 1994. « Uribe, le peuple est en colère » Les partis d’opposition et des dizaines d’organisations sociales et de défense des droits de l’homme avaient également appelé à la manifestation. « Mais nous n’avons pas compté avec le battage médiatique qui avait précédé la manifestation du 4 février contre les FARC [Forces armées révolutionnaires de Colombie] », souligne un manifestant. En accusant les organisateurs d’être manipulés par la guérilla, José Obdulio Gaviria, conseiller du président Alvaro Uribe, a provoqué une vive polémique. « Il est indigne de penser que les victimes des paramilitaires pèsent moins que celles des FARC », affirme la sénatrice Gina Parody, de la majorité présidentielle, venue manifester. « C’est absurde de penser que la manif du 4 février était une manifestation de droite et celle du 6 mars une manifestation de gauche. Nous devons protester contre toutes les violences », assure Hernando Escobar, un jeune journaliste qui a participé aux deux manifestations. Jeudi, l’opposition dominait dans les rangs. « Uribe, paramilitaire, le peuple est en colère », crient des manifestants. « Président Correa, c’est pas nous, c’est le “para” Uribe qui l’a fait », scandent d’autres, en allusion à la récente incursion militaire en territoire équatorien. « Ce n’est pas le sujet aujourd’hui. Je suis là parce que je ne veux pas oublier tous mes collègues assassinés », confie l’universitaire Claudia Sampedro. a M. Ds L’un est en prison, l’autre vient de retrouver son bel appartement de Bogota. Les deux se sont connus dans la jungle. Arrêté en février, Heli Mejia, dit « Martin Sombra », a passé trente-cinq ans au sein des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC, extrême gauche). Pendant des mois, il a eu sous sa garde un groupe d’otages parmi lesquels Ingrid Betancourt et Luis Eladio Perez, libéré le 27 février. « Sans la solidarité d’Ingrid, je n’aurai pas survécu », avoue cet ancien sénateur qui a passé sept ans en captivité, dont quatre en compagnie de l’ex-candidate présidentielle. Après avoir tenté ensemble de s’échapper, ils ont été enchaînés en permanence, ou presque. « Le geôlier des FARC » a accordé un entretien au principal hebdomadaire colombien, Semana. C’est parce qu’il avait la confiance absolue de Manuel Marulanda, le chef historique des FARC, et parce qu’il a « de l’expérience pour détaler » que Martin Sombra a eu la responsabilité des otages. L’ordre était de les tuer en cas d’intervention de l’armée. « Mais il fallait résister, dit-il. Moi, j’ai toujours dit : ou tout le monde s’en sort, ou tout le monde meurt », guérilleros et otages. Les chaînes ? « C’étaient les ordres », affirme Martin Sombra. « J’ai fait mon boulot humanitairement [sic], dans la mesure où j’ai pu, poursuit-il. J’ai amélioré la nourriture et je les ai fait respecter, les otages. Ils ont qu’à vous dire. » « C’est vrai », confirme Luis Eladio Perez. « Sombra est de ceux qui nous a bien traités. C’est lui qui m’a trouvé une cuiller. J’avais perdu la mienne. Depuis des semaines, je devais manger avec les doigts. En captivité, ce genre de détail devient fondamental », explique-t-il. L’ancien otage voudrait retrouver l’appétit et le sommeil. Après des semaines de riz, haricots secs et lentilles, le régime de la guérilla, « deux hommes sont capables de se tuer pour une aile de poulet », raconte M. Perez. Les relations entre les otages sont d’autant plus difficiles que leurs ravisseurs montent les militaires ou policiers capturés au combat, issus de milieux modestes, contre les politiques, traités d’« oligarques ». A l’en croire, la célébrité internationale d’Ingrid Betancourt l’expose à la jalousie de certains de ses compagnons d’infortune. Force de caractère « Avec moi, Ingrid n’a jamais eu une mauvaise attitude, assure Martin Sombra. Ingrid est une personne bien élevée. Mais si elle veut vous dire que vous êtes un “fils de pute”, elle le dit. » Luis Eladio Perez décrit avec émotion la droiture morale d’Ingrid Betancourt face à ses ravisseurs, sa force de caractère dans l’adversité. Pour passer le temps, elle donnait des cours de français aux autres otages. M. Perez entonne en riant la Marseillaise. Martin Sombra, lui, a enseigné des rudiments d’espagnol aux trois Américains capturés en 2003. « Ils m’ont bien eu. Ils me disaient sanavebitch [son of a bitch, « fils de pute »] et je croyais que cela voulait dire montagne. Après j’ai su », raconte le guérillero. Il riait tellement avec les « gringos » que les politiques ont fini par être jaloux. « Ingrid m’a demandé ce que je faisais avec eux, puisque c’étaient les ennemis des FARC », dit-il. Les geôliers qui ont suivi Martin Sombra étaient « bien pires ». Malgré les insultes et les humiliations, M. Perez « a fait l’effort de ne garder ni haine, ni rancœur ». Jamais, Ingrid Betancourt et lui n’ont eu l’occasion de discuter avec un chef des FARC. Comment en vouloir aux guérilleros de la base, qui ont pris les armes poussés par la misère « et qui vivent dans les mêmes conditions que les otages ? », demande-t-il. a Marie Delcas 1998 2008 10 ANS DE COMBAT. Pour les Femmes. Pour la Science.
Slide 7: 0123 Samedi 8 mars 2008 International JAPON 7 Un militant nationaliste se suicide pour protester contre la diplomatie nippone TOKYO. Un militant d’extrême droite Critiquée pour son soutien à Khartoum, la Chine met en avant son « rôle positif » au Darfour Après la décision de Steven Spielberg de boycotter les Jeux olympiques de Pékin, le gouvernement chinois mène une contre-offensive pour redorer son image Fidèle soutien du régime soudanais, avec lequel elle a scellé une fructueuse coopération énergétique et militaire, la Chine est de longue date critiquée par des organisations des droits de l’homme pour la responsabilité indirecte qu’elle porte dans les exactions que subissent les populations du Darfour. A l’approche des JO, la pression est montée d’un cran. Depuis le coup d’éclat de l’icône d’Hollywood, qui a assombri le climat pré-olympique, la diplomatie pékinoise orchestre la riposte. De retour d’une mission au Soudan et au Tchad, l’envoyé spécial chinois pour le Darfour, Liu Guijin, un diplomate de haut rang familier du terrain africain, s’est ainsi efforcé de dissiper, mercredi 5 mars, lors d’une conférence de presse à Paris, les « malentendus » autour de l’attitude de Pékin dans cette crise. Il a longuement insisté sur les efforts déployés par la Chine pour faire avaliser par Khartoum la mise sur pied d’une force hybride de maintien de la paix (Minuad) associant l’Union africaine et les Nations unies. « La Chine a joué un rôle positif pour convaincre le Soudan d’accepter la force hybride », a rappelé Liu Guijin. Evoquant les difficultés ayant récemment surgi dans la composition de la Minuad, Liu Guijin a précisé avoir « utilisé un langage clair pour convaincre le gouvernement soudanais de faire des concessions » afin d’accélérer le déploiement de cette force de 26 000 hommes dans un contexte de reprise des combats et de nouveaux déplacements de populations. « Changement significatif » « La Chine est prête, a-t-il précisé, à une coopération sincère avec les pays occidentaux » pour trouver une « solution pacifique » au Darfour. « Nous ne voulons pas de confrontation avec l’Occident » sur cette question, a-t-il insisté, même s’il a appelé les capitales occidentales à faire davantage pour convaincre les mouvements rebelles de « retourner à la table des négociations ». L’approche plus constructive de la Chine est de plus en plus reconnue. « Nous avons constaté un changement significatif au cours des douze derniers mois », estime Colin Keating, directeur executif de Security Council Report, une ONG qui suit les travaux du Conseil de sécurité. Mais cette évolution a ses limites. « En dépit de quelques “coups de pouce” », tempère un diplomate du Conseil de sécurité, la Chine « a toujours prôné le dialogue avec Khartoum ». Une résolution du Conseil de sécurité menaçant le Soudan de frapper son secteur pétrolier serait par exemple exclue. « Le veto chinois est dans tous les esprits », explique le diplomate. Les intérêts pétroliers de la Chine au Soudan – les actifs de la China National Petroleum Corporation (CNPC) s’y chiffreraient à 7 milliards de dollars – sont en effet trop précieux pour que Pékin s’offre le luxe d’une crise grave avec Khartoum. Illustration des limites des pressions de Pékin : la Chine a bloqué, le 7 décembre 2007, un projet de déclaration du Conseil de sécurité qui aurait exhorté le gouvernement soudanais à coopérer avec la Cour pénale internationale (CPI). a Frédéric Bobin (avec Philippe Bolopion à New York) C ’est l’« effet Spielberg » : le régime chinois est en train d’engager une contre-offensive diplomatique et médiatique afin de redorer son blason après les dégâts infligés à son image par la décision de Steven Spielberg de renoncer à sa participation aux Jeux olympiques de Pékin (8-24 août). Le cinéaste américain, qui devait y officier comme consultant artistique pour les cérémonies d’ouverture et de clôture, avait justifié, à la mi-février, son geste par l’inaction pékinoise dans les tentatives de règlement de la crise du Darfour, la région occidentale du Soudan théâtre d’une sanglante répression menée par l’armée de Khartoum et ses supplétifs janjawids (cavaliers arabes). japonais s’est tiré une balle dans la tête, mercredi 5 mars, devant le Parlement nippon. Il était porteur d’une lettre adressée au premier ministre, Yasuo Fukuda, dans laquelle il critiquait la politique étrangère du gouvernement, jugée trop favorable à la Chine. Le courrier reprochait aussi à M. Fukuda de boycotter le sanctuaire Yasukuni, haut lieu du nationalisme nippon, où sont honorés, parmi les morts pour la patrie, des criminels de guerre. Ce suicide intervient au moment où le sanctuaire Yasukuni, géré de manière privée, voit baisser sa fréquentation et les dons. De 2001 à 2006, le premier ministre Junichiro Koizumi s’est rendu tous les ans au sanctuaire. Le public suivait. Le 15 août 2006, date anniversaire de la fin de la guerre, sa venue s’était accompagnée de celle de 258 000 personnes. Son successeur, Shinzo Abe, a renoncé aux pèlerinages, et la fréquentation a chuté à 165 000 personnes le 15 août 2007. Le recul du nombre de grands donateurs, souvent des entreprises, pèse également sur les finances du sanctuaire. – (Corresp.) CORÉE DU NORD DROITS DE L’HOMME Quinze Coréens du Nord auraient été exécutés pour être passés clandestinement en Chine TOKYO CORRESPONDANT Quinze personnes – deux hommes et treize femmes – ont été exécutées en République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) pour être passées clandestinement en Chine, a annoncé l’organisation non gouvernementale sudcoréenne Good Friends. Bien renseignée sur la situation en RPDC, Good Friends fait partie d’une organisation bouddhique. L’exécution publique a eu lieu le 20 février, sur un pont, dans le district de Juwon de la ville d’Onsung, à l’extrémité septentrionale de la province du Hamkyung du Nord. Le groupe a été exécuté par balles « pour avoir passé la rivière Tumen [qui sépare la Chine de la RPDC], demandé de l’aide à des parents en Chine et favorisé le passage d’autres habitants ». Good Friends cite un témoin de l’exécution choqué par ce châtiment. « La mort est une peine trop lourde pour des gens dont le seul crime était de tenter de survivre. Beaucoup d’entre nous ne peuvent vivre qu’en passant illégalement en Chine. Ceux qui ont ordonné cette exécution connaissent-ils nos conditions de vie ? », a-t-il déclaré, en allusion à la pénurie alimentaire, aggravée par les inondations de l’été. Selon un fonctionnaire nord-coréen, cité par l’ONG, « cette exécution était un avertissement afin de dissuader la population de passer illégalement en Chine, ce qui est devenu une pratique quotidienne ». Le ministère de l’Unification, à Séoul, n’a pas été en mesure de confirmer l’exécution. En février, la rumeur avait couru que vingt-deux Nord-Coréens renvoyés en RPDC avaient été fusillés dans la province de Hwanghae du Sud pour avoir tenté de faire défection. Selon les services de renseignements sud-coréens, les membres du groupe (huit hommes, quatorze femmes et deux étudiants) n’auraient pas exprimé le souhait de rester. Séoul n’a pas confirmé. Le raidissement des autorités nordcoréennes à l’égard des migrants à la frontière pourrait être l’effet de pressions chinoises. Pékin souhaite éviter que cette question ne devienne un sujet supplémentaire de critique internationale au moment des Jeux olympiques. La Chine considère ces Coréens comme des immigrés économiques illégaux (et non comme des réfugiés) et les renvoie en RPDC, où ils sont condamnés à des peines plus ou moins lourdes. Une partie d’entre eux sont des migrants qui vont en Chine pour gagner un peu d’argent puis repassent en RPDC. D’autres, plus rares, font défection. Plusieurs dizaines de milliers de NordCoréens se trouveraient du côté chinois de la frontière. a Philippe Pons 1998 2008 Lihadh Al-Gazali - Emirats Arabes Unis. Lauréate 2008 pour l'Afrique et les Etats Arabes. Pour ses contributions à la caractérisation de troubles héréditaires. www.forwomeninscience.com
Slide 8: 8 International 0123 Samedi 8 mars 2008 L’OTAN tempère les espoirs d’adhésion de la Géorgie et de l’Ukraine Le maintien du veto de la Grèce à propos de la Macédoine ne devrait pas empêcher la Croatie et l’Albanie de rejoindre l’Alliance atlantique lors du sommet de Bucarest BRUXELLES ENVOYÉ SPÉCIAL ZIMBABWE L’INFLATION CRÈVE TOUS LES PLAFONDS À HARARE a réunion des ministres des affaires étrangères de l’Alliance atlantique, jeudi 6 mars à Bruxelles, avait pour objectif de préparer le sommet des chefs d’Etat de l’OTAN qui se retrouveront, du 2 au 4 avril, à Bucarest (Roumanie), pour discuter de l’élargissement de l’Alliance à de nouveaux membres. Cette perspective d’adhésion se décline à deux niveaux : trois pays – Croatie, Albanie et Macédoine – espèrent obtenir à Bucarest une invitation en bonne et due forme ; deux autres – Géorgie et Ukraine – attendent de passer de leur statut de pays ayant un « dialogue intensifié » avec l’OTAN à celui de membres du « Plan d’action en vue de l’adhésion » (MAP), antichambre pour rejoindre l’Alliance. Jaap de Hoop Scheffer, secrétaire général de l’Alliance, l’a confirmé : « Il n’y a pas de fatigue de l’élargissement ; les portes de l’OTAN restent ouvertes. » Les payscandidats, a estimé la secrétaire d’Etat américaine, Condoleezza Rice, « ont fait beaucoup de progrès ». Mais le cas de la L Les cas de la Géorgie et de l’Ukraine Macédoine complique les choses. La Grèce menace de bloquer son adhésion si sont plus complexes, puisqu’ils posent la Skopje persiste à vouloir obtenir une question de la relation de l’OTAN avec la reconnaissance internationale sous le Russie. Mme Rice et M. de Hoop Scheffer nom de « Macédoine », qui est aussi celui ont souligné qu’il n’y a pas de veto aux des provinces du nord de la Grèce. Athè- décisions de l’OTAN, une manière de rapnes estime que cette appellation fait par- peler à la Russie qu’elle ne peut s’opposer tie de son patrimoine historique et craint à ces deux candidatures. d’éventuelles revendications territoriales Cependant, face aux pays est-eurode Skopje. péens qui y sont favorables, d’autres Ce différend explique que, depuis Etats, à commencer par la France, veu1993, la Macédoine a été admise aux lent préserver la relation avec Moscou, Nations unies sous le nom d’« Ancienne d’autant que celle-ci est déjà soumise à République yougoslave de Macédoine » rude épreuve avec les questions du Koso(ARYM). La réunion de Bruxelvo et de la défense antimissile. les n’a pas permis de trouver Le ministre français, BerPlusieurs pays un compromis : la Grèce camnard Kouchner, a insisté sur la insistent pe sur ses positions, et la Macénécessité de prendre en compsur la nécessité doine a refusé tous les noms te la « sensibilité » et le « rôle de préserver alternatifs (« Nouvelle Macédoiimportant » joué par la Russie. la relation ne », « Macédoine du Nord », Plusieurs ministres ont rappeavec la Russie etc.) proposés par le représenlé que les Ukrainiens sont partant spécial de l’ONU, Mattagés quant à la stratégie atlanthiew Nimetz. tiste de leur gouvernement. Le ministre Du coup, le secrétaire général de allemand, Frank-Walter Steinmeier, a l’OTAN a rappelé la distinction entre les résumé l’opinion de nombre de ses homodeux pays : « Nous avons un allié depuis logues en faisant état de son « scepticislongtemps, la Grèce, et un non-allié, la me ». Macédoine, et l’OTAN décide par consenL’Ukraine et la Géorgie « ne sont pas sus. » Ce message, relayé par plusieurs mûres pour le MAP, résume un diplomaministres, est clair : si les deux pays te ; reste à trouver une formule intermédiain’aboutissent pas à un compromis, la re d’ici au sommet de Bucarest : quelque Macédoine devra attendre à la porte de chose comme des “encouragements” et la l’OTAN sans que cela retarde pour perspective, réelle mais éloignée, d’adhérer autant les adhésions de la Croatie et de un jour ». l’Albanie. Laurent Zecchini Afghanistan : la France propose « une stratégie globale » BRUXELLES ENVOYÉ SPÉCIAL AP Lors de leur sommet de Bucarest, du 2 au 4 avril, les chefs d’Etat et de gouvernement de l’OTAN adopteront une « déclaration politico-militaire » sur l’Afghanistan. Son but sera de souligner auprès des opinions publiques, outre les résultats obtenus, les raisons pour lesquelles les pays de l’Alliance doivent maintenir leurs troupes dans ce pays. Le projet de texte qui a été présenté, mercredi 5 mars, au Conseil de l’Atlantique nord, retient les quatre points contenus dans la lettre que le président Sarkozy a adressée à ses homologues, il y a quelques jours, pour souligner la « stratégie globale » que Paris souhaite voir mise en œuvre en Afghanistan. Cette question est étroitement dépendante de la décision française, attendue à Bucarest, d’envoyer des renforts militaires dans l’est ou le sud de l’Afghanistan. Les quatre points développés par M. Sarkozy sont les suivants : 1) « Une commune détermination de tous les Alliés à rester engagés dans la durée. » ; 2) « Un effort militaire s’inscrivant dans le cadre d’une politique globale d’aide à la reconstruction, sous l’égide d’un haut représentant du secrétaire général des Nations unies. » Cette question a été partiellement résolue, jeudi, avec la nomination du Norvégien Kai Eide à ce poste. M. Eide, ancien ambassadeur auprès de l’OTAN, a été représentant de l’ONU au Kosovo, et il a reçu l’appui du président afghan, Hamid Karzaï ; 3) « Une perspective claire pour un transfert progressif de responsabilités aux Afghans. » Il s’agit du concept de l’« afghanisation », qui passe par la montée en puissance de l’Armée nationale afghane (ANA) ; 4) « Une stratégie politique partagée pour l’Afghanistan. » Apparemment abscons, ce point fait notamment référence à la « dimension pakistanaise » du conflit, tout en recélant une divergence d’appréciation potentielle entre Français et Américains. Les premiers plaident pour que, à terme, les Afghans puissent gérer leur pays à leur manière (en tenant compte de la structure tribale), et se méfient de la propension prêtée aux Américains de vouloir transformer l’Afghanistan en « démocratie occidentale ». S’agissant de la question de savoir où la France compte envoyer des renforts, le ministre français des affaires étrangères, Bernard Kouchner, est resté elliptique : « Nous ne sommes pas indifférents aux demandes venant de Kandahar, au sud [en secteur canadien], pas plus qu’à celles de l’Est. », a-t-il indiqué. a L. Z. Un enfant pose dans une rue de Harare, les bras chargés de piles de billets de banque mendiés dans les rues de la capitale du Zimbabwe. Le taux officiel de l’inflation vient de dépasser la barrière des 100 000 %, selon les données de l’Office central des statistiques publiées fin février. Aucun pays au monde n’affiche une telle inflation. Une élection présidentielle est prévue le 29 mars au Zimbabwe et, pour calmer une population de plus en plus mécontente, le président Mugabe, 84 ans, candidat à sa propre succession, a fait annoncer l’importation massive de produits alimentaires des pays voisins. RUSSIE POLÉMIQUE À MOSCOU Le président tchétchène Kadyrov se fait nommer « journaliste émérite » à Grozny DÉNONCÉ par les défenseurs des droits de l’homme pour ses crimes envers les civils, le président tchétchène Ramzan Kadyrov, 31 ans, a été fait « journaliste émérite » lors d’une cérémonie organisée, mercredi 5 mars, à la Maison de la presse à Grozny. Citant « son immense contribution à l’établissement d’une presse tchétchène libre, à la création de conditions idéales pour le travail des médias », le ministre de la presse tchétchène, Chamchaïl Saraliev, l’a fait membre de l’Union des journalistes de Russie. « Les journalistes doivent, sans crainte pour leurs vies, sans regards effrayés par-dessus leurs épaules, dire et écrire la vérité », a déclaré Ramzan Kadyrov. A Moscou, la nouvelle a fortement déplu. L’Union des journalistes de Russie s’est empressée d’annuler, jeudi 6 mars, l’adhésion du président tchétchène. Celui-ci « n’a pas été en mesure de fournir les articles qu’il a écrits », a précisé Igor Iakovenko, secrétaire de l’Union. L’idée de voir l’homme fort de Grozny devenir l’un des leurs a mis en colère plusieurs journalistes de la capitale russe. Dmitri Mouratov, rédacteur en chef du bi-hebdomadaire Novaïa Gazeta, s’en est ému. C’est à Novaïa Gazeta que travaillait Anna Politkovskaïa, la journaliste critique de Ramzan Kadyrov et de Vladimir Poutine, tuée par balles le 7 octobre 2006 dans la cage d’escalier de son immeuble. Anna Politkovskaïa est la treizième journaliste assassinée en Russie depuis l’arrivée au pouvoir de Vladimir Poutine en 2000. Seize mois après sa mort, l’enquête semble définitivement enterrée, comme c’est souvent le cas pour les assassinats SRI LANKA Au Canada, le mystère autour de trois pieds droits échoués près de Vancouver alimente les rumeurs L es coïncidences de la vie nous surprennent toujours » : Michèle Géris, Française installée depuis trente ans à Vancouver, tente de se montrer fataliste à propos de la macabre découverte faite en août 2007, comme deux autres avant et après elle : trois os de pieds droits, encore tenus dans des chaussures de tennis, échoués sur les plages d’îles différentes mais dans la même zone du détroit de Georgia, entre l’île de Vancouver (province de Colombie-Britannique) et la côte. Le dernier a été repéré le 8 février sur l’île Valdes. Le premier, de taille 12 (américaine), avait été découvert le 20 août 2007 sur l’île Jedediah par une fillette. Huit jours plus tard, Michèle Géris était en vacances et se promenait, avec son mari, sur un sentier de l’île Gabriola. « Au retour, à une vingtaine de mètres de la plage, j’ai vu un pied, ou plutôt un os de cheville, dépassant d’une tennis en cuir blanc de grande taille, au pied d’un arbre. Il avait dû s’échouer sur la plage et être traîné par un animal. Mon mari a pris un bâton pour retourner le soulier et des mouches se sont envolées. On a bien vu alors les fibres d’une chaussette. Le pied avait visiblement passé du temps dans l’eau », raconte-t-elle. Ce qui étonne, c’est la similitude des cas : « Trois pieds droits, tous dans des tennis, trouvés dans une certaine zone et en six mois (…) C’est unique ! » souligne Jeff Dolan, du Bureau du coroner de Colombie-Britannique, chargé de l’enquête. Naufrages et accidents d’avion Depuis, les rumeurs vont bon train dans la région et les médias : on parle de la mafia, des Hells Angels qui se seraient débarrassés d’ennemis, mais Michèle Géris comme Jeff Dolan émettent plutôt l’hypothèse d’accidents ou de noyades. « Il y a régulièrement, ici, des crashes de petits avions, des naufrages et des personnes qui se noient », note M. Dolan. « Trois pieds droits, c’est bizarre, reconnaît Mme Géris, qui se dit surtout « très surprise qu’on parle de mafia ou de gang ». « Il paraît qu’il y a 500 personnes qui disparaissent chaque année à la suite d’accidents, de naufrages ou de noyades dans la ETATS-UNIS région, ajoute-t-elle. C’est énorme. » En 2007, un avion avec quatre occupants a d’ailleurs disparu dans le détroit. Retrouver des pieds dans des chaussures de tennis s’expliquerait, selon Curtis Ebbesmeyer, spécialiste américain en océanographie et recherche d’objets flottants, par le fait que « ces souliers flottent mieux que d’autres et préservent plus longtemps leur contenu ». Quant aux trois pieds, ils pourraient venir de la région comme, croit-il, d’Alaska, de Californie ou du Japon. Le mystère reste entier sur la découverte de seuls pieds droits. « C’est très étrange », admet-il en notant qu’il n’est pas rare de trouver des chaussures droites ou gauches, poussées par les courants et les vents sur des plages différentes. Pour l’heure, l’enquête progresse lentement. « Nous en menons trois séparées, avec analyses d’ADN, dit M. Dolan, mais il faudra du temps pour les comparer à des profils de disparus. » a Anne Pélouas (Montréal, correspondante) commandités. Ses écrits sont restés. Dans son dernier livre, Douloureuse Russie (éd. BuchetChastel, 2006), Anna Politkovskaïa, seule journaliste russe à dénoncer les tortures infligées aux civils par les forces russes et par les supplétifs tchétchènes, donne à voir un autre Ramzan Kadyrov, pas très ami des arts et des lettres : « Tu es une ennemie du peuple tchétchène… Tu devras répondre de tout ce que tu as fait », l’avait-il menacée en 2004. A la tête d’une milice de 18 000 hommes connue pour sa cruauté et sa brutalité, Ramzan Kadyrov est devenu l’homme de confiance de Moscou. Grâce à ses supplétifs, les forces russes ont éliminé les chefs de guerre indépendantistes. Officiellement la guerre est terminée. Très apprécié par Vladimir Poutine, qui l’a pris sous sa protection depuis l’assassinat, en mai 2004, de son père, le mufti (chef religieux) Akhmad Kadyrov, Ramzan Kadyrov jouit d’un pouvoir illimité sur son « Tchétchénistan ». Quelques geôles sont placées sous son autorité directe dans son fief de Tsentoroï. Ni le Conseil de l’Europe, ni la Croix-Rouge internationale n’ont été autorisés à les visiter. Ce petit homme trapu, au front bas, à l’élocution difficile, collectionne les honneurs puisqu’il est « professeur émérite » de l’université de Grozny, membre de l’Académie des sciences naturelles de Russie, président de l’antenne locale de Russie unie et a reçu une médaille pour sa contribution « à la défense des droits de l’homme ». a Marie Jégo SMALL BROTHER IS eWATCHING Vie privée et libertés individuelles Mardi 11 mars - 18h00 - IJBA - Bordeaux Inscription : www.aecom.org DEBAT IRAK EUFOR Explosion criminelle sans victime à New York NEW YORK. Une explosion d’origine criminelle s’est produite sans faire de victime, jeudi 6 mars, dans le quartier de Times Square à New York, près d’un centre de recrutement militaire. Elle a été causée par un engin explosif artisanal contenu dans une boîte de munitions. – (AFP.) Au moins 68 morts dans un double attentat à Bagdad BAGDAD. L’explosion de deux bombes, à quelques minutes d’intervalle, a fait 68 morts et 130 blessés, jeudi 6 mars, à Bagdad, dans un secteur commerçant du quartier de Karrada. Ce même jour, l’armée américaine a annoncé le retrait de 2000 soldats de la capitale irakienne. – (AFP.) you Le pouvoir sri-lankais accusé d’être un « cauchemar » pour les droits de l’homme COLOMBO. Quatre Soudanais auraient été tués le 3 mars KHARTOUM. Un porte-parole de dans un monde numérique L’organisation Human Rights Watch a dénoncé, dans un rapport publié jeudi 6 mars, la responsabilité du régime sri-lankais dans la disparition et la mort d’au moins 1 500 personnes – surtout des Tamouls – en 2006 et en 2007. – (AFP.) l’armée soudanaise a annoncé, jeudi 6 mars, que quatre nomades soudanais, qui avaient voulu transporter le corps du soldat français de l’Eufor tué dans l’incident du lundi 3 mars, ont été tués par l’explosion d’une grenade portée par le soldat. – (AFP.)
Slide 9: 0123 Samedi 8 mars 2008 Environnement & Sciences Christie’s vend un imposant tricératops aux enchères 9 40 % des grands prématurés ont des séquelles à l’âge de 5 ans Une étude française, publiée, vendredi 7 mars, dans la revue médicale « The Lancet », évalue le devenir des enfants nés à moins de 33 semaines de grossesse rès de 40 % des grands prématurés présentent des séquelles à l’âge de 5 ans, selon une étude française publiée par la revue The Lancet du 7 mars. Les troubles, qu’ils soient moteurs, sensoriels ou cognitifs, sont sévères dans 5 % des cas et modérés pour 9 % des enfants qui ont été suivis. Si le taux de mortalité de ces enfants nés à moins de 33 semaines de grossesse a fortement diminué du fait des progrès médicaux, près d’un tiers d’entre eux nécessite toujours une prise en charge médicale ou paramédicale. Le nombre d’enfants survivant après une naissance très prématurée a augmenté, au cours des dernières décennies. Cependant, « cette survie augmentée a soulevé des questions sur le taux accru d’évolutions péjoratives dans le développement », écrivent Béatrice Larroque (Inserm et université Paris-VI), qui a coordonné l’enfant de se déplacer, d’un mauvais l’étude, et ses collègues. résultat à l’examen neurologique ou Peu d’études de grande ampleur ont d’une déficience visuelle ou auditive marévalué le devenir à cinq ans des grands quée. La catégorie des troubles modérés prématurés. L’enquête Epipage (Etude – par exemple pour une IMC permettant épidémiologique sur les petits âges gesta- à l’enfant de se déplacer avec une aide –, tionnels) comble cette lacune. Elle a été comptait 9 % de l’ensemble des grands lancée par l’Inserm en collaboration avec prématurés, tandis que 25 % de ces neuf équipes de néonatologie de Besan- enfants avaient des déficits considérés çon, Lille, Montpellier, Nancy, Nantes, comme mineurs. Poitiers, Rouen, Strasbourg et Toulouse. Le test d’évaluation des capacités Au départ, elle incluait les cognitives, équivalent au test 2 901 enfants nés vivants entre du quotient intellectuel, a monLe besoin d’une 22 et 32 semaines de grossesse tré que 32 % des grands prémaprise en charge dans ces régions en 1997, ainsi turés présentaient un résultat est d’autant plus qu’un groupe de 667 enfants inférieur à 85 (la normale important des mêmes régions, nés à terétant de 100) et 12 % un résulque la prématurité tat inférieur à 70 %, contre resme la même année. Finaleest grande ment, 1 817 anciens grands prépectivement 12 % et 3 % chez maturés et 664 membres du les enfants nés à terme. « Les groupe servant de comparatif ont pu, lors- enfants nés très prématurément ont des proqu’ils ont atteint l’âge de 5 ans, subir un blèmes particuliers pour traiter les informabilan médical, une évaluation neuropsy- tions complexes qui nécessitent des capacichologique et un examen de la vision et tés de raisonnement logique et d’orientade l’audition. tion spatiale », écrivent Béatrice LarroL’effectif de l’étude était suffisant que et ses collègues. Près de 10 % des pour analyser les résultats selon l’âge ges- grands prématurés souffraient d’une tationnel et non selon le seul critère de la IMC. prématurité. « Nous avons mis en évidence « Ces résultats soulèvent diverses quesun lien fort entre âge gestationnel et l’im- tions sur les services de soins et de réadaptaportance des déficits », explique Mme Larro- tion, ainsi que sur le coût de ces services que. Le besoin d’une prise en charge pour les familles et la société, estiment les médicale ou paramédicale est d’autant auteurs de l’article. Il faut poursuivre les plus important que la prématurité était recherches pour identifier les meilleures et grande. Comparés aux enfants nés à ter- les plus efficaces prises en charge spécialime, dont 16 % nécessitaient une telle pri- sées précoces afin d’améliorer le pronostic se en charge, 42 % des enfants nés entre fonctionnel des déficits moteurs. » L’étude Epipage nourrira sans doute 24 et 28 semaines et 31 % de ceux nés entre 29 et 32 semaines avaient toujours la réflexion sur les limites à partir desquelles les médecins franchissent le besoin de soins spécialisés. Dans l’ensemble, 40 % des anciens seuil de l’« obstination déraisonnable », grands prématurés présentaient une défi- selon les termes employés par le Comité cience motrice, sensorielle ou cognitive. consultatif national d’éthique en 2000 Quelque 5 % entraient dans la catégorie pour rappeler son hostilité à l’acharnedes troubles sévères en raison d’une infir- ment thérapeutique. a mité motrice cérébrale (IMC) empêchant Paul Benkimoun P DR C CHIFFRES Nombre de naissances. En moyenne, en Europe, de 1,1 % à 1,6 % des enfants nés vivants sont de grands prématurés, c’est-à-dire nés avant 33 semaines de grossesse (7 mois), le terme normal se situant à 39 ou 40 semaines. En France, près de 10 000 grands prématurés naissent chaque année. Viabilité. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a fixé un seuil pour considérer un fœtus comme viable : 22 semaines de grossesse ou un poids de 500 grammes. ’est un tricératops, dinosaure herbivore doté de ses trois cornes et de sa fameuse collerette osseuse, qui trône depuis jeudi 6 mars dans la salle des ventes de Christie’s, à Paris. Mesurant 7,5 mètres de long et pesant 2 tonnes, le squelette de cet énorme saurien vieux de 65 millions d’années et estimé à 500 000 euros est la pièce maîtresse de la nouvelle vente aux enchères de fossiles que Christie’s organise le 16 avril. Sont également proposés aux acheteurs un crâne de tigre à dent de sabre, un œuf de titanosaure minéralisé en agate, une tête de dinosaure à bec de canard et une dent de plésiosaure (reptile marin) en opale datée de 110 millions d’années. Figure aussi au catalogue une grande plaque murale constituée de poissons fossiles de 50 millions d’années et ressemblant à un aquarium géant figé dans la pierre. Ajoutons, pour faire bonne mesure, une météorite de trois tonnes. Au total, près de deux cents pièces provenant de trois collections particulières sont proposées au public. C’est la deuxième année consécutive que Christie’s met en vente des squelet- tes préhistoriques. En avril 2007, c’est entre autres un rhinocéros laineux, un ours des cavernes et un mammouth, tous vieux de dix mille ans, qui avaient été mis à l’encan. Cette opération avait dépassé toutes les espérances puisqu’elle avait totalisé plus d’un million d’euros et établi plusieurs records, faisant de Paris la troisième capitale des ventes d’objets paléolithiques après New York et Los Angeles. Ce succès a incité Eric Mickeler, expert en histoire naturelle auprès de la compagnie, à réitérer l’opération en remontant beaucoup plus dans le temps et en la centrant sur les fascinants dinosaures, et plus particulièrement sur le tricératops, armé par la nature pour résister aux assauts du tyrannosaure, le roi des carnivores prédateurs de l’époque. Eric Mickeler ne doute pas du succès de l’opération car il constate « un engouement croissant en Europe comme aux EtatsUnis pour l’histoire naturelle, la paléontologie et les sciences de la Terre ». Les pays du Golfe sont eux aussi intéressés par les fossiles, puisque le Qatar est en train de créer son propre Musée d’histoire naturelle. a Christiane Galus 1998 2008 Ana Belén Elgoyhen - Argentine - Lauréate 2008 pour l’Amérique Latine. Pour sa contribution à la compréhension des fondements moléculaires de l’audition. www.forwomeninscience.com
Slide 10: 10 Europe ROYAUME-UNI 0123 Samedi 8 mars 2008 Le socialiste José Luis Rodriguez Zapatero part favori pour les élections législatives espagnoles Les Espagnols se rendent aux urnes, dimanche 9 mars. Le candidat de droite, Mariano Rajoy, apparaît en position difficile face au chef du gouvernement sortant La Chambre des communes refuse la tenue d’un référendum sur le traité de Lisbonne LONDRES CORRESPONDANT MADRID CORRRESPONDANTE eux anciens élèves de l’école religieuse Disciples de Jésus de la ville de León, au cœur de la vieille Castille, demandent aux électeurs espagnols de leur donner une majorité de députés, dimanche 9 mars, pour pouvoir former le prochain gouvernement. Le socialiste José Luis Rodríguez Zapatero, Léonais de 47 ans, président du gouvernement sortant, est le favori de ce scrutin qui a lieu à la proportionnelle à un tour dans le cadre des cinquante provinces espagnoles. Les derniers sondages autorisés donnaient aux socialistes une avance d’environ quatre points. Le conservateur Mariano Rajoy, galicien, 52 ans, avait déjà été candidat en 2004 – le président sortant José María Aznar ayant choisi de ne pas se représenter. La campagne a été très polarisée entre les deux grands partis, ce dont se sont plaints les autres groupes : essentiellement les écolo-communistes d’Izquierda unida (5 députés sortants, 4,96 % des voix en 2004), les nationalistes catalans de CiU (10 députés, 3,23 %) et basques (7 députés, D Affiches de campagne à Barcelone. A gauche Mariano Rajoy, à droite José Luis Rodriguez Zapatero. GUSTAU NACARINO/REUTERS 1,63 %) et les indépendantistes catalans (8 députés, 2,52 %). La majorité devrait se jouer dans une quinzaine de provinces où l’attribution des derniers sièges avait dépendu d’une poignée de voix en 2004. M. Zapatero, qui dispose d’une majorité relative de 164 députés socialistes (42,59 % des voix) sur 350 depuis quatre ans, espère bénéficier d’un groupe plus fort pour réduire sa dépendance à l’égard des partis charnières. En 2004, il avait été investi grâce aux écolo-communistes et aux indépendantistes catalans. Depuis, il s’est éloigné des indépendantistes, alliés quelque peu fantasques, et devrait privilégier les nationalistes de CiU. Avec 4,88 points de retard sur le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) en 2004, le Parti populaire (PP) avait obtenu 148 députés, soit 16 de moins que les socialistes. S’il obtenait le plus grand nombre d’élus, il revendiquerait le droit de former le gouvernement. Mais la question des alliances s’annonce plus compliquée pour lui, compte tenu de son isolePROFIL MARIANO RAJOY ment. M. Rajoy a annoncé que, dans ce cas, il demanderait au PSOE de s’abstenir lors du vote d’investiture, pour lui permettre de gouverner malgré tout. La participation sera un facteur important. Elle avait été forte en 2004 : de nombreux électeurs de la gauche dite « volatile » avaient participé (75,66 %), par rejet de la guerre d’Irak et de la gestion des attentats djihadistes du 11 mars, à Madrid, par le gouvernement Aznar qui les avait attribués à l’ETA. a Cécile Chambraud Vitraux de cathédrale et minuscule salle de séances en forme de chapelle : après le refus, mercredi 5 mars, par la Chambre des communes d’un amendement demandant la tenue d’un référendum sur le traité de Lisbonne, le texte doit être examiné en deuxième lecture par la Chambre des lords, fin mars-début avril. La majorité plus large que prévu obtenue par les protraité aux Communes laisse entrevoir une issue favorable devant les pairs. Sur le papier, le passage du traité devant la Haute Assemblée devrait être semé d’obstacles. Certes, il est de tradition que les Lords ne s’opposent pas à la Chambre basse quand celle-ci met en œuvre le programme du parti vainqueur aux urnes. Mais lors des élections législatives de 2005, les trois principaux partis avaient promis un référendum sur la défunte Constitution. La ratification parlementaire du traité de Lisbonne n’est donc pas couverte par cette coutume. Par ailleurs, vu l’absence de majorité travailliste à la Chambre des lords, le sort du traité est entre les mains des pairs indépendants qui constituent un tiers de la Haute Assemblée. Débat « peu vendeur » Reste que le camp conservateur compte bon nombre de tories de la vieille génération, europhiles hostiles à la tenue d’une consultation populaire, qui pourraient rejoindre le gouvernement. Quant aux Lords libéraux-démocrates, leur soutien à l’Europe transcende leur goût pour la démocratie directe. De surcroît, outreManche, le référendum est une procédure exceptionnelle. L’Acte unique européen et le traité de Maastricht ont été adoptés par voie parlementaire. Les Lords devraient aussi être influencés par le manque de mobilisation de l’opinion sur le dossier européen et par l’absence de tapage médiatique d’un débat peu « vendeur ». « L’une des conséquences peu remarquées de la querelle sur le référendum a été de présenter Gordon Brown comme un défenseur enthousiaste de l’Europe » : comme le fait remarquer le Times, le débat sur Lisbonne a permis au premier ministre d’afficher des convictions pro-européennes qu’on ne lui connaissait pas. Alors que la chancelière allemande Angela Merkel et le président français Nicolas Sarkozy avaient fait le déplacement à Bruxelles dès la première semaine de leur arrivée au pouvoir, il aura fallu sept mois à l’hôte de « Number Ten » pour rendre sa première visite à la Commission européenne. A cette occasion, le 21 février, il a promis de placer le Royaume-Uni au « centre de l’Europe ». Avant les Lords, le texte devrait être adopté par les Communes le 11 mars. Après le vote final des deux assemblées, le document devrait être promulgué par la reine en juin, avant la présidence française. M. Brown espère que cette ratification parlementaire permettra d’évacuer l’Europe de la campagne électorale de 2009-2010 qui pourrait ainsi se jouer sur le bilan de l’action gouvernementale. Le refus d’un référendum réjouit les partisans du traité de Lisbonne dans l’Irlande voisine, seul pays de l’Union européenne à tenir un référendum. Le scrutin est prévu à la fin mai-début juin. Selon un sondage auprès de 1 000 personnes publié début mars dans le Sunday Business Post, 46 % voteraient oui au traité, 23 % non et 31 % sont indécis. a Marc Roche PROFIL JOSÉ LUIS RODRIGUEZ ZAPATERO Un réformateur au bilan brouillé DIEU que cette campagne a été longue ! Entre une situation économique qui se dégrade à vue d’indicateurs et des sondages en dents de scie, les nerfs des dirigeants socialistes ont été mis à rude épreuve ces derniers mois. José Luis Rodriguez Zapatero, lui, a conduit sa campagne comme si de rien n’était, convaincu que les réformes qu’il a menées à bien correspondent aux souhaits de la majorité sociologique du pays et que l’agressivité de l’opposition conservatrice aura, en fin de compte, desservi son candidat, Mariano Rajoy. Son statut de favori s’est affirmé dans les deux dernières semaines. Mais M. Zapatero a peiné à se détacher alors que ses deux prédécesseurs, José Maria Aznar et Felipe Gonzalez, avaient eu une première reconduction facile, avec des majorités absolues. Pourquoi cette difficulté alors même que la croissance, l’emploi, le revenu par habitant se sont si fortement accrus durant les quatre ans de son gouvernement ? La philosophie des réformes décidées et lisibles du début de son mandat (égalité des sexes, lutte contre les violences sexistes, mariage gay, divorce simplifié) a, par la suite, été brouillée par l’imbroglio peu digeste de la réforme du statut catalan et l’échec des négociations avec l’ETA, deux dossiers auxquels il a consacré beaucoup d’énergie, qui ont monopolisé deux ans de mandat et qui ont fait passer quelque peu inaperçues les réformes sociales (allocation dépendance). « Il a fait beaucoup de choses, mais il leur a manqué l’explication, le discours. Il a laissé l’initiative au PP », résumait Felipe Gonzalez dans un entretien au quotidien catalan El Periódico, jeudi. Sur son propre parti, il s’est assuré une maîtrise absolue, sans autoritarisme mais par une savante fragmentation des responsabilités. Il a placé ses hommes aux commandes et poussé plusieurs « historiques » à la retraite, comme Pasqual Maragall, le président de la Généralité de Catalogne, dont le soutien avait été décisif pour son accession à la tête du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE). Un seul est de retour aujourd’hui : son ancien rival José Bono, battu par seulement neuf voix lors du congrès socialiste de 2000. Il le destine, demain, à la présidence du Congrès des députés. La campagne de M. Zapatero a été toute centrée autour de son image (sympathique, simple, optimiste) et de ses façons de faire (ouvert, disposé au compromis), qui lui ont valu quasiment lieu de projet, face à une droite qui s’est présentée avec les qualités à peu près inverses. Il a formulé des propositions dans la droite ligne de ce qu’il a fait depuis quatre ans, mais peut-être manque-t-il à sa campagne, là encore, une idée directrice. Pourtant, les défis ne manqueront pas. A mesure que le BTP ralentit, le chômage augmente, ce qui laisse présager que les excédents publics (2,23 % du PIB en 2007) trouveront bien vite à s’employer. Et les nationalistes basques ont annoncé un référendum sur le droit à l’autodétermination en octobre. De quoi mettre à l’épreuve son goût de la négociation… a Cé. C. (Madrid, correspondante) Le dauphin contrarié de M. Aznar POUR Mariano Rajoy, c’est l’heure de la revanche. Dimanche 9 mars, le candidat du Parti populaire (PP) saura si les électeurs espagnols reviennent ou non sur leur vote de 2004, qui, contre toute attente, avait donné la majorité aux socialistes trois jours après les attentats islamistes de Madrid. Et l’avaient empêché, lui, de succéder à José María Aznar, conformément au scénario qui semblait écrit d’avance. Cet échec, les conservateurs ont eu toutes les peines du monde à le surmonter. Reconverti, en catastrophe, en chef de l’opposition, Mariano Rajoy a pris acte du sentiment de rage qui s’était emparé d’une partie de la droite après cette défaite et il en a fait le socle d’une opposition totale et virulente contre quasiment toutes les réformes du gouvernement. Au prix d’une impopularité constante et poussé par les groupes de pression les plus conservateurs, il a guerroyé contre la parité homme-femme, contre les mariages gays, la réforme scolaire, la loi sur la mémoire historique, la réforme du statut catalan et, plus que tout, contre les négociations avec l’ETA. Durant cette législature si tendue, on aura eu bien du mal à deviner le « modéré » qu’il se dit être sous l’opposant frontal, relais des obsessions de la droite la plus recroquevillée. Né en Galice le 27 mars 1955, dans une famille de la bourgeoisie conservatrice de province, conservateur des hypothèques de profession, élu député régional à l’âge de 26 ans, Mariano Rajoy a été, entre 1996 et 2004, l’un des poids lourds des gouvernements de José María Aznar, qui avait pris coutume de lui confier les ministères où une crise avait éclaté, qu’il fallait régler. Sous son apparence austère, il est réputé être un conciliateur. Pourtant, bon orateur, il n’a pas épargné les accusations contre M. Zapatero, « pas fiable », « frivole », sans principes et même « sot solennel ». Durant la campagne, il l’a accusé à maintes reprises de « mentir ». Pour capter l’électorat populaire des « ceintures rouges » des grandes villes, il a fait de l’immigration l’un des sujets principaux de sa campagne : « Il n’y a plus de place », a-t-il fait valoir en fin de campagne. A l’intention des « gens normaux » qui, selon lui, ne peuvent être satisfaits de M. Zapatero, il affirme incarner « le bon sens ». Au mois de mai 2007, le Parti populaire avait, à la surprise générale, remporté – de justesse – les élections municipales et régionales. Les conservateurs en avaient tiré un certain encouragement. Mais l’été suivant, des rivalités internes liées à la possible succession de M. Rajoy, en cas de défaite, avaient donné l’impression que le PP ne croyait pas vraiment la victoire possible. S’il perd l’élection, M. Rajoy pourrait être contesté à la tête de son parti. Les candidats officieux à sa succession se sont à nouveau empoignés en pleine campagne, en janvier. M. Rajoy a préféré les écarter des listes de candidats au Congrès des députés. a Cé. C. (Madrid, correspondante) Elections municipales les résultats du 1er tour sur France Inter dimanche 9 mars, de 19h30 à 23h30 : soirée spéciale lundi 10 mars : toute la journée, l'analyse détaillée du scrutin et dans Le Monde lundi 10 mars : édition spéciale avec le cahier des résultats complets (édition datée du 11 mars) www.franceinter.com www.lemonde.fr
Slide 11: 0123 Samedi 8 mars 2008 France Municipales 11 Elections M. Hollande souhaite la reconquête par le PS de 30 des quelque 40 villes qu’il avait perdues en 2001 Les municipales, un test national brouillé par l’ouverture ’« ouverture », qui a suscité un mauvais souvenir de la stricte règle instaugigantesque chassé-croisé dans la rée lors des législatives de juin 2007 – qui constitution des listes de candidats avait contraint Alain Juppé à démissionaux élections municipales, restera comme ner du gouvernement après sa défaite la principale marque de fabrique du millé- dans la deuxième circonscription de Gironsime 2008. Le parti du président a donné de – a incité M. Sarkozy à ne pas renouvele la, en accueillant à bras ouverts d’an- ler l’expérience. Il est acquis qu’un minisciens adversaires de toutes obédiences. Le tre battu aux municipales ne sera pas mécaPS a suivi. Le MoDem s’y est engouffré, de niquement tenu de quitter ses fonctions. même que d’autres « petits » partis – com- Les ministres victorieux ne devraient pas me Lutte ouvrière – désireux de placer, davantage être « sanctionnés » en raison chez de plus puissants, quelques candi- de leur situation de cumul. L’entretien du président au Figaro, dats en position éligible. Après avoir brouillé les pistes pendant dans lequel M. Sarkozy a exclu par avance la campagne, puis perturbé nombre tout « grand remaniement », a aussi dû contribuer à rassurer les memd’électeurs, la multiplication bres du gouvernement qui se d’alliances à géométrie variaLe PS n’envisage sont lancés dans la campagne. ble rendra plus délicate l’interqu’une forme Il n’empêche : si bon nombre prétation politique du vote des de cohabitation d’entre eux semblent assurés de Français. Les enjeux propres à dans laquelle l’emporter, ils constituent les ce type de scrutin n’ont pas disil détiendrait cibles de choix de l’éventuel paru pour autant. quelques vote-sanction précité. M. Juppé, Un vote-sanction contre contre-pouvoirs qui paraît bien placé pour Nicolas Sarkozy ? Même si locaux conserver la mairie de Bor– selon les sondages – une majodeaux dès le premier tour, pourrité de Français assurent qu’ils se détermineront essentiellement en fonc- rait savourer une douce revanche une tion de questions locales, les résultats du semaine plus tard. premier test politique du mandat Sarkozy Emblèmes et forces vives. La conquêseront d’abord analysés comme tels. te par la gauche de Paris et de Lyon, aux D’autant que le président a affiché d’em- municipales de mars 2001, avait quelque blée – contre l’avis de certains barons de peu masqué les succès de la droite dans l’UMP – sa volonté de nationaliser les une quarantaine de villes moyennes. La majorité ne semble cette fois pas à l’abri enjeux du scrutin. La relative discrétion de M. Sarkozy d’une plus cinglante défaite. Sauf coup de dans les dernières semaines de campagne, théâtre, les deux premières villes de Franau cours desquelles le populaire premier ce resteront dans l’escarcelle du PS. Que ministre, François Fillon, a multiplié les Marseille et/ou Toulouse basculent à gaudéplacements, n’aura pas suffi à mettre à che, et ces victoires seront brandies coml’abri le chef de l’Etat. Afin d’atténuer la me des trophées par l’opposition. Le prepression, M. Sarkozy a prévenu, dans un mier secrétaire du Parti socialiste, Franentretien au Figaro du 6 mars, qu’il ne se çois Hollande, a souhaité pour sa part que laisserait pas « distraire par les péripéties ». son parti puisse reconquérir 30 des 40 vilDes ministres protégés au sommet les perdues en 2001, afin d’avoir « un peu mais menacés dans les urnes. Le plus de villes » de plus de 20 000 habitants L dirigées par la gauche que par la droite. Interrogé sur Canal+, vendredi 7 mars, le secrétaire général de l’UMP, Patrick Devedjian, a fixé comme objectif à son parti de « gagner une quinzaine de grandes villes de plus de 30 000 habitants » et de conserver notamment Marseille et Toulouse. Des partis aux mines défaites. Avant même que les électeurs se rendent aux urnes, les formations politiques font assaut de modestie. Cette posture classique, destinée à ne pas démobiliser les électorats, pourrait cette fois perdurer au lendemain du second tour. On voit mal, en effet, quel parti pourrait être en mesure de triompher le 16 mars au soir. Un succès de l’UMP, qui se contenterait volontiers de limiter les dégâts, semble exclu. « Le PS ne devrait surtout pas interpréter un bon résultat comme un blanc, j’allais dire un rose-seing, à ce qu’il est, à ce qu’il propose », a assuré M. Hollande. Conscient de ses faiblesses persistantes au plan national, le PS n’envisage au demeurant qu’une forme de cohabitation dans laquelle il détiendrait quelques contre-pouvoirs locaux. Le PCF cherche à conserver les derniers bastions qui lui restent, notamment en région parisienne ; et les Verts à sauver les meubles, grâce à nombre d’alliances contraires à l’autonomie qu’ils revendiquaient initialement. Le Front national, qui brille par son absence, ne convoite qu’Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais), où se présente Marine Le Pen. L’extrême gauche est divisée. Symboliquement lié au sort de François Bayrou à Pau, le MoDem – qui s’est déchiré pendant la campagne au cœur d’anciens fiefs centristes, comme Lyon ou Strasbourg – espère peser entre les deux tours, notamment à Paris. Mais ses éventuels élus – sur des listes aussi disparates que celles de M. Juppé à Bordeaux et de François Rebsamen (PS) à Dijon – seront bien loin de constituer une force homogène au lendemain du 16 mars. Un pouvoir sanctionné sans alternance ni même virage notable en vue, une opposition ragaillardie mais mal armée, et éparpillée dans ses bastions locaux : telle pourrait être la « drôle » de cohabitation d’après-municipales. a Jean-Baptiste de Montvalon 1998 2008 Elizabeth Blackburn - Etats-Unis - Lauréate 2008 pour l’Amérique du Nord. Pour la découverte de la nature et de la maintenance des extrémités chromosomiques et de leurs rôles dans le cancer et le vieillissement. www.forwomeninscience.com
Slide 12: 12 France Municipales 0123 Samedi 8 mars 2008 Face à l’échec annoncé de l’UMP, M. Sarkozy se retranche derrière sa fonction présidentielle Le chef de l’Etat avait affiché sa volonté de nationaliser l’enjeu des municipales. Il a pourtant indiqué, dans le « Figaro », qu’il ne se laisserait pas « distraire par les péripéties » Suite de la première page Le souhait d’un vote sanction progresse dans l’électorat SELON un sondage IFOP, réalisé du lundi 3 au mercredi 5 mars auprès de 955 personnes, 66 % des électeurs envisagent de se prononcer « principalement en fonction de considérations locales » aux élections municipales. Ce chiffre est stable par rapport à une précédente enquête réalisée les 7 et 8 février (67 %). Parallèlement, le nombre de personnes souhaitant sanctionner la politique du président de la République et du gouvernement à l’occasion du scrutin est en hausse : il est passé de 16 % en janvier à 18 % en février et 21 % en mars. 10 % des personnes interrogées annoncent qu’elles voteront pour soutenir le président et le gouvernement ; 3 % ne se prononcent pas. En janvier, le nombre de personnes ayant l’intention de soutenir le chef de l’Etat à l’occasion des municipales s’élevait à 19 %. « On assiste à une progression de la sanction et à un tassement du soutien, commente Jérôme Fourquet, directeur-adjoint du département opinion et stratégies d’entreprise de l’IFOP. L’élection risque d’être difficile pour la majorité, même si l’enjeu du vote sera d’abord local. Le vote sanction peut faire la différence dans un certain nombre de villes tangentes. » Parmi les électeurs qui ont voté pour Nicolas Sarkozy à l’élection présidentielle, 5 % envisagent de le sanctionner, 29 % de le soutenir et 65 % de se déterminer en fonction des enjeux locaux. Ce dernier chiffre est en hausse par rapport à début janvier : 57 % des électeurs de M. Sarkozy affirmaient alors qu’ils se détermineraient en fonction de considérations locales. Les électeurs de François Bayrou sont ceux pour lesquels les enjeux locaux sont les plus importants : 81 % affirment qu’ils se détermineront en fonction de ces questions. « Il y a une convergence frappante entre la stratégie du MoDem et le comportement de ses électeurs », note M. Fourquet. a Xavier Ternisien Le PS pourrait cette fois renforcer son implantation dans les grandes villes de l’Ouest en prenant Rouen ou Caen, alors que l’UMP espère une victoire dès dimanche à Bordeaux, Nice et Toulon. Combats indécis à Tarbes, Périgueux, Saint-Etienne, Toulouse, Pau, Strasbourg. Mais c’est à Marseille que se jouera la mère des batailles : une défaite de Jean-Claude Gaudin, le maire sortant UMP, prendrait des allures de déculottée électorale pour la droite. Malgré les précautions du chef de l’Etat pour se prémunir des conséquences d’un mauvais résultat, il est probable qu’il soit rendu responsable d’une contreperformance de la droite. Qui d’autre ? Le premier ministre, François Fillon ? Plus populaire que le président de la République, il n’a fait qu’appliquer la politique de M. Sarkozy. Les ministres ? Cornaqués par l’Elysée, ils font figure d’exécutants. Les conseillers ? Ils ne font que se servir de la liberté qui leur est donnée par le chef de l’Etat. Déjà, à l’UMP, on fourbit des contre-arguments : « Il n’y a pas d’explication univoque à une défaite. » Neuf mois après la présidentielle, cette élection sera pour le président de la République un test in vivo après plusieurs mois de baisse vertigineuse dans les sondages. Depuis le début de cette campagne, le chef de l’Etat, qui souhaitait s’y engager, s’est davantage employé En visite à Vesoul, jeudi 6 mars, le chef de l’Etat s’est rendu dans un centre de formation et d’apprentissage. ERIC FEFERBERG/POOL à restaurer son image personnelle dégradée par la publicité de sa vie privée et ses déclarations intempestives, et à calmer l’impatience des Français sur le pouvoir d’achat. « Raisonnablement pessimiste » Conséquence : au fil des jours, les candidats ont renoncé à faire appel à lui. Les réunions publiques prévues par l’Elysée (à Marseille et à Nice) ont été rayées de l’agenda du président, qui a laissé à M. Fillon le soin de se rendre sur le terrain. M. Sarkozy n’a toutefois pas renoncé à s’immiscer dans les municipales. Expliquant qu’elles comportaient aussi « un enjeu national », il a invité au restaurant plusieurs « fournées » de candidats pour les enjoindre à « se battre ». Mais c’est à Neuilly (Hauts-de-Seine), son fief, qu’il s’est montré le plus entreprenant en décidant – au vu de sondages défavorables – du retrait de son porte-parole, David Martinon, dont il avait imposé la candidature. A l’UMP, on se veut « raisonnablement pessimiste ». Des gains ou maintiens dans les grandes villes, au soir du 9 mars, permettraient d’entretenir l’idée d’un « match nul » avec la gauche. Quant à la « responsabilité » de M. Sarkozy, elle est déjà minimisée. Ironique, Dominique Paillé, secrétaire adjoint de l’UMP, balaye une possible mise en cause d’un énigmatique « Tina » : « There is no alternative » (« Il n’y a pas d’alternative »). Une manière d’indiquer que le sort du président ne se jouera pas les 9 et 16 mars. a Philippe Ridet Exemples de sociétés participantes les années précédentes et en 2008 Aareal Bank Abbott Air Products Alcan Arthur D. Little BASF SE BearingPoint Besix Bridgestone Europe British American Tobacco Bosch Group Bouygues Construction bp Cargill Celerant Consulting CGI CTcon De Lage Landen International Detecon International Dockwise B.V. DuPont European Patent Office Firmenich Gaz de France Haniel ING Ingersoll Rand Kraft Lidl L’Oréal Mars Murex Nestlé Pernod Ricard Philip Morris Benelux BVBA Procter & Gamble REWE Group Single Buoy Moorings Sony Suez Total Trelleborg AB En fin de campagne, les controverses persistent sur le bilan économique de Bertrand Delanoë POUR son dernier meeting avant le premier tour, jeudi 6 mars, Bertrand Delanoë a choisi le 12e : l’arrondissement qui, en votant pour la première fois majoritairement à gauche, lui a permis de prendre les clés de l’Hôtel de Ville, en 2001. Le maire était accompagné du principal artisan de sa politique économique : Christian Sautter, adjoint aux finances, candidat dans le 12e sur la liste PS. Etait également à ses côtés Jean-Louis Missika, candidat lui aussi dans cet arrondissement. Ce consultant, spécialiste des nouvelles technologies, a rédigé le volet du programme socialiste consacré à l’innovation et la compétitivité des entreprises pour la prochaine mandature. Pendant la campagne, c’est sur ces questions que l’UMP et le MoDem ont concentré leurs attaques les plus dures contre M. Delanoë. « Paris est débranchée », assurait, mardi 4 mars, Françoise de Panafieu dans Les Echos. « Paris prend du retard », affirmait François Fillon le 21 février. De 2001 à 2006, « Paris a perdu 66 145 emplois », souligne Jérôme Dubus, candidat (UMP) dans le 17e. En charge du programme de Mme de Panafieu, délégué général du Medef d’Ile-de-France, M. Dubus s’est aussi inspiré des préconisations d’Alain Minc, et de grands patrons tels que Claude Bébéar, ÉLYSÉE ancien président d’Axa et de JeanFrançois Dehecq, président de Sanofi-Aventis. Le MoDem a confié son programme à Jean Peyrelevade, candidat du MoDem dans le 16e et ancien patron du Crédit Lyonnais. Celui-ci s’en est pris, mardi 4 mars, à « l’inaction économique » du maire de Paris. Pépinières d’entreprises Jeudi, M. Delanoë a réfuté la thèse du déclin économique de la capitale. « Depuis 2006, le solde des créations d’emplois est positif », a indiqué le maire. La ville a en effet un solde net de créations d’emplois de 21 500 emplois salariés dans le secteur privé depuis deux ans. « Le chômage a baissé de 28 % dans la capitale depuis 2004 alors qu’il n’a diminué que de 18 % dans toute la France à la même période », a souligné M. Delanoë. « 41 000 entreprises se sont créées depuis 2001 », se félicitait, de son côté, M. Sautter. Alors que l’UMP et le MoDem pointent un taux de chômage à Paris (8,3 %) supérieur à la moyenne nationale (7,9 %) et régionale (7,3 %), M. Missika faisait valoir que « Barcelone, Londres ou Berlin ont aussi un taux de chômage plus élevé que le reste du pays ». Ni l’UMP, ni le MoDem ne nient l’embellie depuis 2006. Mais elle est le reflet, à leurs yeux, de la reprise de l’emploi au niveau national. « Nous avons créé un climat proMUNICIPALES careers in europe event Berlin 6-7 Mai 2008 Les 6 et 7 mai à Berlin, les recruteurs internationaux de sociétés multinationales prestigieuses rencontreront lors d’entretiens d’embauche individuels 300 jeunes cadres européens triés sur le volet. Si une carrière internationale vous intéresse, ne manquez pas cette opportunité exceptionnelle. www.careersineurope.com/event avant le 9 mars 2008. Remplissez un questionnaire de candidature sur: pice aux entreprises », assure, au contraire, M. Sautter, qui cite en exemple les 40 000 mètres carrés de pépinières d’entreprises recensés en 2007 alors qu’il n’en existait que 5 000 en 2001. Cette reprise « est fragile », a toutefois admis, mardi, M. Delanoë. « Paris a encore besoin de créer des emplois », a-t-il insisté. Le maire s’est attaché à montrer que son projet était surtout différent de celui de la droite. « Nous sommes les seuls, a-t-il souligné, à proposer de consacrer un milliard d’euros à l’université, la recherche et aux PME innovantes. » Alors que M. Delanoë prévoit une hausse « légère » des impôts locaux pour financer l’ensemble de ses projets, l’UMP propose, au contraire, des exonérations fiscales pour les entreprises qui crééront un deuxième emploi. Le MoDem veut baisser la taxe professionnelle et préconise la création de « zones franches » dans les 18e, 19e et 20e arrondissements. M. Delanoë rappelle que le nouveau Plan local d’urbanisme permettra de créer deux millions de mètres carrés de bureaux. Ce PLU est un frein au développement économique, estiment l’UMP et le MoDem, parce qu’il empêche la contruction de tours de bureaux. La droite et le centre proposent donc de le revoir. a Béatrice Jérôme Sponsors: M. Devedjian (UMP) estime que M. Sarkozy est passé du « baroque » au « classique » Selon le secrétaire général de l’UMP, Patrick Devedjian, l’entretien de Nicolas Sarkozy au Figaro du 6 mars marque un changement de style du chef de l’Etat vers « cette rigueur qui est maintenant demandée » par les Français. « On passe peut-être un peu de la période baroque à la période classique », a-t-il ajouté sur Canal+, vendredi 7 mars. Patrick Balkany soutient Arnaud Teullé à Neuilly Le député (UMP) des Hauts-deSeine et maire de Levallois, Patrick Balkany, apporte son soutien « ferme et sans réserve » à Neuilly (Hauts-de-Seine) au candidat dissident de l’UMP Arnaud Teullé, dans une lettre au secrétaire départemental de l’UMP. De son côté, le candidat (divers droite) soutenu par l’UMP JeanChristophe Fromantin dénonce des « attaques calomnieuses » à la suite de la diffusion d’un tract anonyme critiquant la gestion de sa PME. – (AFP.) POUVOIR D’ACHAT François Fillon s’engage sur les retraites Le premier ministre s’est « engagé », jeudi 6 mars sur TF1, à « garantir le pouvoir d’achat des retraités ». Cette annonce intervient au soir des manifestations de retraités réclamant une revalorisation de leurs pensions. – (AFP.) Partenaires:
Slide 13: 0123 Samedi 8 mars 2008 France Municipales 13 LO préfère l’alliance avec le PS et le PCF au tête-à-tête avec la LCR LES DÉSACCORDS entre Lutte ouvrière et la Ligue communiste révolutionnaire (LCR) ne cessent de se creuser. Après l’échec de l’invitation à construire le « nouveau parti » qu’elle a lancé à son congrès début janvier, la LCR a essuyé un nouveau refus des amis d’Arlette Laguiller pour les municipales. Dans une lettre datée du 28 février, la direction de Lutte ouvrière décline définitivement l’offre d’alliance électorale d’Olivier Besancenot. Ses signataires Georges Kaldy, Jean-Pierre Vial et François Duburg, démontrent, citations de Rouge, l’hebdomadaire de la LCR, à l’appui, que la majorité des listes municipales « 100 % à gauche » de la LCR sont conçues comme un « test » pour l’écho que le futur parti peut rencontrer. « Nous ne voulons ni participer ni paraître associés à cette tentative », conclut la lettre. Voici deux mois que LO a décidé d’une nouvelle politique pour les municipales, privilégiant les accords avec le PCF et le PS. Soixante-neuf villes sont concernées par ces nouvelles alliances. L’accent est mis sur les villes communistes sortantes, là où les socialistes tentent de ravir la mairie. C’est le cas de trente-sept municipalités, surtout en région parisienne. La lune de miel avec le PCF prend des tournures parfois surprenantes sur le terrain. On a ainsi vu, le 17 février, Arlette Laguiller, en compagnie de Marie-George Buffet, arpenter le marché du Blanc-Mesnil (Seine-Saint-Denis), fief de la secrétaire nationale. Ou, le 4 mars, intervenir par vidéo au meeting de clôture de Didier Paillard, maire communiste sortant de Saint-Denis, « pour que cette ville reste le plus à gauche possible ». Les militants de LO mènent campagne avec une constance qui a même surpris les communistes. « Ils sont plus que loyaux ! Ils font du zèle », raille Ivan Lemaître, membre du bureau politique de la LCR. « Logique de concurrence » La direction de la LCR ne décolère pas contre « le virage à 180 degrés » de leur ancien allié. « LO est dans une logique de concurrence qui l’a amenée à refuser de s’allier avec nous et à se jeter dans les bras du PS et du PCF », s’énerve François Sabado, membre du bureau politique. « LO veut des élus à tout prix, à n’importe quel prix… », dénonce Rouge. Avec à peine trente-trois conseillers sortants, les amis d’Arlette Laguiller espèrent bien doubler voire tripler le nombre de leur élus. Et ainsi damer le pion à une LCR jugée trop arrogante. En présentant deux cents listes « 100 % indépendantes », la LCR joue gros. « On veut mesurer ce que représente la gauche indépendante du PS », martèle M. Besancenot. Mais ses amis n’ont guère d’illusions sur les résultats : « Dans les coins où il y a un fort enjeu gauche-droite, ça va être difficile. Mais on a un espoir dans les banlieues PS », explique Ivan Lemaître. Les militants se consolent en comptant le nombre de sympathisants attirés dans les réunions d’Olivier Besancenot. Là, l’image du postier joue encore. a Sylvia Zappi A Rumilly, la fermeture de l’usine Salomon bouleverse la campagne L’annonce a donné un tour inattendu au scrutin dans la petite ville de Haute-Savoie. La gauche accuse le candidat UMP de « récupération », et tous reconnaissent leur impuissance RUMILLY (Haute-Savoie) ENVOYÉ SPÉCIAL uand la direction de Salomon a annoncé, le 10 janvier, la fermeture d’ici à un an de son site de Rumilly (Haute-Savoie), Pierre Béchet (UMP), candidat à la mairie, a aussitôt retravaillé le matériel électoral. Et sa plaquette s’est ornée d’une proposition numéro un, concernant le volet économique de son programme : « Rechercher des solutions pour réindustrialiser et donner une deuxième vie au site Salomon. » Le « coup de tonnerre », comme l’appelle la presse locale, a retenti aux oreilles des candidats en piste pour les élections municipales dans cette ville de 14 000 habitants. L’usine, qui fabrique des skis mais aussi des roues de vélo, emploie quelque 530 personnes. Le plan social prévoit 284 licenciements, les salariés restants étant invités à aller travailler sur le site d’Annecy. Les trois prétendants au poste de maire se sont bien sûr retrouvés « tous derrière » les Salomon. Mais le clivage droitegauche, traditionnel dans cette ville industrielle, s’en est trouvé avivé. « La nouvelle a fait réellement démarrer la campagne et lui a donné un tour qui n’était pas prévu », commente M. Béchet, 63 ans, actuel adjoint au maire André Feppon, qui se présente, lui, à l’élection cantonale. L’ancien vétérinaire met en avant la présence des élus de la majorité à la grande manifestation « Rumilly ville morte » du 31 janvier. « On était tous là avec nos écharpes tricolores », plaide-t-il. Q Catherine Daver, numéro deux sur la lis- en Europe. » Pour lui, « les élus locaux n’y te de Christian Beirnaert (PS) et salariée peuvent pas grand-chose ». Mais de Salomon, ne décolère pas. « C’était une M. Béchet vante la gestion de la mairie. honte, ils ont fait de la récupération avec « C’est nous qui pouvons aider les entreprileurs écharpes, explique-t-elle, alors qu’ils ses à s’installer, leur faciliter les conditions auraient dû venir comme tous les habitants et aider à la réindustrialisation », avanet les salariés présents. » ce-t-il. Et de lancer des noms d’entrepriM. Beirnaert, 63 ans, n’est pas en reste. ses qui s’installeraient et créeraient des « Deux ans auparavant, le 31 janvier 2006, dizaines d’emplois. nous avions déjà fait une manifestation sur En face, M. Beirnaert se moque. « Ils l’emploi à Rumilly et on ne les avait pas nous ont déjà fait le coup. Si Salomon avait vus », rappelle-t-il. « L’emploi était notre annoncé la fermeture en avril, après les élecpriorité, avant même l’annonce de Salomon tions, M. Béchet n’aurait même pas parlé qui, de plus, était prévue », ajoute le candi- d’emploi », argue l’ancien syndicaliste. dat socialiste. Les syndicats de l’entreprise Pour M. Béchet, qui compte bien sûr les avaient alerté la mairie, voici plusieurs 60 % de voix obtenues par Nicolas Sarkomois, témoigne Mme Daver, reszy à Rumilly à la présidentielle prendre ponsable CFDT. De quoi faire « On n’y peut pas en mai 2007 pourde maire,place dans le fauteuil « la naître la suspicion sur la sincérigrand-chose gauche joue à se faire peur et té de l’équipe sortante de à la fermeture annonce déjà la possible délocaliMM. Feppon et Béchet. de Salomon, c’est sation d’une partie des 2 000 Le troisième prétendant, le résultat de la Robert Converset, 57 ans, émet mondialisation » emplois de Tefal », principal employeur du bassin. des doutes tout en se gardant de Lors d’un débat à la télévi« vouloir participer à la polémision locale, TV8-Mont Blanc, que ». « Je trouve anormal, Robert Converset qui a réuni les trois candidats, le confie-t-il, qu’à l’annonce de la candidat 22 février, M. Béchet a exprimé fermeture de l’usine par la direction, le maire, M. Feppon, ait eu le culot de toute sa confiance dans l’entreprise. « Quand le directeur de Tefal dit qu’il n’y a dire qu’il n’était pas au courant. » Conseiller municipal jusqu’en 2002 pas de problème, je le crois », a-t-il asséné à dans l’équipe du maire sortant de droite, son contradicteur de gauche. Ce dernier M. Converset essaye de placer sa liste en lui a rétorqué qu’il aurait mieux fait d’écoudehors du clivage droite-gauche. Mais ter les syndicats qui avaient annoncé les depuis plus de vingt ans, la ville, histori- suppressions d’emplois chez Salomon. A la porte du site du fabricant de skis, quement à droite, n’a connu que ces duels. Sa candidature est cataloguée à droite et les cercueils jonchent le parking et les banson épouse, Annie Converset, sixième de deroles flottent au vent : « Ici, cimetière la liste, est candidate pour le MoDem à Salomon ! » Maria Micheli, syndicaliste CGT, même si elle ne vote pas à Rumilly, l’élection cantonale. « De toute façon, on n’y peut pas grand- comme de nombreux salariés, constate, chose à la fermeture de Salomon, c’est le amère : « L’affaire est dans le sac, on n’a résultat de la mondialisation », estime plus tellement d’espoir. Les politiques vienM. Converset. Exprimé autrement par nent aux manifestations, mais on sait bien M. Béchet : « Nos emplois industriels ont qu’il y a l’enjeu électoral. » a la même fragilité que partout en France et Rémi Barroux Le maire (app. UMP) de Toulouse prédit le « déclin » de sa ville en cas de victoire du PS Lors de son dernier meeting de campagne, jeudi 6 mars, le maire sortant de Toulouse, Jean-Luc Moudenc (app. UMP), a dénoncé la « démagogie » de son principal rival, Pierre Cohen (PS), qui ferait preuve, selon lui, d’« incompétence ou de mensonge ». « Nous n’allons pas livrer Toulouse à une coalition d’apparatchiks politiques qui ne peut qu’entraîner notre ville et notre agglomération sur la voie du déclin », a-t-il affirmé. – (AFP.) 1998 2008 V. Narry Kim - République de Corée - Lauréate 2008 pour l’Asie-Pacifique. Pour avoir élucidé plusieurs étapes clés de la formation d’une nouvelle classe de molécules d’ARN régulatrices de gènes. www.forwomeninscience.com
Slide 14: 14 France 0123 Samedi 8 mars 2008 Représentativité : le combat quotidien des nouveaux syndicats Les militants de nouvelles organisations, comme SUD ou l’UNSA, bataillent pour être reconnus dans les entreprises lors que la négociation sur la représentativité syndicale doit s’achever fin mars, 200 militants de SUD ont manifesté devant le siège du Medef, jeudi 6 mars, pour protester contre leur exclusion des discussions. En France, cinq syndicats, les mêmes depuis 1966, sont considérés comme représentatifs. Ce qui entraîne une série d’avantages pour eux, matériels et politiques. Ces cinq confédérations (CGT, CFDT, FO, CFTC et CFE-CGC) peuvent, dans toutes les entreprises, désigner un délégué syndical pour négocier avec la direction et se présenter au premier tour des élections professionnelles (comité d’entreprise, délégué du personnel), quel que soit leur nombre d’adhérents dans l’entreprise. Les autres syndicats doivent attendre le second tour, qui a lieu si le quorum de 50 % de participation n’est pas atteint. Du coup, l’arrivée de nouveaux syndicats, comme l’UNSA ou SUD, se fait dans la douleur : batailles devant les tribunaux, menaces des autres organisations, discriminations de la part de la direction… Quatre militants racontent comment ils ont réussi à imposer leur choix syndical. Bruno Bernard, centrale nucléaire EDF de Penly (Seine-Maritime). Dans le café Le Bienvenu, à Saint-Martin-enCampagne, près de Dieppe, une poignée de militants de SUD fêtent, ce 6 février, leur succès. Autour de Bruno Bernard, 42 ans, ils arrosent les résultats des dernières élections à la centrale nucléaire EDF de Penly, à quelques kilomètres : leur syndicat a raflé 30 % des voix, deux points derrière la CGT, éternel premier à EDF. Pour en arriver là, il leur a fallu appeler à l’abstention au premier tour afin qu’un deuxième soit organisé. « Même des adhérents CGT n’ont pas voté au premier tour afin que le quorum ne soit pas atteint et que l’on puisse se présenter », raconte Bruno. Les nouveaux élus, issus pour certains de la CFDT ou de la CGT, ont bataillé ferme. Trois procès perdus, tous intentés par la direction. De quoi se montrer prudents. Le directeur de la centrale, Jean-Jacques Letalon, qui emploie 620 agents EDF et 150 prestataires extérieurs, assure aujourd’hui que plus rien ne s’oppose à cette requête : « Après les élections, je ne peux plus dire qu’ils ne sont pas représentatifs. J’attends juste qu’ils me désignent leur délégué syndical et je leur trouverai un bureau. » Les « SUD » avouent leur inexpérience. « Il ne faudra pas dire non tout le temps, estime Guy Chevrel, 39 ans, on ne peut pas rester sans négocier. » « Il y a une différence A Vanessa Jereb, syndicaliste UNSA chez SFR, devant la tour de l’opérateur mobile à La Défense (Hauts-de-Seine), et Bruno Bernard, élu SUD à la centrale nucléaire EDF de Penly (Seine-Maritime). MANUEL LAGOS CID POUR « LE MONDE » entre la culture d’opposition et se retrouver aux affaires, avance le directeur, maintenant je les attends. » Vanessa Jereb, chez SFR à La Défense (Hauts-de-Seine). Vanessa Jereb, 38 ans, a imposé son syndicat UNSA, qui occupe, depuis mars 2007, la deuxième place chez SFR, juste derrière la CFDT. Un résultat acquis de haute lutte judiciaire et personnelle : trois rounds devant le tribunal d’instance de Courbevoie en 2004 et trois années de purgatoire pour celle qui travaille depuis 1995 chez l’opérateur de téléphonie (6 500 salariés). Avant de créer l’UNSA, fin 2003, la militante animait déjà la deuxième force dans les instances représentatives du personnel, avec des listes « libres », non rattachées à un syndicat. Malgré les offres des autres syndicats, elle préfère créer l’UNSA. « Du coup, j’ai été placardisée pendant trois ans », raconte-t-elle. Vanessa Jereb s’est retrouvée dans un petit local, logée dans un autre bâtiment à La Défense, loin de ses collègues. « Mme Jereb ne pouvait plus faire à plein temps son job et se consacrer à son activisme syndical, on a donc attendu qu’elle soit plus disponible. Cela n’avait rien à voir avec son engagement à l’UNSA », justifie le directeur des ressources humaines, Stéphane Roussel. Pour Vanessa, c’est le coup de blues : « Du jour au lendemain, les copains des autres syndicats m’ont considérée comme une pestiférée. » Elle a contacté la Haute Autorité de lutte contre les discriminations, qui a écrit à l’entreprise. Quelques semaines plus tard, la direction lui proposait un poste au développement durable. Une « coïncidence » pour M. Roussel. Aujourd’hui, l’UNSA-SFR compte 140 adhérents et plusieurs dizaines d’élus dans le groupe. Patrick Masson, société Loomis, à Paris (18e arrondissement). Jour de grève pour la sécurité et les salaires, mardi 12 février, chez Loomis, société de transport de fonds. A 57 ans, Patrick Masson est l’un des responsables du nouveau syndicat SUD. Il travaille depuis dix-sept ans dans cette filiale de Securitas (3 500 salariés en France). Il est resté quelques années à la CFDT, puis treize ans à la CGT avant de rompre en 2007 et de créer SUD, « une organisation où l’on peut décider sans qu’une direction nous impose quoi que ce soit ». Mais il a fallu batailler contre la direction et FO devant le tribunal d’instance de Villejuif. Le 2 octobre 2007, après un seul round et le dépôt sous enveloppe cachetée d’une liste de 170 adhérents – une exigence du juge –, c’est gagné. Chez Loomis, presque tous les élus CGT sont passés à SUD, qui n’a toujours pas de local syndical. Et Patrick Masson n’a pas de clé pour accéder au local du comité d’entreprise. Malgré tout, SUD compte quelques dizaines d’élus et espère plus lors des élections, prévues d’ici à la fin de l’année. Gilles Desseigne, BRED, à Paris (12e arrondissement). A 53 ans, dont trente-deux à la BRED (groupe Banques populaires), Gilles Desseigne témoigne RELIGION DENIER DU CULTE d’un scénario ubuesque : « On en est à quatorze procès depuis 2005, qui nous ont coûté environ 10 000 euros ! » Son syndicat, l’UNSA, revendique 200 adhérents, pour 3 500 salariés répartis sur six sites. Quand il a quitté la CFDT en 2004, la section cédétiste ne comptait que 55 adhérents, raconte Gilles. L’UNSA a des élus au niveau central, est représentatif dans certaines régions, mais ne bénéficie pas de la représentativité nationalement. Le secrétaire du comité central d’entreprise est à l’UNSA mais son syndicat n’a aucun permanent et ne peut participer aux négociations avec la direction. Gilles en rit : « Tout ça est grotesque, les salariés ne comprennent rien. » Les autres centrales ne voient pas d’un bon œil le succès du nouveau syndicat. « Le délégué CFTC nous a avoué qu’il continuerait le combat contre nous, confie le responsable UNSA, que c’était une question de survie pour eux. » Pour Gilles Desseigne, « le juge de paix, c’est le salarié qui vote ». a Rémi Barroux MUSULMANS INSTALLÉE EN OCTOBRE 2007, ELLE DOIT FINANCER L’ISLAM DE FRANCE La Fondation pour les œuvres de l’islam est paralysée par les querelles entre la Mosquée de Paris et l’UOIF LES DISSENSIONS liées aux élections prévues en juin pour renouveler les instances représentatives musulmanes ont fait une première victime : la Fondation pour les œuvres de l’islam. Installée en octobre 2007, cette structure devait rationaliser le financement de l’islam de France. Idéalement, l’argent collecté auprès des fidèles et des mécènes français et étrangers devait, en toute transparence, financer le fonctionnement des institutions musulmanes, la construction de mosquées, la formation des imams… Le ministère de l’intérieur y voyait un moyen de parvenir à un meilleur maillage du territoire en termes de constructions de lieux de culte. Quatre mois après, le bilan est maigre : la Fondation, dotée à l’origine d’1 million d’euros de fonds privés, s’est contentée de verser 150 000 euros au Conseil français du culte musulman (CFCM) pour son fonctionnement. Les antagonismes traditionnels entre les représentants officiels de l’islam paralysent son démarrage. Présidée par le président du CFCM, Dalil Boubakeur, représentant de la Fédération de la Mosquée de Paris, elle doit, selon des accords entre les différentes parties et le ministère de l’intéJUSTICE L’Eglise catholique veut inciter les fidèles à faire des legs FACE à un nombre de fidèles et de donateurs en baisse, l’Eglise catholique peutelle se contenter du traditionnel denier de l’Eglise pour assurer son fonctionnement ? Comme chaque année à la même époque, les campagnes de collectes battent leur plein dans les diocèses et devraient rapporter quelque 200 millions d’euros au niveau national, un chiffre en légère augmentation grâce à la croissance du don moyen (142 euros). Plus visibles, mieux coordonnées entre diocèses voisins, les campagnes du denier entendent toucher un public plus jeune et plus large que le pratiquant régulier. « Beaucoup de chrétiens, même fervents, vivent encore sur l’idée, dépassée, que l’Eglise est riche et que l’Etat donne de l’argent », constate Olivier de Berranger, évêque de Saint-Denis. Les conditions pratiques sont désormais facilitées : dons par Internet ou prélevés mensuellement… Mais l’Eglise souhaite aussi diversifier ses sources de financement et, face au vieillissement de ses ouailles, a décidé d’inciter les fidèles à faire des legs à leur paroisse. Une campagne nationale en ce sens devrait être lancée à l’automne prochain. Dans certains diocèses, réticents à aborder au Parlement en avril, devrait contenir des dispositions sur la rénovation des centres anciens dégradés, la gestion du parc HLM, la gouvernance du 1 % logement, l’extension de la TVA à 5,5 %, l’accession sociale, la garantie du risque locatif… « Je me bagarre pour que la réforme du Livret A le sujet, les legs ne constituent qu’une infime partie des ressources. Ailleurs, les legs des fidèles défunts représentent déjà un quart de leur budget. Cette ressource, qui rapporte 70 millions d’euros par an en plus du denier du culte, dispose d’une marge de progression sensible selon l’épiscopat, qui souligne que « dans certaines associations caritatives, les legs représentent 50 % des ressources ». Les sommes récoltées par les diocèses sont principalement consacrées aux salaires des prêtres et des laïcs (un poste en forte augmentation), qui représentent 40 % du budget. Les charges de fonctionnement et l’entretien des édifices construits après 1905 constituent le second poste, variable selon l’histoire et la sociologie des diocèses. Les diocèses les plus pauvres reçoivent une aide de leurs voisins plus riches. Marginalement, d’autres sources de revenus sont exploitées, notamment la vente de biens immobiliers « à condition qu’ils ne jouxtent pas une église ». Cette année, pour financer les Journées mondiales de la jeunesse qui se tiendront en juillet en Australie, certains diocèses ont fait appel à des entreprises privées, sans grand succès. a S. L. B. rieur, passer aux mains de Fouad Alaoui, vice-président de l’Union des organisations islamiques de France (UOIF) dans deux ans. Les hommes, tous deux candidats à la présidence du CFCM, sont concentrés sur la bataille en cours et n’ont pas pris la peine d’avancer sur les chantiers dévolus à la Fondation. Le directeur général, promis par le ministère de l’intérieur pour gérer la Fondation, n’a pu être nommé, faute d’accord sur un nom. Mécénat des grandes entreprises Au-delà des querelles de personnes, qui minent les institutions musulmanes, d’autres obstacles empêchent le bon fonctionnement de la Fondation. Les musulmans, unanimes, estiment qu’il revient à l’Etat et non pas à la Fondation de procéder à la collecte de fonds à l’étranger, en activant les réseaux diplomatiques dans les pays arabes. « L’Etat doit y mettre du sien, au nom d’une “laïcité flexible et ouverte” », plaide M. Boubakeur. La ministre de l’intérieur, Michèle Alliot-Marie, en visite en Arabie saoudite en février, a présenté la Fondation à son homologue. Le principe de la Fondation, censée mutualiser les fonds, paraît en outre assez der vendredi un blocage des cours d’appel. Les avoués, qui représentent obligatoirement les justiciables devant les cours d’appel dans les procédures civiles et commerciales, sont 440 et emploient 2 400 personnes. Le rapport estime que leur travail fait double emploi avec celui d’avocat. peu partagé. Chaque fédération dispose de ses propres réseaux de financement, dépendant de la nationalité ou des courants incarnés par ses représentants. Et il y a peu de chances qu’une association affiliée à une grande fédération choisisse de compromettre ses propres projets pour le bien commun. « Les fidèles font leurs dons à l’association musulmane qu’ils connaissent et les seules personnes susceptibles d’être intéressées par la Fondation sont les non-pratiquants qui veulent aider mais ne savent pas à qui donner », estime Haydar Demiryurek, responsable turc au CFCM. S’ils ne souhaitent pas s’y impliquer personnellement, les représentants des musulmans évoquent aussi la possibilité de faire appel au mécénat des grandes entreprises privées françaises, en quête de contrats commerciaux dans les pays musulmans. Aujourd’hui, les mosquées se créent au rythme des dons de fidèles vivant en France ou venant de l’étranger. Les cadres de l’islam, imams, aumôniers, formateurs, sont rémunérés inégalement selon les secteurs. Chaque année, l’Algérie et la Turquie envoient des dizaines d’imams, rémunérés par leur pays d’origine. a Stéphanie Le Bars LOGEMENT Forte mobilisation des avoués contre le rapport Attali 2 000 avoués et salariés ont manifesté, jeudi 6 mars à Paris, pour protester contre le rapport Attali qui recommande la suppression de cette profession. Ils devaient déci- Christine Boutin prépare un projet de loi pour avril Christine Boutin a annoncé, jeudi 6 mars, qu’elle présenterait « un projet de loi de mobilisation pour le logement, très rapidement ». Le texte, qui pourrait être discuté y figure, a ajouté Mme Boutin. Je ne veux pas que cette réforme [pour l’heure gérée par Bercy] se fasse n’importe comment. » Les avantages fiscaux « Robien » ne devraient pas être supprimés : « Je ne veux pas donner de signal négatif à ceux qui investissent dans la construction. »
Slide 15: 0123 Samedi 8 mars 2008 Economie & Entreprises 15 Défense Elus et syndicalistes exigent une réévaluation de l’attribution de la commande qui a échappé à Boeing Le contrat remporté par EADS passe mal aux Etats-Unis NEW YORK CORRESPONDANT a direction de l’avionneur Boeing devait être reçue au Pentagone, le ministère américain de la défense, vendredi 7 mars, pour prendre connaissance du rapport de l’armée de l’air justifiant sa décision de s’équiper à l’avenir du ravitailleur aérien du consortium transatlantique EADS-Northrop, le K-45A, plutôt que du sien, le K-767. Le montant du contrat est de 35 milliards de dollars (23 milliards d’euros) sur douze ans pour 179 appareils. Un vice-président de Boeing, Mark McGraw, a annoncé la veille que sa société déciderait « probablement » d’un éventuel recours. Depuis son annonce, il y a une semaine, le choix d’EADS ne passe pas auprès de nombreux élus américains. Au Congrès, ils sont nombreux à exiger une réévaluation de l’attribution du contrat – pour des L motifs plus politiques qu’industriels. Des syndicats les rejoignent. Ils craignent de nouvelles suppressions d’emplois dans le secteur. Northrop, partenaire d’Airbus, rétorque que 25 000 postes seront créés aux Etats-Unis et qu’il a obtenu que nombre de pièces y soient fabriquées, et pas en Europe. Le dossier s’est invité dans la campagne électorale américaine. Tandis que les deux candidats démocrates – Hillary Clinton et Barack Obama – se rangent du côté de Boeing, le républicain John McCain soutient la décision du Pentagone. Quant au secrétaire à la défense, Robert Gates, il défend « une décision fondée sur les mérites » comparés des deux appareils. Le principal membre républicain de la commission des forces armées du Sénat, John Warner, juge que « le Congrès ne devrait pas tenter de réécrire un contrat, en particulier d’une dimension et d’une complexité telles que celui-ci ». Des ouvriers de Boeing, à Everett (Etat de Washington), manifestent leur colère contre le choix du Pentagone. STEPHEN BRASHEAR/AP Le démocrate de Pennsylvanie John Murtha souligne néanmoins qu’on donne un contrat aux Européens alors que « nous n’avons même pas obtenu de l’OTAN 3 000 soldats de plus en Afghanistan ». Certains élus évoquent des « transferts de technologies sensibles » vers la France et pointent le fait qu’EADS et Northrop n’ont « jamais travaillé ensemble », un risque pour l’armée américaine. Les conditions d’attribution sont aussi mises en cause : « C’était un leurre », juge Norm Dicks, représentant démocrate de l’Etat de Washington, où une grande part des ravitailleurs Boeing devait être fabriquée. Jim Albaugh, directeur des systèmes intégrés de défense du groupe américain, assure que Boeing n’a pas été informé du souhait de l’armée de posséder un avion de taille supérieure. Elle « nous a découragés de proposer le 777 » (plus gros que le 767), a-t-il déclaré jeudi. L’absence de transparence de l’appel d’offres et d’équité des décideurs pourrait être invoquée. Mais l’avionneur américain semble cependant hésiter à interjeter appel. Secoué par son échec, le groupe peut-il se permettre une nouvelle rebuffade ? Un recours rejeté pourrait lui être préjudiciable dans l’affrontement en cours – pour entorse à la concurrence –, qui l’oppose à Airbus devant l’Organisation mondiale du commerce. a S. C. QUESTIONS À LOREN THOMPSON, DIRECTEUR DU LEXINGTON INSTITUTE, SPÉCIALISTE DE L’INDUSTRIE DE LA DÉFENSE « Un vent de protectionnisme souffle sur l’Amérique » Après avoir pris connaissance du rapport d’attribution du contrat au consortium Airbus-Northrop, que peut faire Boeing ? Boeing est écrabouillé ! Selon le rapport d’attribution du contrat, le consortium EADS-Northrop l’emporte sur quatre des cinq critères clés retenus par l’armée de l’air américaine ; sur le dernier il y a match nul. Pour présenter un recours devant l’instance de référence, le Bureau des comptes publics (Government Accountability Office), Boeing devra trouver une grosse faille légale. L’autre option consiste à faire de la politique. Comment ? même signé. Les lobbies vont s’activer. L’armée de l’air, qui attend désespérément ces avions, soumettra les élus à une forte pression. Certains s’agitent, mais je crois que d’autres feront contrefeu et que les budgets seront votés. Les Etats-Unis connaissent un sévère ralentissement et sont en période électorale. Cela peut-il avoir des conséquences sur la mise en œuvre du contrat ? En s’adressant au Congrès pour « geler » la mise en œuvre du contrat. Des élus déterminés peuvent bloquer les allocations budgétaires à un projet, Depuis sept ans, 40 000 emplois industriels ont été perdus chaque mois. Un vent de protectionnisme souffle sur l’Amérique. Le projet retenu crée moins d’emplois aux Etats-Unis que celui de Boeing, mais il en crée. Moteurs et systèmes de ravitaillement y seront fabriqués. Il y aura des remous, mais c’est plié : le ravitailleur sera celui d’EADS-Northrop. a Propos recueillis par Sylvain Cypel 1998 2008 Ada Yonath - Israël - Lauréate 2008 pour l’Europe. Pour ses études structurales du système de biosynthèse des protéines et sa perturbation par les antibiotiques. www.forwomeninscience.com
Slide 16: 16 Economie & Entreprises 0123 Samedi 8 mars 2008 La rigueur affichée par la BCE alimente la flambée de l’euro La Banque centrale européenne, qui a maintenu inchangés, jeudi 6 mars, ses taux directeurs, met la priorité sur la lutte contre l’inflation. L’euro a atteint vendredi matin 1,5431 dollar Statu quo TAUX DIRECTEUR DE LA BCE 4% 4 E n dépit de l’envolée historique de l’euro, attribuée en partie à la rigueur de la politique monétaire européenne, la Banque centrale (BCE) tient le cap et se fait même plus sévère. Jeudi 6 mars, le conseil de la BCE a décidé, à l’unanimité, de maintenir le niveau des taux d’intérêt en zone euro à 4 %, donnant toute priorité à la lutte contre l’inflation. Au risque de brider une croissance déjà atone et d’encourager la flambée de la monnaie unique. L’euro a atteint 1,5431 dollar, vendredi 7 mars, l’équivalent de 4,25 francs pour 1 dollar, un niveau inédit depuis les années 1980. « Les dernières informations nous ont confirmé l’existence de fortes pressions inflationnistes à court terme », a expliqué JeanClaude Trichet, président de l’autorité monétaire. En maintenant à ce niveau le coût de l’argent au jour le jour, la BCE espère juguler la hausse des prix. La BCE redoute que l’envolée des cours du pétrole et des aliments, qui touche directement le consommateur, entraî- 3 2 1er janvier 2005 Source : Bloomberg 7 mars 2008 ne la multiplication de revendications salariales comme c’est déjà le cas en Allemagne. Si cette spirale prix/salaires s’enclenchait, l’inflation pourrait devenir incontrôlable. La BCE prévoit une hausse des prix de 2,9 % en 2008 quand son objectif est de la maintenir à un niveau égal ou inférieur à 2 %. « La BCE fait ce qu’on lui demande de faire », résume Nordine Naam chez Natixis. Si les analystes s’attendaient au statu quo sur les taux, ils ont été surpris par la dureté du discours tenu par M. Trichet. Lors de sa précédente intervention début février, celui-ci avait insisté sur les mena- ces qui pèsent sur la croissance européenne affectée par la crise des subprimes. Les économistes en avaient déduit que la BCE pourrait, dans quelques mois, baisser le niveau des taux d’intérêt pour soulager l’économie. Jeudi, M. Trichet s’est contenté d’évoquer une croissance modérée mais résistante, estimée entre 1,3 % et 2,1 % en 2008. Surtout, ce sujet a été vite balayé par le président de la BCE, qui a mis l’accent sur l’inflation. Les experts sont donc moins nombreux à envisager une baisse des taux d’ici à la fin du premier semestre. Le contraste avec l’attitude de la Réserve fédérale américaine (Fed) est net. OutreAtlantique, la Fed préoccupée par les risques de récession aux Etats-Unis a clairement laissé entendre qu’une baisse des taux était imminente. Le marché s’attend à voir le loyer de l’argent passer de 3 % à 2,25 % avant la fin du mois de mars. Elle a « agi de façon appropriée » Le décalage entre les politiques monétaires de part et d’autre de l’Atlantique contribue à alimenter la hausse de l’euro face au billet vert. A l’issue du discours de la BCE, la monnaie unique a encore grimpé, dépassant 1,54 dollar vendredi matin. Pour les analystes, la bride est lâchée. « On peut aller jusqu’à 1,55, voire 1,57 dollar dans quelques semaines, quelques jours peut-être », prédit M. Naam. La BCE est-elle insensible à la flambée de la monnaie unique ? En absorbant une partie de la hausse des prix importés libellés en dollar comme le pétrole, l’euro fort a l’avantage de réduire l’inflation, ce qui n’est sans doute pas pour lui déplaire. En outre, la BCE estime que la hausse de l’euro est aussi la conséquence de la dépréciation du dollar et de la souplesse de politique de la Fed, sur lesquelles elle n’a pas de prise. M. Trichet rappelle ainsi avoir « noté avec la plus extrême attention les déclarations des autorités de l’autre côté de l’Atlantique, y compris du président, SÉVERIN MILLET L’euro fort fait fondre les revenus de l’autorité monétaire La Banque centrale européenne (BCE) est elle aussi affectée par la robustesse de l’euro. Pour l’année 2007, la BCE a dégagé un excédent de 286 millions d’euros, contre 1,379 milliard d’euros en 2006. Ce recul de 80 % est « imputable principalement à l’appréciation de l’euro vis-à-vis du dollar », explique l’autorité monétaire. « Une provision d’un montant équivalent a été constituée pour les risques de change, de taux d’intérêt et de variation du cours de l’or, ce qui ramène le bénéfice net déclaré à très exactement zéro. » L’essentiel des revenus de la BCE vient du placement de ses réserves de changes, constituées principalement de titres libellés en dollars, et dans une moindre mesure, en yens. En 2007, la BCE a enregistré des moins-values latentes de l’ordre de 2,5 milliards d’euros de la valeur en euros des portefeuilles d’actifs enregistrés dans ces deux monnaies. selon lesquelles un dollar fort sert les intérêts des Etats-Unis ». La BCE attend qu’un geste concrétise ces déclarations. Pour l’heure, la BCE est soutenue dans son action. Massod Ahmed, porte-parole du Fonds monétaire international (FMI), a estimé jeudi qu’elle avait « agi de façon appropriée ». Même en France, où l’orthodoxie de la BCE a souvent été décriée, les commentaires restent modérés. « Le fait qu’il y ait unanimité, c’est déjà au moins le signe que plus personne ne demande la hausse », a noté jeudi la ministre de l’économie, Christine Lagarde, sur les ondes de BFM. Mais la limite acceptable n’est plus très loin. Le FMI estime que l’euro a atteint son « versant fort » et que la BCE doit « se tenir prête à répondre avec flexibilité » à un choc sur la croissance. Si l’économie de la zone euro résiste, comme l’ont attesté les dernières statistiques, la plupart des économistes s’attendent en effet à ce que la situation se détériore dans les prochains mois. Quant à la France, le maintien des taux d’intérêt à 4 % rend de plus en plus « chimérique » l’objectif fixé par l’Etat d’atteindre une croissance de 2 % à 2,5 % cette année, selon Alexander Law économiste chez Xerfi. « Il n’y aura pas de miracle », ajoute ce dernier qui table sur une croissance de 1,4 % maximum en 2008. a Claire Gatinois LOISIRS L’ANCIENNE COLONIE PORTUGAISE A CONNU UNE CROISSANCE ÉCONOMIQUE DE 27 % EN 2007 GRÂCE AUX JEUX A Macao, Stanley Ho, l’empereur des casinos, joue sa dernière partie contre les Américains MACAO (Chine) ENVOYÉ SPÉCIAL Même à l’aune de l’expansion chinoise, la croissance de Macao est phénoménale : + 27 % en 2007. Une croissance tirée par un seul secteur : les casinos. L’ancienne colonie portugaise, devenue en 1999 une région administrative spéciale, a dépassé Las Vegas pour la deuxième année consécutive, confirmant sa position de capitale mondiale du jeu avec 10,4 milliards de dollars de recettes (+ 46,6 %). Jusqu’en 2002, la Sociedade de Jogos de Macau (SJM) de Stanley Ho (86 ans) avait bénéficié, pendant quarante ans, d’un monopole. Désormais, le jeu est un oligopole dominé par six concessionnaires. De surenchère en surenchère, la « bataille royale » entre la SJM et les opérateurs étrangers (Wynn Resorts, Las Vegas Sands, MGM), arrivés avec un appétit vorace, donne lieu à une « compétition destructive », estime Gabriel Chan, analyste au Crédit Suisse à Hongkong. Avec 27 millions de touristes débarquant dans un territoire minuscule (28 km2 et 513 000 habitants) et le passage sur les tapis verts de 300 à 400 milliards de dollars par an, Macao est emporté par un déluge d’argent qui bouleverse les rapports sociaux et que les autorités n’ont guère les moyens de canaliser. Le plus gros « banco » fut l’ouverture, en août, du gigantesque casino-hôtel Venetian par le groupe Las Vegas Sands Corp. Le plus grand casino de la planète dont la superficie est légèrement inférieure à celle de l’usine de Boeing à Seattle (Etats-Unis) : 870 tables de jeu, 3 000 chambres, 12 000 employés (5 % de la main-d’œuvre locale)… Coût : 2,4 milliards de dollars. En février 2007, Stanley Ho, qui détient 40 % du marché des jeux, avait marqué son territoire en érigeant le Grand Lisboa : une tour dorée de 52 étages, miroitant de néons rouge et vert, représentant une fleur de lotus épanouie sortant de son bulbe (emblème de Macao). D’un somptueux mauvais goût. HABILLEMENT Le vieillissant « roi du jeu » cherche à « lever » 1 milliard de dollars à la Bourse de Hongkong pour barrer la route aux Américains. Mais une querelle de famille – sa sœur Winnie l’ayant traîné en justice depuis des années – retarde l’opération et « il est possible que la SJM perde la première place en terme de revenu », avance David Fong, directeur de l’Institut d’étude du jeu à l’université de Macao. « Bras de fer » La croissance des casinos va se poursuivre (+ 20 % en 2008). Mais les profits risquent de décliner. Avec un seul secteur employant 22 % de la population active se dessine une pénurie de main-d’œuvre, et à la clé une nouvelle pression sur les salaires. Derrière le bras de fer entre les Américains et Stanley Ho, il y a deux conceptions du marché des jeux : l’une mettant l’accent sur un tourisme de masse attiré vers dans la sidérurgie », a annoncé le groupe, jeudi 6 mars. Selon la lettre d’information, La Lettre A, le milliardaire établi en Italie « cherche ainsi à reprendre sa liberté pour envisager la reprise de l’usine d’ArcelorMittal à Gandrange ». DISTRIBUTION des parcs à thèmes « fortune », et l’autre privilégiant les vrais joueurs. Stanley Ho a construit son empire sur les seconds. Et ce sont encore les tables de baccarat qui font 70 % des recettes, alors qu’à Las Vegas elles proviennent pour moitié des activités annexes au jeu. Celles-ci progressent certes à Macao, mais les gros joueurs restent la principale source de profits : le revenu par table y est deux fois supérieur à Las Vegas. Stanley Ho contrôle 18 des 28 casinos de Macao, mais il « perd la main ». Il s’est résolu à faire détruire son « navire amiral » : le casinohôtel Lisboa, monument de kitsch architectural aux allures de pièce montée. Ce qui était le plus haut édifice de Macao en 1970 fait désormais pâle figure, ratatiné entre les tours. Sa disparition ne changera rien au Disneyland du jeu qu’est devenu Macao, mais elle signera la fin d’une époque. a Philippe Pons INFRASTRUCTURES Charles Jourdan : la justice consulaire choisit Finzurich Le tribunal de commerce de Romans-sur-Isère (Drôme) a confié, jeudi 6 mars, le sort du chausseur de luxe Charles Jourdan, qui a connu trois redressements judiciaires en cinq ans, au fonds d’investissements Finzurich, basé au Costa Rica (Le Monde du 19 décembre 2007). Le fonds reprendra 130 salariés sur 197 et investira 15 millions d’euros. Le futur directeur du site compte sur une reprise de la production dans six semaines. INDUSTRIE Goldman Sachs pourrait détenir à terme près de 20 % d’Eurotunnel La banque américaine Goldman Sachs, via deux fonds spécialisés dans les infrastructures, pourrait à terme détenir jusqu’à 20 % du capital d’Eurotunnel après avoir participé à la récente augmentation de capital du groupe, a annoncé, jeudi 6 mars, Jacques Gounon, le patron d’Eurotunnel sur BFM. FINANCE Leclerc va retirer ses confiseries des caisses Sans attendre les réunions entre les industriels et les représentants du commerce et de la distribution annoncées, lundi 4 mars, par la ministre de la santé, Roselyne Bachelot, MichelÉdouard Leclerc, le patron de l’enseigne du même nom, a indiqué vendredi 7 mars qu’il allait retirer ses confiseries des caisses. Dans un entretien au Parisien, M. Leclerc précise que ce sera fait au 1er juin et que le manque à gagner est de 5 millions d’euros. Le fonds d’investissements Carlyle plonge en Bourse L’un des plus gros fonds d’investissements américain, Carlyle, n’a pas pu honorer quatre des sept appels de marge exigés par ses créanciers pour un montant de 37 millions de dollars (24 millions d’euros). Le titre a plongé de 58,33 % à la Bourse de New York, jeudi 7 mars. – (Bloomberg.) Romain Zaleski démissionne du conseil d’ArcelorMittal L’homme d’affaires franco-polonais Romain Zaleski a démissionné du conseil d’administration d’ArcelorMittal, afin de « poursuivre d’autres intérêts commerciaux
Slide 17: 0123 Samedi 8 mars 2008 Economie & Médias CHIMIE 17 Arkema et Rhodia peinent à surmonter la méfiance des investisseurs LE GAIN de 1,4 % réalisé en Bourse mercredi 5 mars par Arkema a été plus qu’avalé dès le lendemain (– 4,6 %). Le PDG de l’ex-pôle chimie de Total, Thierry Le Hénaff, a pourtant annoncé un triplement du bénéfice net à 122 millions d’euros pour 2007, (45 millions en 2006), et se fait fort de dégager une marge (Ebitda) conforme aux objectifs (10 % en 2008 et 12 % en 2010). Mais rien n’y fait et la baisse reprend de plus belle. Pour Rhodia, autre groupe français du secteur, la Bourse est devenue cauchemar. Le 28 février, aussitôt après que Jean-Pierre Clamadieu, son patron, a honnêtement expliqué que l’instabilité des cours de matières premières et du pétrole ne lui permettait plus de garantir ses objectifs pour 2008 – une marge de 15 % contre 13,6 % en 2007 –, le titre dévissait de 20 %, à 16,95 euros. Il a clôturé le 6 mars à 14,85 euros. Cette chute des cours a stigmatisé deux groupes chimiques dont l’un, Rhodia, annonçait un doublement de ses bénéfices et l’autre, Arkema, distribuait son premier dividende en 2007. Rétablissement Leur parcours boursier est d’autant plus décevant que l’un et l’autre sont sur la voie du rétablissement. Certes, tous deux ont connu des pertes cumulées importantes – doublées d’erreurs stratégiques pour Rhodia –, mais les équipes dirigeantes mènent, sans conflits sociaux, une restructuration en profondeur. Quant à leur activité, elle est repositionnée sur des produits et secteurs qui rendent possible une répercussion des hausses énergétiques et de matières premières sur les clients. Enfin, la capacité bénéficiaire est garantie par la croissance du marché asiatique autant que par l’innovation qui voit les nouveaux produits occuper une part croissante du chiffre d’affaires. Rhodia n’est pas peu fier du partenariat noué avec le constructeur automobile coréen Hyundai tandis qu’Arkema s’est offert une campagne médiatique mondiale avec l’annonce de son caoutchouc « autoréparateur ». Paradoxe même, la méfiance des marchés envers Rhodia est d’autant plus forte que le groupe est en meilleure santé financière. A mi-chemin de sa restructuration, Arkema dispose de marges de productivité qui lui permettent de mieux compenser le ressac des marchés. Rhodia, parce qu’il est au mieux de sa forme, court aujourd’hui le plus le risque d’être sous-valorisé. a Yves Mamou En 2007, l’« effet Sarkozy » a fait vendre 110 millions d’exemplaires de magazines de plus Les hebdomadaires répertoriés par l’OJD ont vu leurs ventes augmenter de 6,77 % par rapport à 2006, en grande partie grâce à l’actualité autour du président de la République es ventes des « news magazines » se sont bien portées en 2007. Et la tendance se poursuit sur les premiers mois de cette année. Les sept hebdomadaires répertoriés par l’OJD, l’organisme qui certifie la diffusion des titres de presse en France, ont vu leurs ventes augmenter de 6,77 % en 2007, soit une moyenne de 80 000 exemplaires de plus vendus chaque semaine par rapport à l’année précédente. Le Nouvel Observateur reste leader, avec une diffusion quasiment stable en 2007. Les ventes en kiosques ont progressé de 8,1 % en 2007, soit une moyenne de 87 788 exemplaires par semaine. Le nombre d’abonnés a légèrement baissé, l’hebdomadaire ayant bâti son modèle économique sur une diffusion d’environ 510 000 exemplaires. L’année 2008 a bien démarré avec des ventes au numéro de 92 980 exemplaires en moyenne, en hausse de 9,1 % par rapport à la même période de 2007. Et les investissements continuent sur le site Internet, dont l’audience ne cesse de croître. Marianne affiche la plus forte progression (+ 34,9 %), le lectorat ayant apprécié son positionnement anti-Sarkozy. Le Une année faste pour « Marianne » DIFFUSION FRANCE PAYÉE DES NEWS MAGAZINES (nombre d’exemplaires en moyenne hebdomadaire) 2006 Le Nouvel Observateur L’Express Le Point Marianne Courrier international Valeurs actuelles Le Spectacle du monde 509 791 451 713 419 223 512 659 434 715 2007 Evolution 2007/2006 – 0,56 % + 3,91 % + 8,39 % + 34,9 % + 2,1 % Source : OJD L 386 780 203 523 185 753 274 559 189 655 83 375 79 241 + 5,22 % – 5,92 % 26 275 27 929 numéro de Marianne du 14 avril 2007 : « Le vrai Sarkozy, ce que les grands médias ne veulent pas ou n’osent pas dévoiler », s’est vendu à plus de 500 000 numéros. Marianne revendique des « unes » « multiples », qui ne sont « ni chic ni marketing ». Les ventes au numéro se portent également bien pour Le Point ou pour L’Express. « Une volonté de décryptage » L’actualité politique a dopé les ventes des journaux d’information. Certes, la bataille Ségolène Royal-Nicolas Sarkozy a intéressé les Français, mais c’est surtout « l’effet Sarkozy » qui a gonflé les ventes de journaux, estime Patrick Bartement, directeur général de l’OJD. « La campagne électorale, qui a démarré dès la fin de 2006, a créé un appétit de lecture et une volonté de décryptage », explique Eric Matton, directeur exécutif de L’Express. « En 2007, il y a eu environ 252 couvertures sur l’univers Sarkozy », précise M. Bartement. Et « l’“effet Sarkozy” a fait vendre 110 millions d’exemplaires de plus en 2007 », ajoute-t-il. Les études ont été faites en comparant la moyenne des ventes de 1 000 magazines sur un mois, lorsqu’ils comportent des couvertures sur Sarkozy, par rapport aux ventes moyennes du mois ou de la semaine précédente. Ce qui représente 2,2 % de plus… sur la totalité des 5 milliards d’exemplaires de journaux vendus en une année. L’Express a connu la meilleure vente de son histoire avec la première interview de Carla Bruni-Sarkozy, le 13 février, avec près de 600 000 exemplaires vendus, dont plus de 200 000 en kiosques. L’hebdomadaire, dont le prix de vente est passé à 3,50 euros le 18 octobre 2007, voit ses ventes en kiosques progresser de 28 % sur les premiers mois de 2008. Le numéro du Point, après le second tour de l’élection présidentielle, avait vu ses ventes en kiosques progresser de 60 %. Les deux numéros du Nouvel Observateur sur Cécilia Sarkozy, en août et en octobre 2007, ont enregistré des hausses de 35 % des ventes en kiosques, soit plus de 100 000 numéros. Paris Match (Lagardère) et VSD (Prisma Presse), qui ne figurent pas dans la catégorie des « news », affichent eux aussi de bons résultats, avec des ventes en hausse de respectivement 8,59 % et 10,28 % en 2007. La presse people a également poursuivi sa progression, avec une augmentation globale de sa diffusion de 8,62 % en 2007. Au sein de cette famille, les hebdomadaires Closer (Mondadori) et Public (Lagardère) s’en sortent bien avec des diffusions en hausse de respectivement 19,75 % et 18,44 %. Toutefois, « la presse people pourrait connaître une vraie érosion en 2008 », analyse M. Bartement. On pourrait assister à un phénomène d’usure. a Pascale Santi PUBLICITÉ UN NOUVEAU REVERS POUR LE GROUPE AMÉRICAIN CLEAR CHANNEL JCDecaux et Metrobus remportent l’affichage dans les gares françaises CLEAR CHANNEL a perdu sa bataille du rail. Le contrat d’affichage publicitaire dans les gares et le long des voies ferrées françaises, qu’il détenait jusqu’alors, tombe dans l’escarcelle de JCDecaux et de son allié Metrobus – détenue à 33 % par JCDecaux et à 67 % par le groupe publicitaire Publicis. L’enjeu était d’importance. Considéré comme l’une des plus importantes concessions publicitaires en France, ce contrat d’un montant estimé de 70 millions d’euros par an porte sur 34 000 panneaux. Le conseil d’administration de Réseau Ferré de France (RFF), qui gère les infrastructures ferroviaires, a choisi, jeudi 6 mars, JCDecaux et Metrobus. La SNCF, pour sa part, est censée statuer le 19 mars, mais elle devrait faire le même choix. Cette décision est un véritable revers pour Clear Channel. Le montant du contrat représente près de 20 % du chiffre d’affaires de sa filiale française, proche de 350 millions d’euros. Une offre financière attractive Désireux de se développer en Europe, et en France en particulier, Clear Channel avait acheté au prix fort en 2000 ce qui était alors une filiale de la SNCF, connue sous le nom de France Rail Publicité (FRP). Le groupe américain – leader mondial de l’affichage – avait alors déboursé près d’un milliard de francs (environ 150 millions d’euros de l’époque), pour acheter 80 % de FRP. Mais le contrat qui liait Clear Channel à la SNCF, puis à RFF après la scission des deux entités publiques, n’était que temporaire. Et cette fois, c’est JCDecaux et Metrobus qui emportent la mise, pour une durée de 8 ans. L’affaire a été soigneusement préparée. En 2005, JCDecaux est entré au capital de Metrobus. Cette société qui détient, entre autres, le contrat du métro parisien pouvait faire valoir sa compétence pour l’affichage en gare. Ensemble, les deux entreprises ont mis sur pied une offre complémentaire. Elles ont aussi fait une offre financière attractive, un élément prépondérant dans le choix final. « Le critère financier comptait pour 70 %. Ce qui rendait cet appel d’offres très aléatoire. JCDecaux et Metrobus ont sûrement payé une prime, pour acheter l’équivalent d’un fond de commerce et limiter ainsi la concurrence », analyse Hubert Janvier, le patron de Clear Channel en France. JCDecaux gagne s’impose à nouveau face à son grand rival américain. En 2007, les deux groupes luttaient pour l’attribution du contrat très convoité de mobilier urbain et de vélos en libre service (Velib’) de la ville de Paris. Un combat âpre. L’échec de Clear Channel avait entraîné le départ du patron du groupe dans l’Hexagone, Fabrice Piot. M. Janvier responsable de l’Europe du Sud avait pris le relais. Depuis peu, il est épaulé par Philippe Baudillon, ancien directeur général de France 2. Ils vont maintenant devoir remobiliser leurs équipes et gérer avec les nouveaux détenteurs du contrat la question du transfert des salariés de France Rail. a Laurence Girard JUSTICE LE DIRIGEANT DU FABRICANT DE BOULONS LENOIR ET MERNIER EST SOUPÇONNÉ DE S’ÊTRE ENRICHI ILLÉGALEMENT AVANT DE FAIRE FAILLITE Une nouvelle affaire de « patron-voyou » dans les Ardennes suscite la colère des salariés BOGNY-SUR-MEUSE (Ardennes) ENVOYÉ SPÉCIAL Une banderole tendue à l’entrée de l’usine et quelques inscriptions sur les murs traduisent la colère qui les ronge : « Pilleur », « voleur »… Depuis le 7 février, date de la mise en liquidation de leur entreprise spécialisée dans la production de boulons, les salariés de Lenoir et Mernier, à Bogny-sur-Meuse (Ardennes), ont le sentiment d’avoir été victimes d’un « patron-voyou ». Pour eux, Philippe Jarlot, qui dirigeait un groupe de plusieurs sociétés (dont Lenoir et Mernier), a non seulement très mal géré ses affaires, au point de devoir faire faillite, mais il s’est, de surcroît, enrichi illégalement en vendant des actifs à son seul profit. Les dégâts sont lourds. Sur les quelque 160 personnes employées dans le groupe, 133 ont été licenciées à la suite de la liquidation de la plupart des usines ayant appartenu à M. Jarlot. Mais une partie de la main-d’œuvre devrait finalement être épargnée par la casse sociale. Jeudi 6 mars, le tribunal de commerce de Charleville-Mézières a, en effet, accepté deux offres de reprise partielle qui prévoient de conserver une quarantaine d’employés. Mais il reste tout de même « 90 personnes sur le tapis », observe Me Xavier Médeau, l’avocat des salariés. Dans ce contexte, les personnels du groupe maintiennent leurs revendications : la désignation d’un médiateur et le versement d’une « prime supralégale » de 50 000 euros par salarié, en plus de l’indemnité conventionnelle de licencie- Pour se faire entendre, les personnels de l’entreprise de boulonnerie ont investi la gare de Charleville-Mézières, lundi 3 mars. Ils ont pu bloquer le trafic avant d’être chassés par la gendarmerie. ANGEL GARCIA/L’UNION DE REIMS ment. Ce bonus vise à « réparer le préjudice moral » que l’ex-patron de Lenoir et Mernier a causé aux salariés, explique Claude Choquet, délégué syndical CFDT. Une telle doléance s’inspire du traitement accordé, il y a un peu moins d’un an et demi, aux ouvriers de Thomé-Génot, ce sous-traitant automobile installé à quelques kilomètres de Bogny-sur-Meuse qui avait été laissé exsangue par un groupe américain (Le Monde du 22 novembre 2006). Pour se faire entendre, les salariés de Lenoir et Mernier ont multiplié les coups d’éclat au cours des dernières semaines : rassemblement devant un centre de tri postal, blocage de trains à la gare de Charleville-Mézières, etc. Parallèlement, ils ont écrit à l’Union des industries et des métiers de la métallurgie (UIMM) pour obtenir le paiement de l’indemnité excep- tionnelle qu’ils réclament. L’organisation professionnelle leur a opposé une fin de non-recevoir. Même réponse du côté du ministère de l’économie, quand un conseiller de Christine Lagarde a reçu une délégation syndicale, le 27 février. M. Choquet espère, malgré tout, que les services de l’Etat, les collectivités locales et les acteurs du monde économique feront un geste. Une réunion doit se tenir en début de semaine prochaine à la préfecture des Ardennes. En attendant, la justice vérifie les accusations lancées contre M. Jarlot. « Une enquête a été confiée au SRPJ de Reims », affirme Francis Nachbar, procureur de la République de Charleville-Mézières. Plusieurs salariés ont déjà été entendus, quelques semaines après la plainte déposée par les personnels du groupe. Le conseil général des Ardennes a aussi l’intention d’engager une procédure judiciaire pour demander des éclaircissements sur l’utilisation d’une « avance remboursable » de 300 000 euros qu’il a attribuée à l’une des sociétés de M. Jarlot, indique Me Pierre Blocquaux, l’avocat du département. Pour l’heure, l’ex-patron de Lenoir et Mernier réserve ses réponses au SRPJ. Son conseil, Me Ahmed Harir, conteste les « paroles en l’air » lancées par les salariés. Si des « mouvements suspects » s’étaient produits, l’administrateur judiciaire les aurait remarqués et signalés au parquet, argumente l’avocat, ajoutant que M. Jarlot n’était pas seul pour diriger l’entreprise. a Bertrand Bissuel
Slide 18: 18 Economie & Finances 0123 Samedi 8 mars 2008 Ecofrictions Heathrow, L’Islande, victime du « credit crunch » CELA devient une histoire classique de « credit crunch », c’est-à-dire de pénurie de crédit. Une entreprise utilise de la dette bon marché comme levier pour se développer de façon agressive et le plus vite possible. Puis le marché se retourne, et elle se retrouve elle-même en difficulté. Et voilà des traders, actifs sur les marchés dérivés, de parier que ce phénomène – jusqu’à présent circonscrit aux entreprises – pourrait concerner un pays tout entier. Ainsi, pour certains, l’Islande, surnommée « LBO économie », semble avoir déjà franchi la première étape. Ses trois plus grandes banques, Kaupthing, Landsbanki et Glitnir, ont utilisé de la dette bon marché pour procéder à des acquisitions à l’étranger, à vingt reprises en 2007, pour un montant de 7 milliards d’euros. Cela a certes favorisé la croissance de l’économie (+ 6 %), mais le secteur bancaire local détient désormais des actifs représentant huit fois le produit intérieur brut de l’Islande. Des participations croisées étroites unissent par ailleurs les trois grandes banques aux entreprises islandaises. Avec la pénurie de crédit, l’écart de taux de la dette de Kaupthing s’est creusé. L’agence de notation Moody’s a d’abord abaissé la note des trois banques avant de le faire pour l’ensemble du pays. Le premier ministre, Geir Haarde, et ces établissements bancaires ont engagé une bataille de communication contre ce qu’ils qualifient de défiance irrationnelle – Kaupthing a levé 1,1 milliard d’euros sous forme d’un placement privé avec des banques américaines et européennes le 4 mars. Ils ont probablement raison : les trois banques paraissent solides. Elles respectent les ratios prudentiels, ont porté à 50 % la part des actifs étrangers et ne sont pas exposées aux subprimes. Attaques spéculatives Mais, même si les banques ne sont pas en défaut, c’est la malchance de l’Islande d’être aussi dépendante des marchés financiers actuels. Certains traders pensent que le moment est venu de lancer des attaques spéculatives. Aussi solide soit la performance de ses banques, l’Islande est exposée en raison de cet effet de levier, de l’enchevêtrement de participations croisées et de sa petite taille. Ce n’est donc pas une surprise si M. Haarde a demandé cette semaine aux établissements bancaires concernés de revoir à la baisse leur programme d’acquisitions. a George Hay TABLEAU DE BORD Japon Le gouvernement nippon a officiellement proposé au parlement de nommer l’ancien viceministre des finances, Toshiro Muto, au poste de gouverneur de la Banque du Japon (BoJ), vendredi 7 mars. Le gouvernement conservateur prend le risque de voir cette nomination rejetée la semaine prochaine par le parlement nippon dont l’une des deux chambres est contrôlée par l’opposition, hostile à M. Muto. Les réserves de change du Japon ont atteint 1 007,98 milliards de dollars, le 29 février, gonflées par l’euro fort et par la hausse des prix des bons du Trésor américain, a annoncé le ministère des finances, vendredi 7 mars. Fin janvier, elles s’élevaient à 996,4 milliards. un terminal trop luxueux ? ne cathédrale céleste de verre et d’acier en forme de hangar aux lignes à la fois simplissimes et monumentales : la nouvelle aérogare et ses deux satellites sont une cité mutante, parée de tous les superlatifs nécessaires aux retrouvailles avec le ciel. La plus riche, la plus moderne, la plus écologique. Signée Richard Rogers, l’un des architectes du Centre Pompidou, le nouveau terminal 5 de l’aéroport londonien d’Heathrow doit accueillir tous les vols, nationaux comme internationaux, de la compagnie aérienne britannique British Airways à partir du 27 mars. Comment expliquer, dès lors, cette étrange impression de claustrophobie qui saisit le visiteur de cet édifice brillant et spectaculaire au style ouvert ? Malgré la présence de 9 000 sièges assis, le superbe ouvrage est franchement suffocant. C’est qu’à l’instar du terminal Eurostar de Saint-Pancras, l’espace d’accueil a été délibérément sacrifié sur l’autel du shopping. A l’image de ses six salons classe affaires sur 15 000 mètres carrés et de ses 142 magasins et 25 restaurants, le T5 se veut une galerie de luxe où le voyageur en classe affaires ou en première ne sait plus où donner de la tête. Dominantes dans les aéroports bri- U A l’instar de la gare Eurostar de SaintPancras, l’espace d’accueil a été sacrifié sur l’autel du shopping tanniques, les enseignes de fastfood sont d’ailleurs persona non grata dans ce nouvel aérogare forcément high-tech. Cette stratégie haut de gamme est loin de faire l’unanimité. « Les passagers veulent embarquer le plus rapidement possible au lieu de tuer le temps à faire du shopping », souligne un concurrent de BA, à propos de l’aéroport le plus congestionné d’Europe, « le problème est qu’un terminal seul ne fait pas un aéroport. Il leur manque toujours une piste pour concurrencer leurs rivaux, Paris ou Amsterdam, et la flexibilité qui va avec. » Pour le célèbre designer Sir Terence Conran, « l’accent sur le commerce a transformé Heathrow en endroit vraiment horrible, un bazar oriental dans le pire sens du terme ». Mais la transformation d’un aéroport en espace commercial huppé est rentable. En 2006, le shopping à Heathrow a rapporté 600 millions de livres (784 millions d’euros) à la British Airports Authority (BAA), l’opérateur en charge de l’aéroport londonien, contre 900 millions de livres (1 176 millions d’euros) de droits aériens. « Il s’agit d’une clientèle rêvée présélectionnée, cossue et bien policée et qui a du temps pour dépenser sans compter. C’est pourquoi les emplacements situés près des salons sont particulièrement recherchés », explique Richard Hyman, président de Verdict Research, un bureau conseil spécialisé dans la distribution. A l’évidence, Marie-Antoinette aurait adoré faire du lèche-vitrines au « Five ». Trêve de démagogie, répond BA, qui n’a jamais donné, il faut le reconnaître, dans le misérabilisme. Yanik Hoyles, directeur de l’avionneur britannique pour l’Europe de l’Ouest et du Nord, dément que le bonheur des uns fasse le malheur des autres : « Notre compagnie s’est toujours concentrée sur la classe affaires, qui nous procure l’essentiel de notre chiffre d’affaires et de nos profits, mais jamais au détriment du passager éco. T5 lui offre un environnement moins stressant. » a Marc Roche (Londres, correspondant) Etats-Unis Les procédures de saisie engagées sur des prêts immobiliers ont atteint un niveau record au quatrième trimestre aux EtatsUnis, illustrant les difficultés croissantes des emprunteurs « subprime », a indiqué l’association des banquiers hypothécaires (MBA), jeudi 6 mars. Au quatrième trimestre, 0,83 % des prêts hypothécaires aux EtatsUnis sont entrés dans une procédure de saisie immobilière, ce qui représente une hausse de 0,05 point sur un trimestre et de 0,29 point sur un an. C’est le niveau le plus élevé enregistré depuis que la MBA a commencé à compiler ces données, en 1985. Il est difficile de devenir riche en travaillant dans la finance WARREN BUFFET est rassurant pour l’industrie de la finance. Le sage d’Omaha (Nebraska) a été consacré l’homme le plus riche du monde par le magazine Forbes, devant Bill Gates, le fondateur de Microsoft. M. Buffet doit sa fortune aux investissements de Berkshire Hathaway, au départ une entreprise spécialisée dans le textile, qui est vite devenue un fonds d’investissement. Le talent de M. Buffet pour déceler les bonnes affaires et éviter les mauvaises est légendaire. Peu d’investisseurs peuvent rivaliser avec lui dans ce domaine sur la liste dressée par Forbes. Seules huit des cent personnalités les plus riches du monde ont fait fortune dans la finance. Et seules trois d’entre elles – Carl Icahn (46e), Petr Kellner (91e) et George Soros (97e) – peuvent se prévaloir d’une perspicacité « à la Buffet ». De fait, pour gagner beaucoup d’argent en ce moment, le mieux est de se bâtir un empire dans un pays pauvre. Quinze des vingt personnalités les plus riches du classement de Forbes – et 42 parmi les SICAV ET FCP SÉLECTION publiée sous la responsabilité de l'émetteur Dernier cours connu le 7/3 à 9h LES BOURSES DANS LE MONDE 7/3, 10h Pays Indice Dernier cours % var. Maxi 2008 Mini 2008 PER VALEURS DU CAC40 Vendredi 7 mars 9h45 Valeur Dernier cours Cours préc. % var. % var. /préc. 31/12 Plus haut Plus bas Divid. net Code ISIN FRANCE CAC 40 CAC Mid100 CAC Small 90 SBF 250 4604,31 7/3 6732,98 7/3 6719,88 6/3 3316,44 6/3 6484,53 7/3 5671,50 7/3 7109,65 7/3 2220,50 6/3 -1,58 -1,79 -0,07 -1,60 -1,62 -1,65 -2,20 -2,30 5665,94 2/1 7736,69 2/1 8124,81 2/1 3953,69 2/1 8100,64 2/1 6534,70 4/1 8421,00 3/1 2661,50 2/1 4505,14 22/1 5759,58 22/1 6034,08 22/1 3175,77 22/1 6384,40 23/1 5338,70 22/1 6950,91 22/1 11634,82 22/1 2202,54 23/1 12572,68 22/1 10,50 cent premières – ont suivi ce modèle. C’est le cas du roi des télécommunications, le Mexicain Carlos Slim (2e) ou d’Abdul Aziz Al -Ghurair (100e), le banquier des Emirats arabes unis – ce pays était en développement quand cet homme d’affaires a commencé sa carrière. Cet état des lieux fait sens. Il y a traditionnellement peu de concurrents dans les pays pauvres, où il est donc plus facile de dégager de gros profits. Les connexions avec les réseaux politiques semblent aussi rapporter plus dans les pays en développement. Les marchés financiers, eux, sont à l’autre extrémité du spectre. Ils sont très concurrentiels, ouverts à tous et plutôt transparents, conformément aux standards des pays riches. Nombre d’entre eux sont des jeux à somme nulle, où les gains sont compensés par des pertes. Voilà pourquoi les multimilliardaires issus de ce monde sont si rares. a Edward Hadas 11,30 10,70 10,80 11,60 12,10 18,20 12,90 ALLEMAGNE ROYAUME UNI SUISSE ETATS-UNIS DAX Index FTSE 100 index Swiss market Nasdaq composite Dow Jones ind. 12040,39 6/3 Nikkei 225 12782,80 7/3 -1,75 13279,54 2/1 -3,27 15156,66 4/1 JAPON PER - Price Earning Ratio (ou cours/bénéfice) : cours de Bourse divisé par le bénéfice par action estimé pour l'exercice courant. PER : Jacques Chahine Finances ; données : la Cote Bleue. n/d : valeur non disponible. COURS DE L'EURO Achat Vente OR VENDREDI 7 MARS 10h Cours % var. dollar us ................................1,5388...........1,5390 yen .......................................157,0900 ......157,1100 couronne tchèque.............25,1390.........25,1590 couronne danoise ...............7,4503...........7,4513 livre sterling.........................0,7644...........0,7645 forint hongrois...............264,9800 ......265,9800 zloty polonais ......................3,5640...........3,5740 couronne suédoise ..............9,3929...........9,3979 couronne slovaque ..........32,6060.........32,7070 franc suisse ...........................1,5717...........1,5721 couronne norvég. ...............7,8774...........7,8814 rouble...................................36,6260.........36,7260 livre turque...........................1,9152...........1,9252 dollar australien ................1,6514...........1,6524 dollar canadien...................1,5128...........1,5138 yuan chinois .......................10,9303.........10,9403 won sud-coréen ............1460,3000 ....1461,3000 dollar néo-zéland...............1,9254...........1,9354 rand sud-africain .............12,3438.........12,3538 ONCE D'OR EN DOLLAR ..........976250,0099339,7 8 PÉTROLE VENDREDI 7 MARS 10h Cours % var. LIGHT SWEET CRUDE.....................104,94.......-0,50 TAUX TAUX D'INTÉRÊT LE 7/3 Taux j.le j. Taux 3 mois Taux 10 ans Taux 30 ans france royaume-uni italie allemagne japon états-unis suisse 4,02 5,31 4,02 4,02 0,59 3,12 2,40 4,43 5,77 4,43 4,43 0,98 2,99 2,80 4,03 4,49 4,41 3,78 1,36 3,59 2,96 4,56 4,45 5,01 4,44 2,37 4,50 3,42 ACCOR ............................◗ AIR FRANCE-KLM .............◗ AIR LIQUIDE ......................◗ ALCATEL-LUCENT .............◗ ALSTOM.............................◗ ARCELORMITTAL ..............◗ AXA....................................◗ BNP PARIBAS ....................◗ BOUYGUES........................◗ CAP GEMINI ......................◗ CARREFOUR ......................◗ CREDIT AGRICOLE ............◗ DANONE............................◗ DEXIA.................................◗ EADS ..................................◗ EDF .....................................◗ ESSILOR INTL.....................◗ FRANCE TELECOM ............◗ GAZ DE FRANCE................◗ LAFARGE............................◗ LAGARDERE ......................◗ L'OREAL .............................◗ LVMH MOET HEN.............◗ MICHELIN ..........................◗ PERNOD RICARD ..............◗ PEUGEOT ...........................◗ PPR .....................................◗ RENAULT ...........................◗ SAINT-GOBAIN.................◗ SANOFI-AVENTIS .............◗ SCHNEIDER ELECTRIC.......◗ SOCIETE GENERALE ..........◗ STMICROELECTRONICS ...◗ SUEZ...................................◗ TOTAL ................................◗ UNIBAIL-RODAMCO ........◗ VALLOUREC.......................◗ VEOLIA ENVIRON. ............◗ VINCI..................................◗ VIVENDI.............................◗ 45,95 16,44 92,98 3,53 137,75 49,86 20,55 57,32 43,60 34,00 47,72 17,25 51,56 14,85 17,58 61,61 39,81 21,41 37,12 111,78 49,99 76,10 66,27 61,90 68,80 48,70 86,71 64,42 48,61 47,39 76,87 64,72 7,19 40,98 48,53 168,66 143,46 51,13 43,56 25,47 46,00 16,51 93,91 3,58 140,42 50,69 21,13 57,90 44,57 34,51 48,34 17,45 51,90 15,13 17,73 60,50 39,57 21,51 37,26 112,93 50,52 76,84 67,04 63,51 69,45 49,54 88,28 66,38 49,25 47,73 77,40 66,32 7,28 41,29 48,78 170,47 145,04 54,96 44,25 25,81 -0,11 -16,00 -0,42 -31,64 -0,99 -8,66 -1,40 -28,69 -1,90 -6,29 -1,64 -6,26 -2,74 -24,97 -1,00 -22,77 -2,18 -23,51 -1,48 -20,93 -1,28 -10,45 -1,15 -25,23 -0,66 -16,03 -1,85 -13,71 -0,85 -19,47 1,83 -24,39 0,61 -8,80 -0,46 -13,04 -0,38 -7,20 -1,02 -10,22 -1,05 -2,53 -0,96 -22,33 -1,15 -19,85 -2,54 -21,15 -0,94 -12,97 -1,70 -6,08 -1,78 -21,17 -2,95 -33,59 -1,30 -24,62 -0,71 -24,75 -0,68 -17,06 -2,41 -30,11 -1,24 -26,63 -0,75 -12,00 -0,51 -14,60 -1,06 12,50 -1,09 -22,52 -6,97 -18,13 -1,56 -14,00 -1,32 -18,83 55,75 24,61 105,21 5,15 153,60 54,15 27,60 75,41 57,25 43,58 53,75 23,38 64,00 18,65 22,20 83,90 44,39 26,14 43,47 125,45 54,68 99,26 83,93 79,90 79,97 53,68 112,76 99,16 65,26 66,90 94,29 93,52 9,89 49,35 59,50 174,41 185,25 64,00 50,80 31,60 44,47 16,21 82,15 3,52 113,15 35,35 20,06 57,00 43,54 31,12 43,52 17,05 50,10 13,27 15,01 56,93 35,00 21,35 33,35 102,65 42,63 74,25 61,95 55,12 61,65 44,78 79,90 64,41 46,50 47,34 69,01 62,52 7,16 37,70 46,41 136,51 120,02 48,81 39,60 25,01 2,95 0,48 4,00 0,16 0,80 0,21 1,06 3,10 1,20 0,70 1,03 1,15 2,00 0,61 0,10 0,58 1,10 1,20 1,10 3,00 1,20 1,18 0,35 1,45 1,26 1,35 3,00 3,10 1,70 1,75 3,00 5,20 0,19 1,20 1,00 1,70 4,00 1,05 0,47 1,20 T T T T T A T T T T T T T T T A T T T T T T A T S T T T T T T T T T A A S T A T FR0000120404 FR0000031122 FR0000120073 FR0000130007 FR0010220475 LU0323134006 FR0000120628 FR0000131104 FR0000120503 FR0000125338 FR0000120172 FR0000045072 FR0000120644 BE0003796134 NL0000235190 FR0010242511 FR0000121667 FR0000133308 FR0010208488 FR0000120537 FR0000130213 FR0000120321 FR0000121014 FR0000121261 FR0000120693 FR0000121501 FR0000121485 FR0000131906 FR0000125007 FR0000120578 FR0000121972 FR0000130809 NL0000226223 FR0000120529 FR0000120271 FR0000124711 FR0000120354 FR0000124141 FR0000125486 FR0000127771 Cours en euros. ◗ : valeur pouvant bénéficier du service de règlement différé (SRD). # : valeur faisant l'objet d'un contrat d'animation. Plus haut et plus bas : depuis le 1/1/2008. n/d : valeur non disponible. A : acompte, S : solde, T : totalité. Pour plus de commentaires, connectez-vous sur breakingviews.com Retrouvez l’ensemble des cotations sur notre site Internet : http://finance.lemonde.fr (Publicité) ATOUT EURO MONDED ATOUT FRANCE C ATOUT FRANCE D ATOUT MODERATIONSC ATOUT MONDE C ATOUT VERT HORIZ C ATOUT VIVACTIONS C CAPITOP EUROBLIG C CAPITOP EUROBLIG D CAPITOP MONETAIREC CAPITOP REVENUS D ATOUT HORIZON DUO 37,31 214,60 169,73 112,16 39,03 15,53 110,14 127,39 83,62 215,42 159,27 10,00 5/3 5/3 5/3 5/3 5/3 5/3 5/3 5/3 5/3 7/3 5/3 4/3 CM-CIC ACTS USA CM- CIC ACTS JAPON CIC PROFILE EQUILI CM-CIC TEMPERE CIC PLAN BOURSE CIC FRANCE D CIC EUROLEADERS C 6,46 4,11 19,25 163,17 12,68 32,97 40,04 4/3 4/3 5/3 5/3 5/3 6/3 6/3 LBPAM ACTIONS PACIFIQUE D LBPAM MONETAIRE 1 C LBPAM MONETAIRE E LBPAM MONETAIRE1D LBPAM OBLI COURT TERME C LBPAM OBLI COURT TERME D LBPAM OBLI LONG TERME 1 C LBPAM OBLI LONG TERME 1 D LBPAM OBLI MOYEN TERME C LBPAM OBLI MOYENTERME D LBPAM OBLI MONDE C LBPAM OBLI MONDE D LBPAM OBLI REVENUS LBPAM PROFIL 80 PEA D LBPAM PROFIL 100 C LBPAM PROFIL 100 D LBPAM PROFIL 15 C LBPAM PROFIL 15 D LBPAM PROFIL 50 C LBPAM PROFIL 50 D LBPAM PROFIL 80 C LBPAM PROFIL 80 D LBPAM PROFIL 80 PEA C LBPAM TRESORERIE 2 C LBPAM TRESORERIE 2 D 16,07 123,20 56172,74 108,63 23,54 18,10 141,90 130,02 231,59 181,43 150,98 129,07 758,15 82,08 74,13 67,98 219,20 200,82 226,35 207,93 235,87 217,32 89,62 3059,86 2319,87 5/3 5/3 5/3 5/3 5/3 5/3 5/3 5/3 5/3 5/3 5/3 5/3 5/3 5/3 5/3 5/3 5/3 5/3 5/3 5/3 5/3 5/3 5/3 6/3 6/3 5/3 5/3 6/3 5/3 5/3 5/3 5/3 5/3 5/3 5/3 5/3 5/3 5/3 F&C ASIA PACIFIC DYNAMIC A 14,28 F&C ASIA PACIFIC DYNAMIC I 14,29 F&C ASIA PACIFIC DYNAMIC X 14,35 F&C COM GL EM MKTS HDG 105,27 F&C DIVERS.GR. X GBP 98,45 F&C EMERGING MKTS. BD A USD 12,74 F&C ENHALPHAUKEQ I GBP 99,22 F&C ENHALPHAUKEQ X GBP 99,37 F&C EUR INFLATION LINK BD A 10,13 F&C EUR INFLATION LINK BD B 9,87 F&C EUROPEAN CORPORATE BD A 16,62 F&C EURO HIGH YLD BD A 12,57 F&C EUROP SM CAP A 14,46 F&C EUROPEAN EQTY A 15,43 F&C GL .EMG. MKT. A USD 27,54 F&C GL CONV BD AH 12,65 F&G GLOBAL CONVERTIBLE BD A 12,00 F&C GL REAL ESTATE A 13,36 F&C GTAA ALPHA FUND A 92,99 F&C GTAA ALPHA FUND I 93,45 21,19 F&C JAPAN.EQTY A F&C NORTH AMER EQ. A 18,70 F&C PACIFIC EQTY A 41,54 F&C STEWARDSHIP INT A 8,46 F&C STEWARDSHIP INT I 8,79 6/3 6/3 6/3 6/3 6/3 6/3 6/3 6/3 6/3 6/3 6/3 6/3 6/3 6/3 6/3 6/3 6/3 6/3 5/3 5/3 6/3 6/3 6/3 6/3 6/3 F&C US SMALL COMP A USD 74,47 6/3 F&C US SMALL COMP C USD 8,13 6/3 ...................................................................................... ...................................................................................... ...................................................................................... ...................................................................................... ...................................................................................... ...................................................................................... ...................................................................................... ...................................................................................... ...................................................................................... ...................................................................................... ...................................................................................... ...................................................................................... ...................................................................................... ...................................................................................... ...................................................................................... ...................................................................................... ...................................................................................... ...................................................................................... ...................................................................................... ...................................................................................... ...................................................................................... ...................................................................................... ...................................................................................... Valeur Cours date Multi-promoteurs CM EUROPE ACTIONS 27,29 24,22 8,83 193,92 20,41 163,17 36,40 37,64 246,30 70,17 44,51 6/3 6/3 6/3 6/3 5/3 5/3 5/3 6/3 5/3 5/3 6/3 en euro valeur Fonds communs de placements EURCO SOLIDARITE MONELION JOUR C MONELION JOUR D SICAV 5000 SLIVAFRANCE SLIVARENTE SLIVINTER TRILION 259,47 555,37 429,24 164,22 251,71 41,03 125,19 776,04 87,17 186,16 148,35 164,83 135,84 165,48 60,29 201,01 310,47 97,27 5/3 6/3 6/3 5/3 5/3 4/3 5/3 5/3 5/3 5/3 5/3 5/3 5/3 5/3 5/3 5/3 5/3 4/3 CM ACTIONS EURO C CM SELECTION PEA CM OBLIG CT C CM MID ACTS EUROPE CM-CIC TEMPERE CM-CIC DYN.EUROPE CM FRANCE ACTION C CM MONDE ACTIONS CM-CIC EQUILIBRE CM MID-ACTS FRANCE Fonds communs de placements ECUR.1,2,3 FUTUR ECUR.ACTS EUROPEC ECUR.CAPIPREMIEREC ECUR.CAPITAL.C ECUR.DYNAMIQUE +D ECUR.ENERGIE D ECUR.EURIBOR ECUR.EXPANSION C ECUR.INVEST D ECUR.MONEPRE.INSTC ECUR.MONEPREMIEREC ECUR.SECURIPREM.C ECUREUIL SENSIPREM ECUR.TRESORERIE C ECUR.TRIMESTRIEL D 50,14 18,67 2666,67 55,18 40,04 44,63 1196,25 17568,45 54,18 113114,66 2308,60 2487,25 3290,98 64,20 259,61 5/3 5/3 5/3 5/3 5/3 5/3 5/3 5/3 5/3 5/3 5/3 5/3 5/3 5/3 5/3 Fonds communs de placements DYNALION EUROPE EGERIS AC 25-65C EGERIS AC 25-65D EGERIS AC 55-100C EGERIS AC 55-100D EGERIS AC PEA25-65 EGERIS ACPEA55-100 EGERIS PRUDENT INTERLION EGERIS OBJ CAC7000 Fonds communs de placements LBPAM ACTIONS AMERIQUE C 21,21 LBPAM ACTIONS AMERIQUE D 19,42 LBPAM ACTIONS DEVELDURABLE C 130,29 LBPAM ACTIONS DEVELDURABLE D 121,67 LBPAM ACTIONS EURO R 29,76 LBPAM ACTIONS FRANCE C 98,97 LBPAM ACTIONS FRANCE D 89,21 LBPAM ACTIONS INDICE FRANCE 38,81 LBPAM ACTIONS INDICE EURO 94,55 LBPAM ACTIONS MIDCAP C 115,01 LBPAM ACTIONS MIDCAP D 106,49 LBPAM ACTIONS MIDCAP E 9257,21 LBPAM ACTIONS MONDE C 196,96 LBPAM ACTIONS MONDE D 167,26 LBPAM ACTIONS PACIFIQUE C 18,08 5/3 5/3 5/3 5/3 5/3 5/3 5/3 5/3 5/3 5/3 5/3 5/3 5/3 5/3 5/3 LBPAM ACTIONS TELECOM 49,68 LBPAM 1ERE MOYEN TERME 11339,23 LBPAM 1ERE MONETAIRE E 8299,69 LBPAM ACTIONS EUROPE C 69,08 LBPAM ACTIONS FINANCE 78,87 LBPAM ACTIONS SANTE 91,30 LBPAM ACTIONS TECHNOLOGIE 20,60 LBPAM ACTIONS EUROPE D 67,43 LBPAM ALTERNA 10 R 118,61 LBPAM MONETAIRE I 594751,75 LBPAM OBLI CREDIT 128,32 LBPAM OBLI EUROPE C 118,62 LBPAM OBLI EUROPE D 106,27 ATOUT QUANTEURO D CAAM ACTS EUROPE C CAPITOP MONDOBLIG 113,30 332,67 67,85 166,31 502,59 5/3 5/3 5/3 5/3 5/3 Fonds communs de placements CM-CIC DYN.INTERN. CIC OBLI C.T. D CIC OBLIGATIONS D CIC EURO OPPORTUNI 27,15 133,38 25,22 33,80 5/3 6/3 6/3 6/3 Fonds communs de placements ATOUT EUROLAND D ATOUT EUROPE C FCP Multi-gestion
Slide 19: 0123 Samedi 8 mars 2008 Décryptages 19 Portrait Mohammed Chaïb PARCOURS 1962 Naissance à Tanger (Maroc). au Parlement catalan 1966 Première installation en Espagne. 1981 Etudes de pharmacie à l’université de Grenade (diplômé en 1988). 1994 Fonde l’association Ibn-Battuta, à Barcelone. 2003 Elu député au Parlement de Catalogne (réélu en 2006). 2008 Soutient le candidat socialiste, José Luis Rodriguez Zapatero. Du bled D’origine marocaine, il est député de Catalogne. Alors que la droite a fait de l’immigration un thème de campagne pour les élections du 9 mars, il poursuit son action en faveur de l’intégration T out le monde a quelque chose à demander à Mohammed Chaïb. Dans le hall fastueux du Parlement de Catalogne, son portable n’arrête pas de sonner. Le député regarde le numéro appelant, hésite à répondre, se sent coupable, décroche en soupirant. Selon l’interlocuteur, il enchaîne en catalan, en espagnol, en français, en arabe. C’est un membre du Parti socialiste catalan qui lui fait part d’un sondage pour les élections du 9 mars ; sa mère qui s’inquiète de savoir s’il va bien ; un Marocain de Barcelone qui lui demande de l’aider parce que son propriétaire veut résilier son bail… Il prend le temps de répondre, donne à l’un ses commentaires, fait à l’autre la promesse de passer la voir, propose au dernier l’aide de son avocat. La voix enjouée malgré la fatigue. « Depuis que je suis élu, les Marocains d’ici sont persuadés que je suis Dieu : un parlementaire qui vient de chez eux, comme eux, peut-il être un simple humain ? » Sa mère n’est pas seule à être fière de lui. A 45 ans, ce petit brun trapu et rieur qui vous tutoie aussitôt est un symbole : le premier parlementaire d’origine marocaine en Espagne, le premier député musulman au pays d’Isabelle la Catholique, encore si profondément imprégné par l’autorité de l’Eglise. Député socialiste au Parlement de Catalogne depuis 2003, Mohammed Chaïb est un signe de la nouvelle Espagne. De cette terre d’émigration devenue soudain terre d’immigration ces dix dernières années. La droite espagnole en fait un thème de campagne. Les étrangers représentent 10 % de la population, et les plus nombreux sont les Marocains. Contrairement à la plupart d’entre eux, Mohammed Chaïb n’a pas traversé la mer dans les années 1990, de forte croissance en Espagne, mais dans les années 1960. Ses parents, ne sachant ni lire ni écrire, n’en pouvaient plus de leur vie de misère en banlieue de Tanger. Son père, Ayachi, avait choisi sa femme, une jeune fille de 14 ans, parmi les familles voisines. Ils avaient eu leurs quatre premiers enfants. Le travail manquait. Avec ses copains d’infortune, le père s’est mis à rêver. A prononcer les mots magiques : « France », « Hollande », « Allemagne », « plein-emploi », « beaucoup d’argent ». Pour y accéder, un passage obligé : l’Espagne. Un jour de 1963, Ayachi Chaïb a pris le bateau pour Algésiras. En pleine dictature franquiste, alors que les immigrés se comptaient sur les doigts de la main, il a obtenu une carte tamponnée du ministère de l’emploi. Sur le chemin de la France, il a fait escale à San Boi de Llobregat, près de Barcelone, a trouvé un boulot aux cuisines… et il s’est arrêté là. C’était le premier Marocain que l’on voyait à San Boi. En 1966, il a fait venir sa femme et ses enfants. Mohammed avait 4 ans. Mohammed Chaïb s’amuse du hasard qui l’a amené là, sous les dorures du Parlement de Catalogne. Avec sa famille, il avait pourtant dû faire à l’envers le chemin de l’exil, en 1975 : le conflit entre l’Espagne et le Maroc sur le Sahara avait bloqué le père à l’entrée de l’Espagne, après un séjour au bled. Toute la famille, agrandie à huit enfants, se réinstalle alors à Tanger. Retour à la case départ… ou presque : grâce à ses économies espagnoles, Ayachi acquiert une maison et un minuscule café. Mohammed, 13 ans, rêve de continuer l’école. Faute de maîtriser l’arabe, il aide son père au café. « J’étais perdu. Je ne parlais que le castillan et le catalan. Je ne pouvais pas aller à l’école ni jouer dans la rue. On m’appelait “l’Espagnol”. » Au café, les clients font des parties de dames. Mohammed entend l’un d’eux commenter le jeu en castillan. Il se jette sur lui. Celui-ci lui apprend l’existence d’une école espagnole, à 5 km de la maison. Trop loin pour ses sœurs, pas assez motivant pour ses frères. Il est le seul de la famille à vouloir étudier. 5 km à pied le matin, 5 km le soir. Un effort que ses parents acceptent sans comprendre et qui le conduira jusqu’à la faculté de pharmacie, à Barcelone. Puis à la politique. « Le joueur de dames habite toujours Tanger, il sait combien mon destin est lié à lui. Au Maroc, je suis la fierté, “le Député” », dit-il. Voilà comment le Marocain Mohammed Chaïb devint espagnol. Il précise : « espagnol, et d’abord catalan ». Non par idéologie, mais par situation. Non pas indépendantiste, mais sentimentale- ment attaché à son nouveau terroir : marié à une Catalane, père de deux enfants élevés à l’école publique catalane, arborant sur le revers de son costume un « pin’s » du drapeau catalan, participant à la San Jordi (fête catalane) et surtout supporteur quasi fanatique du FC Barcelone, contre le Real Madrid. Ne vous étonnez pas de rencontrer, à Tanger, des drapeaux et des maillots du FC Barcelone : Mohammed Chaïb, qui s’est démené pour créer au Maroc des « penias » (clubs officiels de supporteurs), est un prosélyte actif. Etre actif, chez lui, c’est une manie. Son diplôme de pharmacie en poche, il travaille dans un laboratoire, mais sa vraie vie se passe au service des autres. Et surtout de ceux qui ont le plus besoin de lui : les Marocains d’Espagne. Il fonde Ibn-Battuta, l’une des premières associations d’aide à l’intégration, fournissant aides juridiques et cours de catalan. Il cofonde le Conseil islamique, destiné à intégrer les musulmans dans cette société non musulmane et à former les imams en catalan. Avec l’essor spectaculaire de la communauté marocaine, il devient vite le médiateur indispensable entre les Marocains et l’administration catalane, entre la Catalogne et le Maroc. En 2003, le président du Parti socialiste catalan, Pascual Maragall, lui demande de se présenter aux élections législatives régionales. Il est élu, réélu. Agit. Milite pour la création d’une mosquée à Barcelone, « condition pour que les Marocains aient un sentiment d’appartenance à la Catalogne ». Ricard Zapata, professeur de sciences politiques à l’université Pompeu Fabra de Barcelone, salue « sa manière unique de créer des liens entre les communautés et de faire avancer la société espagnole ». Pour Mohammed Chaïb, la question la plus épineuse de l’immigration est le conflit entre les générations : faire accepter aux parents l’intégration de leurs enfants dans un monde qui n’est pas le leur. En se mariant à une Catalane, luimême en a fait douloureusement l’expérience. A ses propres enfants (15 et 6 ans), il demande de parler marocain et de l’accompagner à la mosquée. « Pour qu’ils sachent d’où ils viennent. Mon devoir est de le leur dire, mais c’est tout. Leur vie est à eux. » a Marion Van Renterghem Photo Martin Barzilai pour « Le Monde »
Slide 20: 20 Lelivredujour Débats 0123 Samedi 8 mars 2008 La colère de François Léotard Le cyclisme en danger L’organisateur de Paris-Nice et du Tour de France, ASO, semble plus préoccupé de ses intérêts privés que de ses obligations collectives n conflit oppose depuis plusieurs années l’Union cycliste internationale à la société Amaury Sport Organisation (ASO), organisatrice, notamment, de Paris-Nice et du Tour de France. Aujourd’hui, les dirigeants d’ASO ont décidé de ne plus respecter les règlements internationaux. Comment en eston arrivé là ? La réponse est simple : au-delà des divergences sur l’organisation du cyclisme professionnel, c’est le rôle même de l’UCI qui est contesté par un acteur qui estime que cette dernière est un obstacle à ses ambitions. Ne nous y trompons pas : ASO est une société anonyme, qui rend des comptes à ses actionnaires. L’UCI, quant à elle, est un organisme supranational démocratique, qui représente les intérêts de toutes les composantes du cyclisme. Ses revenus sont utilisés pour le développement et la promotion du cyclisme, au profit de tous ses acteurs, partout dans le monde. Dans leur tentative de s’emparer du pouvoir sans l’exercer dans les domaines qui ne les intéressent pas – contrairement à l’UCI –, les dirigeants d’ASO ne se soucient pas de défendre d’autres intérêts que les leurs. Ils ont réussi à faire croire qu’ils sont le Tour de France, donc que s’opposer à eux c’est s’attaquer au Tour. Ce procédé leur permet de faire passer tout ce qui contrecarre les intérêts commerciaux d’ASO pour un viol du patrimoine du cyclisme français. Cet écran de fumée tricolore doit être dissipé : le Tour de France n’appartient pas exclusivement à la société qui l’organise, mais aussi à ceux qui l’aiment et le font exister, au premier rang desquels les coureurs. Il faut avertir les amoureux A propos de Valérie Pécresse, ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche, il parle de « cette élégance des femmes de France dont nous admirons la permanence ». Au sujet de l’épouse italienne du président de la République, il évoque Milan « lorsque nos armées y entrèrent », en 1796. Mais il se rappelle avec tendresse les « fleurs fragiles et délicates » de Mai 68. Ce mélange de droite grand teint, galante et tricolore, et d’esprit frondeur, c’est François Léotard. Voilà plusieurs années que l’ancien chef du défunt Parti républicain s’est exilé de la politique. Il y revient avec un pamphlet rageur contre Nicolas Sarkozy. Etaitce bien nécessaire ? Tout n’a-t-il pas été dit ? C’est, en tout cas, savoureux. Ayant Ça va mal finir François Léotard Grasset, 138 p., 10 ¤ voté pour le candidat de son camp il y a dix mois, il ne s’en remet pas. Son livre est d’abord la feuille de température d’un électeur de droite qui va de plus en plus mal au fil des décisions, des déclarations, des inventions, des foucades de l’homme à qui il a choisi, avec 19 millions d’autres, de confier les destinées du pays. Le style enlevé, parfois surprenant, est efficace pour décrire, par exemple, « un gosse qui s’émerveille de la multitude de ses jouets » et qui se demande « quel est le cadeau qu’il faut ouvrir en premier » : un gros bombardier envoyé par George Bush, une centrale nucléaire « pour Chinois débutants », « un grand Mickey en plastique, un journaliste à plat ventre, plusieurs Guaino en peluche et des bons d’achat dans un catalogue du Medef ». Leste : « En 2007, lors de la fameuse rupture, on fait les gros câlins que l’on sait, imprudemment promis pendant la campa- gne. Comme si la danse du ventre donnait aux spectateurs le droit de partir avec la danseuse… » Grave : « La liaison qui est faite, au sommet de l’Etat, entre l’identité nationale et ce qu’à travers le mot immigration il faut bien appeler l’étranger (…), je souhaite qu’on l’évalue à l’aune de notre passé, de nos racines plurielles, de tout ce que le monde extérieur nous a apporté. » Tout à sa délectation morose, François Léotard s’autorise quelques facilités, comme de rythmer ses premiers chapitres en paraphrasant la Genèse (« Dieu vit que cela était bon… ») ou de déclarer sa flamme à Rama Yade, secrétaire d’Etat aux droits de l’homme, en écrivant que sa beauté lui donne « des droits sur l’homme » (il la félicite aussi pour ses propos lors de la visite du colonel Kadhafi). Ne posant pas à l’écrivain, mais prenant à écrire un plaisir communicatif, il trouve ses propres mots pour dire son indignation, sa tristesse, son exaspération et son inquiétude. Il s’insurge contre la rétention de condamnés ayant fait leur peine et contre la violation du principe de laïcité des responsables publics. Il déplore l’état des finances publiques. Il craint une dégradation des relations avec l’Allemagne. Sa sévérité ne vise pas seulement le chef de l’Etat. Impitoyable avec les socialistes, accablant pour les ministres d’ouverture, il est cruel pour les centristes et pour François Bayrou. Mais celui qui fut, dans les années 1980 et 1990, le très médiatique meneur de revue de la « bande à Léo » fait ses Pâques sur le dos de son ancien compagnon de balladurisme. Il change de ton, à la fin, pour demander au président : « Qu’est-ce qui t’a pris ? » et souhaiter, sans trop y croire, qu’il se corrige. Son pessimisme et son passéisme peuvent irriter, mais son regret des hommes d’Etat d’autrefois, respectueux de leur statut et du savoir-vivre républicain, emportera facilement l’adhésion. a Patrick Jarreau U Pat McQuaid Président de l’Union cycliste internationale du cyclisme : accepter les demandes d’ASO signifierait transformer le cyclisme professionnel en une ligue régie par l’organisateur dominant et non un organisme représentant l’intérêt collectif. Actuellement, ASO refuse l’inscription de Paris-Nice dans un calendrier déterminé à l’issue d’un processus démocratique. Elle souhaite placer ses épreuves en dehors des règlements pour déterminer elle-même, à travers des contrats avec les équipes, les règles auxquelles celles-ci sont soumises. Surprenant soutien du ministre Cet acte d’insubordination crée une situation d’instabilité dont souffrent de nombreux acteurs. ASO se livre à un chantage en utilisant le Tour de France, auquel les équipes s’estiment obligées de participer d’un point de vue économique ; elle les contraint donc à choisir entre leurs intérêts à court terme (participer illégalement à Paris-Nice pour ne pas risquer leur exclusion du Tour de France) et le respect d’une institution qui garantit le bon fonctionnement de leur sport à long terme. Mettre les équipes dans cette position représente un acte de sabotage de la structure mise en place au fil des ans par l’UCI pour inscrire chacun dans un cadre fédératif qui garantisse le respect de ses droits. Dans cette situation, la Fédération française de cyclisme risque une suspension pour avoir donné son aval aux infractions commises par les dirigeants d’ASO ; son président sera certainement convoqué devant une commission disciplinaire pour les mêmes raisons ; des coureurs pourraient être suspendus pour avoir participé à une course hors du cadre réglementaire de l’UCI. L’efficacité de la lutte antidopage est aussi menacée. L’UCI a obtenu de grands succès dans ce domaine, en particulier avec le passeport biologique, mais elle ne peut procéder à des contrôles dans une course hors calendrier. On peut estimer que l’UCI fait fausse route. Mais j’aimerais convaincre que la défense du système établi le justifie et ne peut faire l’économie de cette douloureuse démarche. Si quelqu’un porte, ici, une lourde responsabilité, ce sont les dirigeants d’ASO. Il faut, hélas !, déplorer le fait que les acteurs institutionnels, qui les premiers devraient défendre le rôle des fédérations internationales qui régulent leur sport suivant la Charte olympique, aient omis de le faire. Le ministère des sports français semble plus occupé à soutenir les projets d’ASO que motivé par la nécessité de rappeler à l’ordre un acteur privé qui ne respecte pas les règlements internationaux. En favorisant la sortie du cadre fédératif d’un organisateur, le ministère donne, de facto, sa bénédiction à la création d’une ligue privée. Etonnant pour un acteur qui a affirmé en novembre 2007 vouloir l’éviter ! Un pays peut-il contourner des règlements internationaux pour favoriser ce qu’il estime être les intérêts nationaux, qui par ailleurs ne sont nullement menacés mais manipulés par acteur commercial ? Un responsable politique peut-il devenir le complice d’un organisateur privé qui souhaite s’affranchir d’un cadre fédératif patiemment élaboré ? Il vaut la peine de se poser ces questions. a inspirez FIAT 500. VOITURE DE L’ANNÉE 2008 l’une des plus respectueuses de l’environnement seulement 110 G/km de co2 avec filtre à particules de série. Consommations mixtes (l/100 km - Dir. 99/100/CE) et émissions de CO2 (g/km) mini/maxi : 4,2/6,3 et 110/149.
Slide 21: 0123 Samedi 8 mars 2008 Débats 21 Ingrid et toutes les autres e visage émacié d’Ingrid Betancourt qui se substitue à l’image de l’Ingrid d’avant marquera cette Journée internationale des femmes car nous mesurons que ce n’est plus seulement sa libération qu’il faut arracher mais sa vie qu’il faut sauver. Visage symbole de la souffrance des femmes persécutées du monde, un monde où l’espérance survit peutêtre grâce aux Ingrid du monde. Car Ingrid Betancourt n’est pas la seule femme à être attaquée pour son engagement et menacée dans sa vie. Nous voulons les protéger toutes, célèbres ou anonymes, de notre solidarité. Nous n’avons que les mots pour le faire, mais ces mots, leur souffrance et leur courage face au terrorisme exigent que nous les disions. Il y a Ayaan Hirsi Ali, la brillante, la célèbre, celle qui n’est pas otage enchaînée mais femme libre à la langue déliée, menacée de mort pour délit de libre-pensée. Mais aussi Taslima Nasreen, l’écrivaine bangladaise, condamnée à mort par une fatwa, comme Salman Rushdie. Taslima Nasreen, cette femme courageuse qui a si longtemps lutté, doit aujourd’hui se terrer, elle aussi victime de la lettre de cachet des temps nouveaux. Qu’avez-vous fait, imprudentes, impudentes, immodestes ? Vous avez courroucé les islamistes ! Et vous encombrez, vous dérangez… Depuis sa fragile cachette indienne, Taslima Nasreen nous a crié : « Je ne suis plus qu’une voix désincarnée. » Nous sommes très inquiètes. Taslima, il ne faut pas qu’ils te brisent ! Et puis il y a celle dont le nom, ignoré des médias, n’est connu que des discrè- L’égalité salariale en panne Moins payées à travail égal, les femmes sont Célèbres ou inconnues, elles risquent leur vie ou leur liberté ou leurs droits. les plus touchées par le travail précaire ou partiel Il est urgent de les défendre contre toutes les oppressions et régressions L tes et pugnaces combattantes du droit des femmes : Sigma Huda, rapporteure spéciale de l’ONU sur la traite des personnes, elle aussi du Bangladesh. Un pays qui ne peut décidément pas tolérer ses citoyennes d’exception. Sigma Huda, emprisonnée dans des conditions inhumaines, après un procès sans observateur international, et que sa santé précaire expose à la mort si sa détention ne cesse pas. En ce 60e anniversaire de la Déclaration universelle, est-ce trop demander à la diplomatie française représentée au tristement célèbre Conseil des droits de l’homme que d’exiger sa libération et sa sécurité ? Et puis il y a les toutes les autres, les sans-grade, inconnues que le hasard a fait naître là où la Déclaration universelle des droits humains n’a, paraît-il, rien à faire, en Iran ou ailleurs. Nous apprenons l’existence de certaines d’entre elles au hasard des nouvelles glanées çà et là. Une recherche plus attentive, un rapport, un communiqué publiés par une ONG plus informée et plus réactive. Toutes des sorcières ! Ainsi Fawza Falih la Saoudienne, dont Human Rights Watch nous a annoncé qu’elle est condamnée à mort et doit être exécutée pour sorcellerie. Oui, au XXIe siècle, on peut encore exécuter pour sorcellerie en Arabie saoudite ! La preuve, Human Rights Watch nous a aussi appris que, le 2 novembre 2007, l’Egyptien Mustafa Ibrahim, pharmacien de son état, avait été exécuté à Riyad après avoir été déclaré coupable de sorcellerie. Est-ce utopique de penser que tout doit être fait pour empêcher la mise à mort de la « sorcière » Fawza ? Alors, nous revendiquons cette utopie, plus réelle que les bassesses de la Realpolitik. Nous sommes toutes des sorcières ! Et enfin il y a le combat quotidien de celles qui ne risquent pas leur vie à chaque pas mais doivent affronter les préjugés, la malhonnêteté intellectuelle, la calomnie lorsque, avec cette idée saugrenue que l’humanité doit progresser et non régresser, elles entendent défendre laïcité, égalité des droits et mixité si chèrement acquises. Comme elles, nous ne voulons pas que le droit à la différence soit prétexte à la différence des droits. Comme elles, nous voulons défendre pied à pied les valeurs universelles. Tous les jours. Même le 8 mars. a Marie-Christine Aubin, membre du bureau du Mouvement pour l’abolition de la prostitution et de la pornographie et de toutes formes de violences sexuelles et discriminations sexistes (MAPP) ; Diagne Chanel, présidente du Comité Soudan ; Huguette Chomski Magnis, présidente du Mouvement pour la paix et contre le terrorisme, Alliance internationale contre le terrorisme (MPCT) ; Monique Halpern, présidente de la Coordination française pour le lobby européen des femmes (CLEF) ; Malka Marcovich, membre du bureau international de la Coalition contre la traite des femmes (CATW) ; Florence Montreynaud, Encore féministes ! ; Sophie Ribot-Astier, administratrice et membre du bureau de Défense des enfants international (DEI) France ; Sabine Salmon, présidente de Femmes solidaires ; Josiane Sberro, vice-présidente de Primo Europe. E n mai 2007, le ministre du travail, des relations sociales et de la solidarité déclarait que l’égalité salariale entre hommes et femmes serait atteinte d’ici à 2010. Cet objectif ne semble guère réaliste si on le met en relation avec le constat fait par Dominique Meurs et Sophie Ponthieux dans leur étude « L’écart des salaires entre les femmes et les hommes peutil encore baisser ? » (Economie et statistique, l’Insee, 2007) : « En 2002, l’écart entre les salaires mensuels moyens des femmes et des hommes est de 25,3 %, soit à peine un point de moins que ce qu’il était en 1990. » Qui a raison du ministre ou des statisticiennes ? L’égalité salariale est-elle en route ou en panne ? Pour répondre, il faut poser la question de la mesure des inégalités. Il existe plusieurs façons de comparer les salaires masculins et féminins. Jean Gadrey Sociologue, université Lille-I ces principales de l’inégalité salariale. Selon Dominique Meurs et Sophie Ponthieux, « 75 % de l’écart des salaires proviennent des différences de structure des emplois, le facteur le plus important étant la durée du travail ». En dépit de la forte augmentation du niveau moyen d’éducation des femmes, leur concentration dans des secteurs d’activité et des métiers où les rémunérations sont faibles persiste. Les femmes sont très majoritaires dans les emplois classés comme non qualifiés, dont le nombre augmente vivement et atteint près de 6 millions. Le travail à temps partiel s’est fortement développé. Il concerne 31 % des femmes et seulement 6 % des hommes en 2006. La montée des emplois à temps partiel court dans le secteur des services à la personne (90 % de femmes), et celle du sous-emploi (personnes à temps partiel souhaitant travailler davantage), phénomène à 80 % féminin, sont des obstacles majeurs au progrès de l’égalité salariale. Le 1er février 2008, les caissières des hypermarchés ont fait grève contre le sous-emploi. Leurs revendications sont un travail à temps plein et de meilleurs salaires. Le temps partiel subi sort enfin de l’ombre ; sa résorption doit devenir une priorité des politiques de l’Etat et des entreprises. Sinon, contrairement aux promesses faites en 2007, l’écart important entre les revenus salariaux des hommes et des femmes continuera à stagner. a Salaires inférieurs de 25 % La première s’appuie sur l’écart entre les salaires horaires moyens à qualification égale. A travail égal, les femmes ont un salaire horaire inférieur d’environ 7 % à celui des hommes. C’est ce qu’on appelle parfois la « discrimination pure ». La deuxième méthode tient compte des différences de qualification et de temps de travail et mesure l’écart entre les salaires mensuels moyens. « Toutes choses inégales par ailleurs », les femmes ont, alors, un salaire mensuel inférieur de 25 % à celui des hommes. Selon les lois en vigueur en France, c’est le bilan de situation comparée des hommes et des femmes dans chaque entreprise qui sert d’outil de mesure des inégalités. Mais il ne prend en compte que la « discrimination salariale pure ». Ces lois ne s’attaquent donc pas aux sour- expirez FIAT 500 à partir de 110 g CO2 /km PANDA à partir de 114 g CO2 /km GRANDE PUNTO à partir de 116 g CO2 /km BRAVO à partir de 119 g CO2 /km PUNTO à partir de 119 g CO2 /km IDEA à partir de 122 g CO2 /km gamme éco citoyenne fiat DÉJÀ 6 MODÈLES AVEC BONUS ÉCOLOGIQUE GOUVERNEMENTAL.* * 6 modèles Fiat proposent des versions dont l’émission de CO2 est inférieure à 130 g/km donnant ainsi droit au bonus écologique gouvernemental pour l’achat d’un véhicule propre. Modalités d’application du bonus écologique gouvernemental selon décret 2007-1873. Consommations mixtes (l/100 km - Dir. 99/100/CE) et émissions de CO2 (g / km) : Fiat 500 4,2 et 110 (1.3 Multijet 75 ch) / 5,0 et 118 (Dualogic 1.2 69 ch) / 5,1 et 119 (1.2 69 ch) ; Panda 4,3 et 114 (1.3 Multijet 70 ch) / 5,4 et 127 (Dualogic 1.2 60 ch) / 5,5 et 129 (1.2 60 ch) ; Grande Punto 4,4 et 116 (Dualogic 1.3 Multijet 90 ch) / 4,5 et 119 (1.3 Multijet 75 ch et 90 ch) ; Bravo 4,5 et 119 (1.6 Multijet D.P.F. 105 ch) ; Punto 4,5 et 119 (1.3 Multijet 70 ch) ; Idea 4,6 et 122 (1.3 Dualogic Multijet 90 ch) / 4,7 et 124 (1.3 Multijet 90 ch) / 4,8 et 127 (Dualogic 1.3 Multijet 70 ch) / 4,9 et 129 (1.3 Multijet 70 ch). N° VERT : 00 800 34 28 0000 numéro vert international gratuit depuis un poste fixe partout en Europe. www.fiat.fr
Slide 22: 22 Reportage 0123 Samedi 8 mars 2008 Pour accueillir les Jeux olympiques, la capitale chinoise a entrepris des travaux gigantesques, mêlant architecture futuriste et techniques traditionnelles. Deux millions de travailleurs migrants ont été mis à contribution pour redessiner la ville Frédéric Edelmann Pékin, envoyé spécial Pékin, Les chantiers de la démesure C e n’est pas un métier simple de surveiller une ville comme Pékin, ni même de l’observer. Frank Palmer est photographe à grande échelle. A la manière d’un Yann Arthus-Bertrand qui regarde le monde de haut, ou d’un Andreas Gursky qui nous le montre en large, Palmer s’est spécialisé dans la construction XXL : les plus hauts ponts du monde, les plus hautes tours, les plus délirantes… et Pékin, théâtre du plus grand chantier de l’histoire, en prévision des Jeux olympiques 2008. Dans son objectif, parfois hissé au sommet d’une grue ou dans un hélicoptère, il a regardé surgir ces ouvrages d’art marqués du sceau de la démesure. Dernier en mes ou de riz, se partagent par dizaines date : le nouveau terminal de l’aéroport des baraques assez pestilentielles mais, de la capitale chinoise, construit par le Bri- avec un sens paradoxal de l’hospitalité, ils tannique Norman Foster, qui a accueilli sourient aux visiteurs coiffés de casques son premier vol-test international le d’emprunt aux couleurs des entreprises 29 février. Décrit comme le plus grand au étrangères. Ils ne sont pas très loquaces, monde, le nouveau bâtiment, composé de leur manière de parler, c’est de vous inviter deux grandes ailes symétriques, se présen- à boire un verre d’eau chaude entre les lits te comme la projection au sol d’un immen- à étages des baraques devant une télé crachotante. En même temps, il se oiseau de proie, un superleur arrive d’exprimer une be phénix qui se serait crashé C’est l’un véritable fierté. D’autant plus en douceur. Sa structure est grande que leur chantier est exceptionnelle d’intelligence, des grands prestigieux. de fluidité, d’élégance paradoxes Chaque corps de profesconstructive. de la Chine : sion vient d’une ville ou Dans ce bâtiment doté des la perpétuation d’une région et parle le technologies les plus avanmême dialecte, presque le cées, la peinture a été passée à à grande échelle même langage corporel : la la main, raconte, désolé, un de gestes grâce, lorsqu’ils sont affectés responsable technique de partagés depuis aux travaux du ciel, une fatil’Agence Foster, encore sous gue hirsute lorsqu’ils étenle choc de la vue des des millénaires dent à la pelle le béton dans 40 000 ouvriers qui travaillaient simultanément sur le site, sans les sous-sols. Les mingongs ne datent pas d’hier, pistolet ni machine à pression. C’est l’un des grands paradoxes de la Chine : la per- mais ils se sont multipliés et ils sont aujourpétuation à grande échelle de gestes parta- d’hui au service d’une architecture futurisgés depuis des millénaires par une main- te. Sur les chantiers, les techniques rappellent parfois celles de la construction tradid’œuvre innombrable et changeante. Les chantiers de Pékin occuperaient la tionnelle, mais appliquée à l’échelle des moitié des mingongs, ces travailleurs gratte-ciel, un capharnaüm assez proche migrants estimés à 4 millions ; soit 2 mil- d’une plage de Normandie au lendemain lions de personnes occupées à redessiner du Jour le plus long : ferrailles et blocs de la capitale. Ils viennent pour la plupart des béton jambes en l’air, trous surprises, poucampagnes, dépourvus de papiers, sans tres, planches, clous rouillés et plaques de droits réels, ni contrats, et ils estiment contreplaqué aux fonctions oubliées. Tout a changé d’échelle à Pékin, même avoir sur ces chantiers une vie « relativement » plus heureuse. On ne compte pour- si, comme dit Liu, un professeur de Tsintant pas les accidents, ni les morts, sauf ghua qui n’est pratiquement jamais sorti découverte fortuite par la presse. A la diffé- du quartier des universités, « Pékin n’est rence des protestations qui commencent à qu’une poussière de Chine ». Peu de temps avant le nouveau terminal se faire entendre chez les habitants déplacés des villes – parole qui n’est jamais sans de l’aéroport, c’est la livraison d’un autre risque –, il est rare que la loi du silence soit édifice qui a fait la fierté du pays, moins par son gigantisme que par sa plastique : brisée sur les chantiers. Les mingongs se nourrissent de légu- le Centre de natation, surnommé le « cube d’eau ». Dessiné par l’agence australienne PTW, avec le Chinois Zheng Fang, directeur du China Construction Design International (CCDI), voilà un édifice inhabituel par sa structure, un revêtement de bulles plastiques gonflées d’air, qui peut sembler un peu éphémère et fragile et dont Zheng Fang loue en premier lieu la durabilité : « Il est là pour cent ans au moins », ce qui en chinois simplifié peut se traduire ainsi : il n’est pas là pour l’éternité. Tout à côté du Centre de natation, le parc olympique, vaste espace vert situé au nord de la ville, héberge les principaux équipements olympiques. Leur architecture est souvent plus banale, mais un chefd’œuvre domine l’ensemble : le Grand Stade, le « Nid d’oiseau » de 91 000 places imaginé par le tandem suisse Herzog et de Meuron, associé à plusieurs architectes chinois et à l’artiste Ai Weiwei. Tandis que s’activent encore peintres et plâtriers, les représentants des architectes s’arrachent calmement les cheveux en conduisant la visite. Ils ont été formés à la prestigieuse université de Tsinghua, se sont perfectionnés en Suisse et savent donc dominer leur passion. Pas simple : Herzog et de Meuron, qui n’ont pas la passion de Foster pour les matières lisses, ont obtenu que les murs pleins de l’édifice soient peints à la main du plus beau rouge impérial. Un travail de fourmis, un travail de titans. Les officiels pékinois préféreraient du brillant, de la peinture au pistolet, ce que Foster n’a pas pu faire à l’aéroport. Ils auraient aimé quelque chose d’un peu plus « flashy ». Une fois de plus, la tradition devra-t-elle céder le pas au goût du clinquant de plus en plus présent dans la capitale ? La peinture, en Chine, n’est pas une affaire mineure. C’est une affaire de couches (sociales) et de persévérance. C’est ce qui faisait l’unité grise de Pékin, la rouge et Le Grand Stade, plus connu sous le nom de « nid d’oiseau », le centre de natation, « cube d’eau », et le nouveau terminal de l’aéroport comptent parmi les réalisations les plus spectaculaires de Pékin. PHOTOS PAOLO WOODS ; GREG BAKER/REUTERS ; REUTERS impériale dignité des murs de la Cité interdite tandis que le jaune ou le bleu des toits de céramique indiquait les hiérarchies dans l’ordre du pouvoir. Quand les froids seront passés, cette question fondamentale de la couleur ne restera sans doute pas secondaire pour les maîtres d’ouvrage du stade olympique. Les détails de la vie dans cette ville qu’est le Grand Stade en voie d’achèvement feraient presque oublier le spectacle que donne en lui-même l’édifice. Ainsi, alors que les principales structures n’étaient pas encore achevées et moins encore ce qu’on appelle le second œuvre et la « déco », les télévisions, secondées par quelques vedettes de variétés et le gratin de la mode, ont commencé à se faire la main en prévision du grand show du mois d’août. La pose des dernières grandes arches de la couverture de métal, en 2006, a été l’occasion de rassembler les divers corps de métier, chacun ayant adopté la tenue colorée de son entreprise. Au programme, un défilé de stars ou demi-stars de la télé. Applaudissements tranquilles, joies réelles mais dépourvues d’enthousiasme… E t pendant ce temps, dans les corridors conduisant de l’arène centrale à l’entrée du monument, boueux à souhait, dégoulinants encore de l’eau de bétons fraîchement coulés, des groupes de pin-up déjantées et sublimes, maquillées comme des palanquins, fumaient clope sur clope en attendant on ne sait quel signe de départ ou d’arrivée. Si les banches à béton ne sont pas étanches, les catégories sociales ainsi dessinées apparaissent infranchissables. Les chantiers olympiques ont bénéficié de l’expérience de Paul Andreu pendant la construction du Grand Théâtre national (l’Opéra), opération au long cours qui s’est étalée de 2003 à 2008. Il avait fallu faire venir la plus grande grue d’Allemagne, première du genre en Chine. La grue tentacu- laire était alors entourée par des dizaines de milliers d’ouvriers au moment les plus intenses de la construction, comme si toutes les machines, tous les outils de taille intermédiaire restaient inconcevables. Les soudeurs acrobates grimpaient déjà sans filet entre les poutres de la voûte, parfois en gardant leur harnais enroulé sur l’épaule pour assembler à plusieurs dizaines de mètres de haut les pièces d’un puzzle flamboyant dans la nuit. La grue a rejoint depuis le terrain du Grand Stade pour s’y multiplier par scissiparité. Et le spectacle se renouvelle sur chaque nouveau chantier d’envergure nationale. Pékin, plus grand chantier de l’histoire, progresse à pas de géant, mais plus on se rapproche de la date des Jeux (du 8 au 24 août), plus la nervosité des représentants de l’ordre public devient perceptible. Les habitants, tout comme les photographes, touristes et professionnels, redoutent par-dessus tout les milices payées (mal) par les promoteurs ou les entreprises. Les alentours du grand chantier de Qianmen, au sud de la place Tiananmen et à proximité du désert engendré par l’éclosion de l’Opéra, sont à cet égard parmi les plus périlleux, même s’ils sont aussi les plus observés par les défenseurs accablés de ce qui reste du vieux Pékin. Alors que Shanghaï a retrouvé sa maturité culturelle et décidé de protéger quelque 20 km2 des plus beaux quartiers de la ville, les autorités de Pékin n’ont pas pris grand soin des vieux quartiers de la capitale. En mai 2006, le ministre de la culture Sun Jiazheng avait publiquement regretté les destructions dans ce qui restait du vieux Pékin, sans parvenir à freiner l’avancée des bulldozers. Ce n’est que très récemment qu’il a été décidé de stopper des opérations de grande ampleur, à Qianmen comme à Shishahai, au cœur de la ville tartare. La querelle des anciens et des modernes fait rage dans les coulisses. La reconstruction « à l’identique » du Pékin disparu sera-t-elle le chantier prioritaire de l’après-2008 ? a
Slide 23: 0123 Samedi 8 mars 2008 Carnet Françoise Hallouin-Crimail, son épouse Et toute sa famille, 23 ont la grande tristesse de faire part du décès de « Vous aurez des tribulations dans le monde; mais prenez courage j'ai vaincu le monde. » Jean 16, v 33. Mme Yves Kruger, son épouse, Danielle et René Bondy, Elisabeth et Alain Kruger, Aviva et Jean-Yves Kruger, ses enfants, Jacques-André, Yvan, Léopold, Elia, Lucie, Matti, ses petits-enfants, M. et Mme Claude Kruger, Les familles Kruger-Licht, Virally, Dervieux, Bondy, Dion-Voirin, Brooks, ont la tristesse de faire part du décès de La cérémonie religieuse a eu lieu ce vendredi 7 mars, en l'église de Rolampont (Haute-Marne). De la part de Lucien Cruchant, son époux, Etienne et Anne Cruchant, Laurent et Catherine Cruchant, ses enfants, Jean-Baptiste, Bruno, Olivier, Claire et Blandine Cruchant, ses petits-enfants, L'abbé Claude Chevry, son frère, Bernadette et Paul Vigroux, sa sœur et son beau-frère Et toute sa famille. Simone Delbès, son épouse, Jean-Claude (†), Brigitte, Sylvie, Caroline, ses enfants, Jean-Marie, Silvia, Karine, Alvaro, Mathis, Léa, Tom, Gonzalo, Mathilde, Victor, ses petits-enfants, Ses familles, parents et alliés, ont le regret de faire part du décès de Caluire et Cuire (Rhône). Marie-Jeanne Dumont, sa petite-nièce et filleule, Ferdinand Boulot et sa famille, Marie-Noëlle Boulot, Yvette de Junemann et sa famille, Caradoc et Catherine Davies et leur famille, ses neveux et nièces, La famille Dumont, ont la tristesse de faire part du décès de Vingt ans. Sa famille, sa famille de cœur, Tous ceux qui ont aimé 0123 cette semaine Le Carnet Faites part de vos événements par téléphone : 01 57 28 28 28 par e-mail : carnet@mondepub.fr par fax : 01 57 28 21 36 au journal ou par courrier : Le Monde - Le Carnet 80 boulevard Auguste Blanqui 75707 Paris cedex 13 Louba, mère aux mille enfants, se souviennent pour toujours de son action exemplaire, de sa force rayonnante. Elle nous accompagnera toujours. Anne Lepage-Pludermacher, Bruno Pludermacher, Daniel Darès, Blanche Prager Et tous les enfants. Emmanuel CRIMAIL, survenu le 4 mars 2008. Une cérémonie religieuse aura lieu le lundi 10 mars, à 14 h 30, en l'église NotreDame de Grâce de Passy, Paris 16e. MUNICIPALES2008 ÉDITION SPÉCIALE TOULOUSE le mercredi 5 daté jeudi 6 mars Marie-Jeanne CRUCHANT, née CHEVRY, est entrée dans la paix du Seigneur, le 3 mars 2008, dans sa soixante-dixhuitième année. Mlle Yvonne PERAGLIE, survenu le 5 mars 2008, à l'âge de quatre-vingt-quinze ans. La messe de funérailles sera célébrée le mardi 11 mars, à 9 h 15, en l'église Sainte-Bernadette de Caluire. Marina Vanci-Perahim, son épouse Et les familles Vanci et Roman, Rosalia Perahim-Castan Et José Castan, sa fille et son gendre, ont la douleur de faire part du décès de À l'occasion de l'ouverture de l'exposition Goya graveur, présentée au Petit Palais, musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris, du 13 mars au 8 juin 2008, l'INHA organise une table ronde sur le thème Nouvelles perspectives sur l'œuvre gravé de Goya avec Juliet Wilson-Bareau, conseillère scientifique de l'exposition, Maryline Assante di Panzillo et Simon André-Deconchat, commissaires de l'exposition, Sébastien Allard et Véronique Gérard-Powell, le jeudi 13 mars 2008, de 14 heures à 17 heures, à l'Institut national d'histoire de l'art, salle Vasari. Entrée libre. Institut national d'histoire de l'art, 6, rue des Petits-Champs, Paris 2e, métro : Bourse ou Palais-Royal. « Qu'est-ce qu'une société juste ? » le 10 mars 2008, à la sorbonne. La conférence des « Lundis de l'économie » sera prononcée le lundi 10 mars, à 20 h 15, par Pierre Jacquet, économiste en chef de l'Agence française de développement sur le thème : « Quelle justice entre les nations ? L'aide au développement comme devoir moral ou calcul égoïste ? » Accès libre, sans inscription. Sorbonne, amphithéâtre Richelieu, entrée : 17, rue de la Sorbonne. Consultez sur le site de l'AJEF : www.ajef.net Renseignements : lundi.ajef@wanadoo.fr ou 01 34 51 83 71. Conférences Portrait Patti Smith, artiste totale Yves KRUGER, chevalier dans l'ordre national du Mérite, le 29 février 2008, dans sa quatre-vingt-cinquième année. L'inhumation a eu lieu dans l'intimité. Un service d'action de grâce sera célébré lundi 10 mars, à 18 heures, en l'église réformée du Luxembourg, 58, rue Madame, Paris 6e. La famille de Tarifs 2008 (prix à la ligne) Naissances, Anniversaires de naissance, Mariages, Fiançailles… : 18 g TTC Décès, remerciements, Avis de messe, Anniversaires de décès, Souvenirs : 24 g TTC Thèses : 15 g TTC Réduction abonnés Un justificatif d’identité sera demandé. Téléphone abonnements : 0 825 000 778 Archives Le Paris auquel on a échappé Rencontre La vie après la Bourse Maurice LIVARTOWSKI, a le regret de faire part de son décès, survenu le 2 mars 2008, à l'âge de quatrevingt-dix ans. Laurent Mallet, Eric Mallet, ses enfants, et leurs épouses, Anne et Renée-Laure, Julien, Romain, Clara, Juliette, Arthur, ses petits-enfants, Philippe et Nicole Patriat, Jérôme, Martin, Lucas, François et Monique Patriat, Delphine et Hugo, Julie et Pablo, ses neveux et petits-neveux, ont la douleur de faire part du décès de Jules PERAHIM, artiste peintre, survenu à Paris, le 2 mars 2008, à l'âge de quatre-vingt-treize ans. L'inhumation aura lieu le 8 mars, à 10 heures, dans le caveau familial, au cimetière du Père-Lachaise, entrée rue du Repos, Paris 20e, métro Père-Lachaise. 363 bis, rue des Pyrénées, 75020 Paris. Le GIP RENATER Et ses amis ont la grande tristesse de faire part du décès de Photos Les municipales vues d'Argenteuil Les AU CARNET DU «MONDE» Naissances Claude et Marie-Noëlle COTTET-PLANTAVID sont heureux d'annoncer la naissance, le 25 février 2008, de leur quatrième petit-enfant --------------------------------------------------- collections Jean DELBÈS, inspecteur honoraire de l'Education nationale, officier dans l'ordre national du Mérite, officier des Palmes académiques, survenu le 20 février 2008, à Aix-enProvence. Ses obsèques civiles ont été célébrées dans l'intimité familiale le 23 février, à Barcelonnette (Alpes-de-HauteProvence). « Avant d'Etre je n'étais Rien Vivant je fus peu de chose Mort je ne suis plus rien. » Éloïse chez Vincent et Karine, pour la plus grande joie de Alice, sa sœur, Emma et Thibault, ses cousins et de toute la famille. Annette MALLET, née LAGRANGE, survenu le 22 février 2008, à l'âge de quatre-vingt-sept ans. L'inhumation a eu lieu au cimetière de Chartres, dans la plus stricte intimité. Cet avis tient lieu de faire-part. M. Jacques PREVOST, Ancien élève de l'École Polytechnique (promotion 64), docteur ès Sciences physiques, survenu à Villebon-sur-Yvette (Essonne), le 3 mars 2008. Il a fait toute sa carrière au CEA, puis au sein du GIP RENATER et a été l'un des fondateurs de l'Association Aristote. Personne atypique, il a beaucoup œuvré pour le développement de l'Internet en France. Les nombreux amis de Tome 7 : Nietzsche En vente pendant une semaine dès le jeudi 6 mars 2, rue Gaston Lebeau, 94320 Thiais. Mme Michel GOMART, née Dominique BAYLE, nous a quittés le 5 mars 2008, dans sa quatre-vingt-dixième année. Catherine Ducroix, Anne et Jean-Paul Ribes, Jessé Gomart et Stéphanie Thiebault, ses enfants, Emilie et Marc Berg, Elizabeth et Brian Cross, Adrienne et Christophe Tiphaine, Jules Ribes, Paul Ducroix, Clément Ducroix, Hector Gomart, Louise Gomart, Anna-Livia Gomart, ses petits-enfants, Lhena, Jonathan, Gabrielle, Nina, Suzanne, Isabella et Camille, ses arrière-petits-enfants Et ses neveux et nièces, se retrouveront le lundi 10 mars 2008, au cimetière d'Houlbec-Cocherel (Eure), pour une messe à 14 h 30. Le Fresne, 4, rue du Lavoir, 27120 Houlbec-Cocherel. Marie, son épouse, Pierre, son fils, Delphine, Olivier et Thomas, ses petits-enfants, ont la douleur de faire part du décès de Paris. Sigloy (Loiret). Les Rousses (Jura). Renée Michon, son épouse, Luc Michon (†), Vincent et Christine Michon, Xavier et Anne Michon, Agnès Millerand (†), Marie Françoise et Bernard Gausset, Jean et Martine Michon, Christophe et Agnès Michon, Anne et Christian Matthieu, Claire Michon, ses enfants, Aude et Eddy, Erwan et Laetitia, Anne Tiphaine et Olivier, Marc, Laure et Stéphane, Cédric et Perrine, Alexis et Caroline, Pierane et Dirk, Mélanie, Maxime, Jocelyn et Delphine, Clémence et Aliocha, Coline, Adrien et Cécile, Claire Cécile et Cyrille, Pascal, Marine, Baptiste, Guillaume, Nicolas, Benjamin, ses petits-enfants, Emmanuel, Marie, Salomée, Abbygaël, Brivaëla, Kaline, Ambre, Lou, Antoine, Raphaël, Joséphine, ses arrière-petits-enfants, Hélène Michon, sa sœur, Nicole et Michel Desvignes, ses belle-sœur et beau-frère et leurs enfants, font part du rappel à Dieu du Anniversaires de naissance Mathilde, déjà dix-huit ans ! La vie commence. Tu es notre bonheur. Très bon anniversaire. Papa, Maman, Charles et Bélonie. Mauricette RAOUL-DUVAL, lui diront adieu le mardi 11 mars 2008, à 14 h 30, au crématorium de Clamart. Josselyne, Clovis, Robert, ses enfants, Christelle, sa petite-fille, ont la tristesse de faire part du décès de Le CD-livret de Dvorak Symphonie n° 9 du Nouveau Monde, James Levine Décès L'université de Paris Ouest Nanterre La Défense, Son président, Les enseignants de l'UFR des sciences psychologiques et des sciences de l'éducation, ont la tristesse de faire part du décès soudain de Débats L'association France-Israël organise une discussion-débat avec Éric Zemmour, journaliste au Figaro, autour de son ouvrage Petit Frère (éd. Denoël), le mardi 11 mars 2008, à 20 h 15, Maison de la Mutualité, 24, rue Saint-Victor, Paris 5e. Participation à prévoir. Réservation : 01 47 20 79 50. contact@france-israel.org avec Le Monde 2 du 7 mars ----------------------------------------------------- Grands cinéastes Le livre « Woody Allen » + le DVD « Tombe les filles et tais-toi » Mme Alice SALVADOR, survenu à Paris, le 3 mars 2008, à l'âge de quatre-vingt-treize ans. La cérémonie religieuse sera célébrée le samedi 8 mars, à 10 h 30, en l'église Notre-Dame-des-Champs, 91, boulevard du Montparnasse, à Paris 6e. Jean-Pierre ALMODOVAR, maître de conférences en psychologie. Ils s'associent à la douleur de ses proches. Le conseil d'administration, Le président, Stéphane Peu, Le directeur général, Philippe Darteil Et l'ensemble du personnel Robert JABLON, survenu le 2 mars 2008, dans sa quatre-vingt-dix-neuvième année. Une cérémonie est organisée pour lui rendre hommage le samedi 8 mars, à 10 h 30, à la chambre funéraire des Batignolles, 1, boulevard du Général Leclerc, à Clichy (Hauts-de-Seine). L'inhumation aura lieu à Jambville (Yvelines), dans l'intimité. Directeur pendant trente-cinq ans de la Maison de Banque Rothschild, Robert Jablon fut également fondateur et président-directeur général de la compagnie d'assurance-vie La Fédération Continentale. Après son départ de la banque en 1975, administrateur de nombreuses sociétés, il fonda en 1988 la maison de gestion pour compte de tiers, MIM France, devenue INVESCO France en 1990. Il fut aussi l'un des premiers financiers à participer dès les années 1960 aux réflexions prospectives de l'Institut de l'Entreprise. Il siégea jusqu'à la fin de sa vie au conseil d'administration de la Fondation Rothschild. Son action dans la lutte contre le nazisme en Allemagne puis en France, et dans le sauvetage des enfants juifs accueillis au château de la Guette lui valurent d'être fait chevalier de l'ordre du Mérite de la République fédérale d'Allemagne. 78, rue Jean de la Fontaine, 75016 Paris. 15, rue Rousselet, 75007 Paris. Soirées-débat Lecture à l'auditorium du Louvre, lundi 10 mars 2008, à 20 h 30, Beethoven, autopsie d'un génie lu par Lambert Wilson. soirée autour de textes rares des derniers moments et de la fin de Beethoven et de l'admiration du jeune Richard Wagner pour le compositeur de génie. Informations : 01 40 20 55 55. www.louvre.fr avec « Le Monde TV&Radio » daté 9 -10 mars de la SEM PACT, ont la tristesse de faire part du décès de docteur Lucien MICHON, survenu à l'âge de quatre-vingt-sept ans, le 5 mars 2008. Les obsèques religieuses auront lieu le 7 mars, à 9 h 30, en l'église de Sigloy (Loiret). Elles seront suivies de l'inhumation dans le caveau de famille aux Rousses (Jura). Cet avis tient lieu de faire-part. Mme Renée Michon, 35, route de la Tuilerie, 45110 Sigloy. Paris. Champdeniers-Saint-Denis (Deux-Sèvres). Mme Natacha Péneau, son épouse, Vladimir, Yann et Tatiana Et leur famille font part du décès de Raymonde ZELIGSON, née SANDBERG, s'est éteinte le 2 mars 2008, dans sa quatre-vingt-dix-huitième année, entourée de l'affection des siens. De la part de Son frère et sa belle-sœur, Sa fille et son gendre, Ses petits-enfants Et arrière-petits-enfants. Les familles Sandberg, Haroche, Morel-Maroger, Grand d'Esnon, Bolze, Striker. 5, rue de Varize, 75016 Paris. Nos services Lecteurs • Abonnements Tél. : 0-825-000-778 (0,15 € TTC/min) www.lemonde.fr/abojournal Mme Marie-France BOULAY, chevalier de la Légion d'honneur, officier de l'ordre national du Mérite, membre du conseil d'administration de la SEM PACT, survenu le 3 mars 2008. Ils s'associent à la douleur de la famille et lui présentent leurs sincères condoléances. Le conseil d'Association, Le directeur général, La directrice, Le comité de direction Et l'ensemble du personnel du PACT ARIM 93 ont la tristesse de faire part du décès de ------------------------------------------------- Soutenances thèse Le 28 février 2008, Miyako Nakamura Fujimori a soutenu publiquement en Sorbonne, sa thèse de doctorat en sociologie de l'université Paris Descartes, intitulée « Les politiques publiques de prise en charge de la vieillesse. Une comparaison FranceJapon (1962-2005) ». Le jury, présidé par M. FrançoisXavier Merrien (rapporteur, professeur, université de Lausanne), et composé de Mme Anne-Marie Guillemard (directrice de thèse, professeur, université de Paris Descartes), M me Marie-Eve Joël (rapporteur, professeur, université ParisDauphine), M. Pierre Maclouf (maître de conférences, université Paris-Dauphine) et M. Bernard Ennuyer (HDR et enseignant associé université Paris Descartes, membre chercheur GEPECS), lui a décerné la mention Très Honorable à l'unanimité, avec ses félicitations. • L’actualité dans votre magasin www.lemonde.fr/kiosque • Boutique du Monde 80, bd Auguste-Blanqui, 75013 Paris M° Glacière ou Corvisart Tél. : 01-57-28-29-85 www.lemonde.fr/boutique Anniversaires de décès Il y a dix-huit ans, les 3 et 11 mars 1990, Mme Marie-France BOULAY, chevalier de la Légion d'honneur, officier de l'ordre national du Mérite, présidente du conseil d'Association du PACT ARIM 93, survenu le 3 mars 2008. Ils garderont un souvenir ému de son action constante en faveur de notre association et présentent à sa famille leurs plus sincères condoléances. Hélène BLOCHE et • Le Carnet du Monde Tél. : 01-57-28-28-28 M. Yves PÉNEAU, acteur et auteur dramatique, survenu dans les Deux-Sèvres, à l'âge de quatre-vingt-sept ans. Les obsèques auront lieu dans l'intimité. Professionnels • Service des ventes Tél. : 0-805-05-0146 Anne-Marie BLOCHE, née JALOUNEIX, nous quittaient. Chaque jour qui se lève, nous pensons à elles.
Slide 24: 24 Culture&vous 0123 Samedi 8 mars 2008 Actualités Musique Les Victoires de la musique décernées, samedi 8 mars, au Zénith de Paris Télévisions et comédies musicales, nouveaux réservoirs des chanteurs à succès Ici& ailleurs Les 50 ans de la bossa-nova Rio de Janeiro Correspondant A vec chacun trois nominations, les chanteurs Christophe Maé et Christophe Willem font partie des favoris des Victoires de la musique 2008, qui seront attribuées lors d’une soirée télévisée retransmise par France 2 en direct du Zénith de Paris, samedi 8 mars. De plus, Maé a vendu plus de 800 000 albums de Mon paradis et Willem 750 000 de Inventaire, ce qui les place deuxième et quatrième au classement 2007 des meilleures ventes de disques. Le troisième est La Voix d’un ange, de Grégory Lemarchal, révélé en 2004 par la « Star Academy » (TF1) et mort en avril 2007. Si l’on ajoute que Maé a été révélé par le spectacle Le Roi-Soleil et que Willem a remporté l’édition 2006 de l’émission de M6, la « Nouvelle Star », on réalise l’importance prise ces dernières années par les télé-crochets et les comédies musicales dans l’univers de la variété française. D’autres chanteurs ont été exposés plus vite que nature par la grâce d’un jeu télévisé – « Graines de star », « Star Ac’», « Popstars », « Nouvelle Star » – ou d’un spectacle musical dopé par l’alliance d’un producteur, d’une chaîne de télé et d’un réseau FM. « Les Enfants de la télé » ? Alizée, Jenifer, Amel Bent, Olivia Ruiz, Chimène Badi, M. Pokora, Julien Doré, Nolwenn Leroy, Elodie Frégé ou Miss Dominique. Les « Enfants de Broadway » ? Hélène Ségara, Garou, Julie Zenatti, Emmanuel Moire ou Daniel Levi. Internet, l’autre accélérateur A vant même de participer au moindre casting, chaque musicien se doit de communiquer dans la blogosphère. En nourrissant ses pages MySpace, Facebook ou YouTube d’informations, de musique et d’images, le chanteur fait sa promotion en espérant déclencher une rumeur favorable. Pagny. Aujourd’hui, tous les styles musicaux sont représentés, même les plus pointus. » Christophe Willem avait « renoncé à toute ambition musicale » avant que sa sœur ne le présente à la « Nouvelle Star ». « En 2003, j’avais présenté des maquettes à Mercury [filiale d’Universal], mais je ne correspondais pas à ce qu’ils cherchaient. Le mérite de l’émission est de valoriser les personnalités. » Le profil de Christophe Maé est similaire. Sa carrière stagnait quand Dove Attia, cherchant des interprètes qui « cassent le moule de la comédie musicale », l’entend dans un piano-bar en Corse. Coup de foudre. Rôle dans Le Roi-Soleil. « J’avais signé avec Warner, mais ce premier album n’était pas sorti », se souvient Maé. Après 400 représentations du Roi-Soleil, il a eu « l’impression de grandir ». Mis en lumière par la télévision ou une comédie musicale, les chanteurs sont ensuite face à un dilemme : exploiter rapidement la notoChristophe Willem au Zénith de Montpellier, le 8 décembre 2007. ERIC MORERE/DALLE APRF riété ou prendre le temps de traBrillent encore dans le top musicaux sont à la fois des révéla- passés par là. Et les carrières de vailler son identité au risque de se albums Sheryfa Luna, gagnante teurs de talent et des accélérateurs de Julien Clerc ou Daniel Balavoine faire oublier ? Olivia Ruiz a mis très R’n’B de la « Popstars » 2007, carrière qui peuvent faire gagner de ont décollé après leur participation plus de quatre ans pour connaître à des comédies musicales comme le succès avec un second album, et Yael Naim, révélée dans Les Dix trois à cinq ans ». Pascal Nègre, patron d’Univer- Hair ou Starmania. Mais le phéno- La Femme chocolat, affranchi de Commandements et également nominée aux Victoires de la musi- sal Music France et Europe, exploi- mène prend une dimension indus- l’image « Star Ac’». Après Les Dix Commandements, Yael Naim a couque. Pour Dove Attia, producteur tant de la « Star Academy » avec trielle. Des concepts comme la « Star pé plus de deux années avant de de spectacles musicaux et, pen- TF1 et la société Endemol, ajoute : dant cinq saisons, membre du jury « Les castings pour ces spectacles ou Ac’» (d’origine espagnole) ou la trouver sa voie pour un album très de la « Nouvelle Star », « le phéno- ces émissions sont ni plus ni moins « Nouvelle Star » (d’origine personnel (Yael Naim) devenu un anglaise, sous le nom de « Pop phénomène international grâce à mène va de pair avec celui de la crise un retour des auditions. » une publicité pour L’histoire de la variété française Idol ») ont été déclinés du disque. Les maisons de disques, Apple. aujourd’hui, manquent d’argent et ne manque pas d’artistes révélés dans plus de quarante « Télé-crochets Mais la célébrité téléde temps pour développer un artiste. par des télés ou radio-crochets. pays. Avec ses 30 milet spectacles visuelle ne garantit pas Les télé-crochets et les spectacles Mireille Mathieu ou Adamo sont lions de spectateurs, la musicaux sont le succès discographiversion américaine de à la fois que. Si Universal peut cette dernière, « Amerides révélateurs se vanter d’avoir vendu can Idol », a généré des de talent et plus de 12 millions d’alcandidats stars comme des accélérateurs bums par l’intermédiaiKelly Clarkson (18 milde carrière » re de la « Star Ac’», lions d’albums vendus nombre des 25 albums dans le monde). Dove Attia reconnaît passer beauTels des détectives cherchant solos sortis par les difféPour certains, ces Dove Attia coup de temps sur Internet, en des aiguilles dans une meule de rents candidats n’ont émissions ne sont que producteur de quête de talents. foin, les directeurs artistiques des pas trouvé leur public. des machines à « préfa- spectacles musicaux Parmi les récents emballemaisons de disques gardent yeux Et l’audience de cette briquer » de l’éphémère. ments provoqués par Internet et et oreilles rivés sur le Net, espéRenaud, par exemple, chante : émission est en baisse. rant découvrir les prochains Arctic qui ont affolé des maisons de disques, citons The Do, groupe sensa- « Loin des stars académiques et des Monkeys ou Lily Allen, stars de la « Les exigences de la télé-réalité tion de la Toile avant d’atteindre le pop-stars de mes deux/Qui sont un peuvent entrer en conflit d’intérêts pop dont la légende dit qu’ils sommet des meilleures ventes d’al- peu à la musique ce que le diable est avec celles du développement artistifurent révélés ainsi. Un habitué au bon Dieu. » Vincent Frèrebeau, que », admet Pascal Nègre. Finalisbums. Ou La chanson du dimandes castings comme le producteur patron du label Tôt ou Tard, pro- te de la « Star Academy » en 2004, che, duo farfelu proposant chaque ducteur de Vincent Delerm ou de Mathieu Johann a dû autoproduidimanche sur son site Yael Naim, parle de « parodies de re son premier album, Le Bonheur (www.lachansondudimanrecrutement de talents ». che.com) une nouvelle chanson ça fait mal, et accuse Universal : Cette mauvaise image n’est-elle « Pendant trois ans, ils m’ont dit jouée à la guitare sèche et au clavier Bontempi. Et puis Soko, jeune pas en train de changer ? Sans la “on va s’occuper de ton album”, « Star Ac’», l’estimable Olivia Ruiz sans qu’il ne se passe rien. » Réponfolkeuse qui, en proposant sur aurait-elle réussi à percer au-delà se de la major : « Ce qu’il nous proMySpace des comptines trash, a des orchestres de bal de son Aude posait n’était pas à la hauteur. » dépassé les 2 millions de natale ? La « Nouvelle Star » sem- Cette expérience ne prend un connexions. « Attention, prévient ble avoir changé la donne en révé- sens, analyse Christophe Willem, Marc Thonon, patron du label lant des talents : Steeve Estatof, au milieu d’une tournée aussi Atmosphériques qui révéla Louise Christophe Willem ou Julien Doré. triomphale que les ventes de son Attaque et Abd Al-Malik, l’éclaira« Au départ, constate André album, « que quand on produit un ge procuré par le Net peut être aussi Manoukian, jury de la « Nouvelle objet artistique et qu’on entre sur scèenivrant que celui de la télé-réalité. Star », tous les candidats chantaient ne, au contact de son public ». a Le soufflé peut vite retomber ». a comme Lara Fabian ou Florent S. D. Stéphane Davet E n 1958, un disque qui paraît à Rio remporte un immense succès. Intitulée Chega de saudade (Finie la nostalgie), la chanson est interprétée par un chanteur et guitariste bahianais, Joao Gilberto. Le disque désoriente ou fâche quelques puristes, mais il impose surtout un genre musical inédit, la bossa-nova, dont le Brésil fête les cinquante ans d’existence. Dérivé de la samba, ce « nouveau truc » (en portugais) rompt avec elle. Les percussions s’effacent. Le tempo se ralentit. L’interprétation devient intimiste. Joao Gilberto chuchote d’une voix frêle, suave, mélancolique, reconnaissable entre mille. Il imprime à sa guitare un rythme original et syncopé, la batida, avec des accords dissonants. Avec Chega de saudade, Joao Gilberto fait connaître au Brésil, puis au monde, le travail du compositeur Antonio Carlos (dit Tom) Jobim (1927-1994), et du poète et diplomate Vinicius de Moraes (1913-1980). Ils créeront ensemble, pendant vingt-cinq ans, la grande majorité des standards de la bossa-nova. Ainsi dans la bande originale du film Orfeu negro, de Marcel Camus (1959), le célèbre A Felicidade ou, en 1962, A Garota de Ipanema, qui deviendra bientôt un succès mondial grâce à la voix d’Astrud Gilberto et au saxophone de Stan Getz. La bossanova intègre alors le patrimoine musical universel en réaction à la samba traditionnelle, mais aussi aux danses en vogue à l’époque cha-cha-cha, twist). Elle déteindra à son tour sur le jazz. Un demi-siècle plus tard, elle reste un genre bien particulier, mais c’est aussi une musique typiquement carioca qui chante la splendeur de la ville, la beauté de la femme aimée, et tout un art de vivre. Il est donc normal que le plus bel hommage lui ait été rendu à Rio, samedi 1er mars. Sur la plage d’Ipanema, trente mille personnes ont écouté pendant deux heures une quinzaine d’artistes dont quelques anciens compagnons de Jobim et de Moraes, comme Oscar Castro Neves et Roberto Menescal. a Jean-Pierre Langellier Arts Un tableau de Pissarro, volé en Savoie en 1981, retrouvé à New York Un tableau du peintre Camille Pissarro (1830-1903), dérobé au Musée Faure d’Aix-les-Bains (Savoie) en 1981, a été retrouvé à New York, a-t-on appris, jeudi 6 mars, de source judiciaire et auprès du conservateur du musée, André Liatard. « Des tractations sont en cours pour récupérer le tableau », intitulé Le Marché aux poissons, a-t-on précisé de source judiciaire. En novembre 1981, un homme, identifié plus tard comme le voleur d’œuvres d’art Emile Guelton, avait dérobé le Pissarro ainsi qu’un tableau de Pierre-Auguste Renoir (1841-1919). Ce tableau, intitulé Buste de femme ou Jeanne à la capeline, aurait été repéré au Japon, où des démarches ont été entreprises auprès des autorités nippones. – (AFP.) France. Agé de 52 ans, Juan Villoro, écrivain consacré dans son pays, est récompensé pour un recueil de sept nouvelles intitulé Les Coupables. – (AFP.) Littérature Le prix Artaud remis à l’écrivain mexicain Juan Villoro L’écrivain et journaliste Juan Villoro a reçu mercredi 5 mars le prix Antonin-Artaud. Outre un chèque de 80 000 pesos (5 000 euros), ce prix offre à son lauréat une traduction et une édition en Musique L’ambassade de Chine en Islande proteste contre la chanteuse Björk L’ambassade de Chine en Islande a protesté contre la chanteuse islandaise Björk, a-t-on appris jeudi 6 mars. Lors d’un concert, dimanche 2 mars, à Shanghai, la chanteuse a dédié au Tibet sa chanson Declare Independance, écrite à l’origine pour le Groënland et les Iles-Féroé. – (AFP.)
Slide 25: 0123 Samedi 8 mars 2008 Culture 25 La saga de la ciné-conférence Un genre américain à découvrir au festival Cinéma du réel L e festival Cinéma du réel, à Paris, propose, en une centaine de films réalisés entre 1896 et 2008, une passionnante rétrospective intitulée : « Figures du tourisme : pour une histoire de la “vue” ». Il s’agit de montrer comment le cinéma fait voyager les spectateurs dès son invention, à la fin du XIXe siècle. Mais aussi de redécouvrir un genre fort populaire, témoin du regard occidental porté sur le reste du monde : le travelogue. Sans doute fallait-il un motvalise américain – travel pour voyage, et monologue – pour désigner cette invention de la cinéconférence. L’Américain Burton Holmes (1870-1958) est l’inventeur du mot en 1904 et le pionnier du genre, qu’il va transformer en industrie. Le principe est efficace : le public découvre des images muettes d’un pays, une région, une communauté qu’un conférencier, au milieu de la salle, explique, commente, oriente. Holmes, adoubé par un célèbre auteur de conférences illustrées, John L. Stoddard, est un ancien vendeur d’appareils photo et un passionné de voyages. Il a l’idée d’utiliser, dès 1897, des vues filmées, grâce à une caméra acquise chez Léon Gaumont, à Paris, par L’argent et la gloire ne sont son premier opérateur, Oscar Depue. C’est le début d’un succès pourtant pas ses moteurs. Holpopulaire qui durera une quaran- mes ne vit que pour l’aventure et la découverte. On lui doit les pretaine d’années. Burton Holmes, à la fois cinéas- mières vues jamais tournées des te, photographe et conférencier, côtes japonaises, coréennes et phidonnera environ huit mille confé- lippines. On le trouve aussi parmi rences aux Etats-Unis, du monu- les Navajo d’Arizona en 1898, mental Carnegie Hall de New près du Vésuve en éruption dans York, qui se dota à sa demande le Naples de 1906, sur les toits de d’un écran de cinéma, à l’Orches- Paris durant un raid de l’aviation allemande lors de la première tra Hall de Chicago. Avant même que le cinéma ne guerre mondiale, et au couronnedevienne aux Etats-Unis, dans les ment du roi d’Ethiopie Hailé Sélassié en 1930. années 1920, un spectaPar une ironie très cle de masse, Holmes On doit à Holmes instructive de l’histoitransforme ses traveloles premières re, Holmes finit, sevré gues en rite culturel et vues jamais de voyages, par s’instalsocial. Sillonnant la platournées des ler à Hollywood dans nète durant l’été, ce côtes japonaises, les années 1930 où il conteur en smoking coréennes réalise des documentaiqui travaille en véritaet philippines res sur l’usine à rêves la ble homme de scène la plus puissamment exodramaturgie du commentaire et de l’image fait salle tique de la planète. Disséminé et perdu durant de comble chaque hiver aux EtatsUnis. Il se produit de ville en ville, longues années, ce patrimoine donnant parfois six spectacles cinématographique a été en partie retrouvé aux Etats-Unis en par semaine. Genoa Caldwell, sa biographe, 2004 et restauré. Certaines de ces indique qu’il « franchit l’Atlanti- bobines, notamment consacrées que trente fois, le Pacifique vingt aux Philippines, à Formose et à fois, fit le tour du monde six fois, l’Inde, sont montrées aujourd’hui prit plus de trente mille clichés, tour- en France pour la première fois. na plus de cent cinquante mille Elles témoignent d’une réelle fasmètres de pellicule et gagna plus de cination pour les paysages et les coutumes lointains. Les cartons 5 millions de dollars ». Les danseuses à Angkor Wat, Angkor (Cambodge), en 1925. COLLECTION HISTORIQUE BURTON HOLMES explicatifs, rédigés par Holmes, ne se substituent sans doute pas à ses conférences, mais donnent une idée de son état d’esprit : celui d’un honnête homme dont l’humour bon enfant reste pétri par la supériorité de la civilisation occidentale. « Celui qui possède le monde par le voyage n’enlève rien à personne », écrira Holmes bien plus tard. Tout l’intérêt de cette rétrospective, qui confronte ces premiers regards à la conscience critique d’œuvres plus récentes, consiste à montrer combien il se trompait. Car cette imagerie a influencé des millions d’Américains, et au-delà. Holmes a en effet été copié, notamment en France par Albert Mahuzier, qui lance en 1947 son cycle de cinéconférences, puis l’organisation « Connaissance du monde ». Le genre fut sèchement brocardé pour son exotisme par l’ethnologue Claude Lévi-Strauss dans les premières pages de son livre Tristes Tropiques, en 1955. Il n’en conserve pas moins une réelle valeur documentaire. a Jacques Mandelbaum Festival Cinéma du réel. Rétrospectives : « Americana », films américains des années 1960 et 1970 ; « Asie du SudEst » avec des films de Garin Nugroho (Indonésie), Amir Muhammad (Malaisie), Raya Martin (Philippines) ; « Prison : visions intérieures ». En compétition vingt-huit films en sélection internationale et douze en sélection française. Centre Pompidou, place Georges-Pompidou, Paris-4e. Mo Rambuteau. Tél. : 01-44-97-42-47. Du 7 au 18 mars. De 4 ¤ à 6 ¤. Les Travelogues de Burton Holmes, le plus grand voyageur de son temps, 1892-1952, éd. Taschen, 366 p., 39,99 ¤.
Slide 26: 26 Au Quai Branly, zoom sur les Batak Exposition Culture 0123 Samedi 8 mars 2008 La « Symphonie des Mille », de Mahler, dans le mille à Bercy Démesure d’orchestre et de chœurs sous la direction de Christoph Eschenbach Musique Leschoix du«Monde» Musique « Zampa ou la fiancée de marbre » PARIS. L’Opéra-Comique présente une nouvelle production de Zampa ou la fiancée de marbre, de Ferdinand Hérold (1791-1833), œuvre créée le 3 mai 1831, qui fit les beaux soirs de cette maison au XIXe siècle. Le maître des lieux, Jérôme Deschamps, assisté de Macha Makeïeff, met en scène l’histoire de ce pirate don juan, qui tente de détourner Camille de son fiancé, en usant des puissances du mal. Richard Troxell et Patricia Petibon seront les protagonistes d’un drame romantique que dirige William Christie à la tête de ses Arts florissants. Sans oublier les « Rumeurs » (concerts, expositions et conférences) qui accompagnent désormais les productions de la Salle Favart. Opéra-Comique, place Boieldieu, Paris-2e. Mo Richelieu-Drouot. Du 10 au 21 mars, à 20 heures. Tél. : 08-25-01-01-23. De 6 ¤ à 95 ¤. www.operacomique.com E n 2001, le Musée du quai Branly a acheté l’ensemble « Insulinde » du collectionneur suisse Jean-Paul Barbier. Ce gros millier de pièces, dont les plus impressionnantes sont exposées de façon permanente, venaient s’ajouter au maigre fonds de l’ancien Musée de l’homme. L’exposition « Batak » permet de consacrer un « zoom » sur l’une des civilisations de l’archipel indonésien : les Batak, qui vivent dans le nord de l’île de Sumatra. Il s’agit de six groupes différents dont, aujourd’hui, certains sont chrétiens et d’autres musulmans, mais qui partagent des croyances, une manière de vivre et une esthétique relativement proches. Les 115 pièces présentées proposent une courte plongée dans la culture bien vivante de ces peuples : instruments de musique, textiles, éléments d’architecture, armes, sans oublier ceux qui sont liés au surnaturel (bâtons magiques) et notamment au monde des morts (sarcophages, urnes…). Une salle est consacrée aux photographies de Tassilo Adam (1878-1955), un Allemand qui partit à Sumatra dès l’âge de 21 ans. Elles permettent de documenter la vie quotidienne de ces villages batak au début du XXe siècle. a Emmanuel de Roux A « Les Batak », Musée du quai Branly, galerie suspendue est, 37, quai Branly, Paris-7e. Tél. : 01-56-61-70-00. De 11 heures à 19 heures, nocturnes jeudi, vendredi et samedi jusqu’a 21 heures ; fermé lundi. Jusqu’au 11 mai. De 6 ¤ à 8,50 ¤. vouons-le : on allait un peu à reculons à cette Symphonie no 8 de Mahler, dite « des Mille » (en raison de l’énormité de ses effectifs : huit solistes vocaux, chœur d’enfants, deux chœurs, énorme orchestre), échaudé par de précédentes expériences musicales entendues dans la même vastitude du Palais omnisports de Paris Bercy. On se souvient d’une Messe des morts, de Berlioz, en 1996, qui était plutôt une kermesse des morts, et récemment, d’une Carmen, de Bizet désastreuse (Le Monde du 6 décembre 2007). Le problème de Bercy est que nulle musique ne peut parvenir au dernier gradin sans amplification. Et en matière d’amplification, à Bercy, il y a « à boire, à manger et à rendre » comme disait, en sortant de certains spectacles, Gabriel Dussurget, le fondateur du festival d’Aix-en-Provence. Du parterre, la mise en scène sonore semblait soignée, à l’exception de certaines interventions solistes parfois mal dosées. Il fallait juste s’habituer au halo artificiel et à la concomitance du son naturel émis par les musiciens et de son « double » amplifié (Pierre Boulez devrait écrire un pièce pour Bercy). Dès lors, le plaisir musical pouvait naître. Ce n’était sûrement pas l’exécution idéale de la gigantesque (mais souvent intime) Huitième Sympho- L’effectif de la « Symphonie no 8 », sur la scène du POPB, jeudi 6 mars. BERYL LIBAULT DALACHEVASNERIE Danse « Danse d’existence, danse de résistance » TOURS. Le chorégraphe Bernardo Montet mixe pendant trois jours et trois nuits des soirées « palabres », des « veillées par le geste » qui rassemblent des spectateurs soucieux d’échanger, de partager du temps et des mots. Des spectacles sont ensuite donnés, signés Jérôme Bel, Boris Charmatz, Ko Murobushi. Centre chorégraphique. Jusqu’au 14 mars. Tél. : 02-47-36-46-00. nie. Mais en connaît-t-on d’ailleurs beaucoup ? L’œuvre ne peut être donnée dans la plupart des salles de concert et c’est le plus souvent dans de grandes églises qu’on l’entend – et pas toujours dans des acoustiques faciles. D’ailleurs, sa création avait eu lieu, en 1910, dans une grande salle de verre et d’acier de l’Exposition internationale de Munich. Christoph Eschenbach a réussi son pari : il a fait sans compromission (et en dirigeant avec retenue) son travail de vulgarisateur en direction du grand public, qui ne va pas forcément aux concerts de l’Orchestre de Paris, Salle Pleyel ; il a fait réunir des chœurs d’enfants dans un souci pédagogique et les a associés à deux chœurs européens et au Chœur de l’Orchestre de Paris : le son, l’homogénéité et la justesse étaient mieux que satisfaisantes. Découvrir la Huitième de Mahler dans ces conditions n’était sûrement pas, pour les novices, un futur mauvais souvenir de « première fois ». a Renaud Machart Symphonie no 8, de Gustav Mahler, par Twyla Robinson, Erin Wall, Marisol Montalvo, Nora Gubisch, Annette Jahns, Nikolai Schukoff, Franco Pomponi, Chœur de l’Orchestre de Paris, Wiener Singverein, London Symphony Chorus, Maîtrise de Radio France, chœurs d’enfants, Orchestre de Paris, Christoph Eschenbach (direction), Palais omnisports de Paris Bercy, le 6 mars. GRANDS CINEASTES Cette semaine Woody Allen le livre des Cahiers du cinéma + le DVD Tombe les filles et tais-toi Série 11 Galeries La mondialisation selon Allan Sekula Une dizaine de photographies et une vidéo de l’artiste américain C e n’est sans doute pas dans l’espace étroit d’une galerie que le travail d’Allan Sekula donne sa pleine mesure. A la Documenta de Kassel de 2007, l’artiste américain avait particulièrement soigné sa mise en scène : le long d’un escalier monumental menant au château de la ville, il avait placé de très grandes photos montrant des travailleurs manuels. Les visiteurs qui voulaient grimper jusqu’au château devaient aussi visiter le « monument des travailleurs » d’Allan Sekula, l’effort physique lié à leur ascension (cinq cents marches) venant évoquer la pénibilité des métiers évoqués. On retrouve certaines de ces images exposées à la galerie pari- sienne Michel Rein, qui présente, jusqu’au 5 avril, une dizaine de photographies et une vidéo de l’artiste, également critique et essayiste. La plupart de ces travaux tentent, exercice difficile, de donner un visage à la complexité des échanges économiques et à la mondialisation, si souvent désincarnée. Le tout sous une forme documentaire, détachée de tout événement. Allan Sekula bâtit des triptyques ou des diptyques sobres et harmonieux, portraits ou paysages qui fonctionnent, au-delà de leur réalisme, par métaphore ou allusions. Les images se répètent, le texte se surimpose parfois à l’image, le célèbre slogan « Travailler plus pour gagner plus » dans la rue et les rebuts d’un studio de photographie. C’est cette dernière trouvaille qui offre le plus d’intérêt, Joachim Schmid ayant découvert que tous les négatifs récoltés avaient été coupés en deux au cutter pour empêcher toute réutilisation. Qu’à cela ne tienne : les poses étaient si semblables, qu’il a pu reconstituer des individus mutants en recollant les morceaux… Les variations sur l’humain qu’il obtient (noir-blanc, homme-femme, enfant-adulte) sont étranges plus que monstrueuses. a Galerie Alain Gutharc, 7, rue SaintClaude, Paris-3e. Mo Saint-SébastienFroissart. Tél. : 01-47-00-32-10. Du mardi au samedi, de 11 heures à 13 heures et de 14 heures à 19 heures. Jusqu’au 5 avril. devenant bien ironique lorsqu’il est imprimé sur l’image d’un soudeur de chantier naval découpant de l’acier à Ensenada, au Mexique. La mer est d’ailleurs omniprésente dans le travail de Sekula. Parce qu’elle offre un lieu à la fois clos et très plastique, chargé de fiction et de fantasmes. Mais surtout parce qu’elle concentre, du commerce triangulaire aux marées noires, toute l’histoire et les avatars de la mondialisation. a Claire Guillot Galerie Michel Rein. 42, rue de Turenne, Paris-3e. Mo Chemin-Vert. Tél. : 01-42-72-68-13. Du mardi au samedi, de 11 heures à 19 heures. Jusqu’au 5 avril. Shirin Neshat Galerie Jérôme de Noirmont Cette semaine Woody Allen le livre + le DVD Tombe les filles et tais-toi N°11 - 8,60 en plus du Monde* € Shirin Neshat, Iranienne qui vit aux Etats-Unis, s’inspire du livre Women Without Men, pour créer des photos et vidéos autour de la vie de cinq Iraniennes à Téhéran durant l’été 1953. Mais, en dépit de leur splendeur plastique, ces grandes images ornées de calligraphies et ces vidéos tournées en Cinémascope manquent étrangement de vie. a Galerie Jérôme de Noirmont, 36-38, avenue Matignon. Paris-8e. Mo Mirosmenil. Du lundi au samedi, de 11 heures à 18 heures. Jusqu’au 5 avril. Chez vous, chaque semaine, découvrez un grand cinéaste. Chaque week-end, avec Le Monde et “Le Monde TV&Radio”. Pour plus d’informations : www.lemonde.fr/cineastes Découvrez vos privilèges abonnés en téléphonant au 0825 120 219 (0,15 €/mn) ou sur notre site internet. *Le Monde, son supplément “Le Monde TV&Radio”, un livre et un DVD : 9,90 €, sauf le N° 1 Chaplin : 5,20 € (offre de lancement valable du 09/09/07 au 05/12/07). Chaque élément de l’offre peut être acheté séparément à la Boutique du Monde, 80, bd Auguste-Blanqui, 75013 Paris, ou par correspondance. Voir conditions en magasin ou sur le site www.lemonde.fr/cineastes. Offre limitée à la France métropolitaine, dans la limite des stocks disponibles. Joachim Schmid Galerie Alain Gutharc Grand collecteur d’images anonymes, Joachim Schmid expose chez Alain Gutharc sa moisson la plus récente : des couples stéréotypés piochés dans des catalogues d’agences de voyages, des négatifs trouvés images montrent bien son corps déshabillé, mais on n’y retrouve aucune des figures imposées (et des clichés) sur les courbes féminines et la sensualité. Le crâne est rasé, l’épaule courbée ; la silhouette androgyne et anonyme plonge dans un flou inquiétant. La jeune photographe s’est fait une spécialité de s’introduire dans des lieux déserts, chantiers ou immeubles à l’abandon, où elle met en scène d’énigmatiques autoportraits, jouant sur les trouées de lumière et les aspérités des murs. A croire qu’elle trouve dans le délabrement des lieux un écho à sa propre fragilité. Au final, le corps devient un matériau de construction pour une artiste qui s’offre aux regards sans pourtant rien livrer du sien. a Galerie Vu, 2, rue Jules-Cousin, Paris-4e. Mo Bastille, Sully-Morland. Tél. : 01-53-01-85-81. Du mercredi au samedi, de 14 heures à 19 heures. Jusqu’au 12 avril. Léa Crespi Galerie Vu Contrairement aux apparences, Léa Crespi ne fait pas de nu. Ses
Slide 27: 0123 Samedi 8 mars 2008 &vous Lundi Roues libres Mardi Santé&forme Mercredi A table Jeudi A la maison Vendredi En voyage 27 Situé en bord de la Méditerranée, Subratha, comptoir carthaginois fondé au Ve siècle avant J.-C., passé ensuite aux mains des Romains, est inscrit au Patrimoine mondial de l’Unesco. HUGUES FONTAINE La Libye, paradis des archéologues Reportage Certains sites de ce pays peu visité sont considérés comme les plus beaux d’Afrique Tripoli Envoyée spéciale I ci, on ne regarde pas le touriste comme un portefeuille ambulant, dont il s’agit de soutirer les euros ou les dollars. Au contraire. Peu de pays offrent autant de tranquillité à leurs visiteurs étrangers. Encore méconnue, sauf des archéologues et de quelques passionnés de vieilles pierres, la Libye reste victi- me d’une mauvaise image due aux foucades, depuis trente-huit ans, de son dirigeant, le colonel Kadhafi. C’est pourtant l’une des plus belles destinations du bassin méditerranéen. Une terre vierge, surtout, où tout est à découvrir, au sens propre du terme. La Libye, c’est « le paradis de tout archéologue », comme le résume JeanMarie Blas de Roblès, membre de la mission archéologique françai- se dirigée par le professeur André Laronde. Quelque 70 % du passé de la Libye (carthaginoise, grecque, romaine, puis byzantine et enfin arabe) seraient encore enfouis sous le sable. Subratha et Leptis Magna, deux des sites antiques les mieux conservés de Libye, sont facilement accessibles par la route à partir de Tripoli, la capitale. Situé en bord de mer, Subratha, comptoir carthaginois fondé au Ve siècle avant J.-C., passé ensuite aux mains des Romains, est aujourd’hui inscrit au Patrimoine mondial de l’Unesco. Servie par son port naturel, cette cité a longtemps tiré sa richesse de son commerce avec Rome : ivoire, plumes d’autruche et bêtes sauvages (importées d’Afrique noire) pour les jeux du cirque. Tombée en désuétude à partir du IVe siècle, notamment en raison de l’un des nombreux tremble- ments de terre qui l’ont ébranlée tout au long de son histoire, Subratha ne sortira de l’oubli que dans les années 1930. Des archéologues italiens l’extirpent du sable, qui l’avait ensevelie au fil des ans et procèdent à sa réhabilitation. Son théâtre romain – avec un mur de scène à trois étages – mérite à lui seul la visite. Il a été construit sous le règne de Septime Sévère (190 après J.-C.) et est considéré comme l’un des plus beaux et les plus grands d’Afrique. Il jouxte deux mausolées puniques, des temples, des statues de toute beauté (Aphrodite, Hercule, Zeus, Cupidon, Orphée…), des bustes et un magnifique petit musée. Après avoir parcouru le site dans un silence absolu, seulement troublé par le bruit des vagues, le visiteur repart ébloui par tant de merveilles : la couleur Lire suite page 28 Carnet de route Préambule. Mise au ban de la communauté internationale pour son soutien au terrorisme, la Libye ne sort de son isolement que depuis le début des années 2000. Cette longue période de « glaciation » se fait encore lourdement sentir : les Libyens parlent peu de langues étrangères, et les panneaux de signalisation ne sont rédigés qu’en arabe. Il est donc difficile de circuler et de s’y retrouver seul, sans guide. Reste qu’on peut flâner partout, dans les rues et les boutiques comme dans les souks, à Tripoli et ailleurs, sans se faire importuner. Nulle part le visiteur étranger n’est harcelé. Il est au contraire respecté et accueilli avec une immense courtoisie. Formalités. Visa obligatoire (45 ¤). Aucun visa ou tampon d’entrée sur le territoire israélien ne doit y figurer. Les autorités libyennes imposent aux visiteurs d’être munis d’une traduction en langue arabe de leur passeport. Pour un voyage touristique, il est impératif de passer par un tour-opérateur. Argent. Les cartes de crédit sont de peu d’utilité en Libye. Mieux vaut prévoir de l’argent liquide. Saison. D’octobre à avril, avant les grandes chaleurs de l’été. Le tourisme culturel, sur la côte, peut se pratiquer toute l’année. Mer Méditerranée Subratha TUNISIE Leptis Magna Benghazi Tripoli ALG. TRIPOLITAINE Syrte CYRÉNAÏQUE LIBYE NIGER TCHAD AFRIQUE SOUD. 300 km Accès. Depuis la levée des sanctions des Nations unies, les vols vers la Libye sont nombreux. Afriqiyah Airways est la seule compagnie à assurer des vols quotidiens sans escale de Paris à Tripoli (3 heures de vol, tél. : 01-42-96-49-96, à partir de 517 ¤). Etapes. Les infrastructures hôtelières manquent cruellement. Les rares beaux hôtels, à Tripoli et Benghazi, sont destinés à la clientèle d’affaires. Des établissements de bon confort sont en construction. Si la qualité du service n’est pas toujours au rendezvous, la gentillesse est générale et constante. Les Français sont particulièrement appréciés. Pas d’illusions pour les amateurs de bon vin : il est strictement impossible de boire une goutte d’alcool en Libye, pas même dans les grands hôtels. Inutile de tenter de faire passer quelques bouteilles dans vos bagages : elles seront scannées et détectées à l’arrivée à l’aéroport et confisquées. Forfaits. Quelques voyagistes français, en lien avec des agences libyennes, proposent séjours en groupe ou à la carte. Notamment, Orients, avec un circuit de huit jours, « Cyrénaïque et tripolitaine » à partir de 1 760 ¤, et « Cités antiques et pays des Garamantes », de la côte au désert, en quinze jours, conduit par un conférencier : à partir de 2 765 ¤ (groupe de 15 personnes), ou en individuel pour 100 ¤ supplémentaires (tél. : 01-40-51-10-40, www.orients.com), Clio (tél. : 0-826-10-10-82), Intermèdes (tél. : 01-45-61-90-90). Lecture. La Libye grecque, romaine et byzantine, de Jean-Marie Blas de Roblès (Edisud, 2005). Leptis Magna, d’André Laronde et Gérard Degeorge (Hermann, 2007). Guide de la Libye, de Véronique et François Sarano (La Manufacture). ÉGYPTE Evasio E asio Evasion io Publicités Tahiti Tourisme © F. Rousseau - Corbis RETROUVEZ TOUTES LES OFFRES SUR TAHITI-TOURISME.FR Renseignements publicité : m 01.57.28.39.40
Slide 28: 28 Suite de la page 27 &vous 0123 Samedi 8 mars 2008 rose et ocre des pierres, les mosaïques sur le sol comme autant de tapis en plein air, la mer si proche et si bleue… Subratha a une grande rivale : Leptis Magna. Beaucoup affirment que, si l’on doit ne visiter qu’un site archéologique en Libye, il faut retenir celui-là ! Située à 120 kilomètres à l’est de Tripoli (en direction de Syrte et de la Cyrénaïque), Leptis Magna, elle aussi inscrite au Patrimoine mondial de l’humanité, est en effet inoubliable. Aucune autre cité romaine n’a conservé de tels vestiges. Age d’or Fondée au XIe siècle avant J.-C. par les Phéniciens, conquise ensuite par les Carthaginois puis, après la chute de Carthage (146 avant J.-C.), par les Romains, Leptis Magna va connaître un âge d’or quand Septime Sévère, qui y est né, devient empereur de Rome. Le nouveau César favorise à outrance sa ville natale, y effectue de somptueux travaux, la recouvre de marbre importé de Grèce et d’Egypte, et en fait l’un des plus beaux joyaux de l’empire. Tombée aux mains des Vandales au Ve siècle, abîmée elle aussi par plusieurs séismes, la « seconde Rome » finit par connaître le même sort que Subratha et par se laisser couler dans les sables du désert. Partiellement pillée par les Européens au XVIe siècle – les châteaux de Versailles et des Windsor abritent, paraît-il, nombre de ses marbres –, Leptis Magna refait surface au début du XXe siècle, là encore, grâce à des archéologues italiens. Pour avoir une petite idée de ce qu’a été Leptis Magna, il faut déambuler dans la cité, emprunter ses rues, traverser ses carrefours, longer des murs de 2 à Agenda Norvège Navigation et périple culturel La compagnie de navigation Hurtigruten propose un séjour composé d’un périple en bateau de cinq jours – de Kirkenes à Trondheim – suivi d’un autotour de cinq jours à l’intérieur du pays. Visite culturelle chaque jour et le soir étape dans les hôtels de charme de la chaîne De Historiske Hotels. Forfait dix jours-neuf nuits au départ de Paris, 2 803 euros par personne, en cabine double extérieure. Renseignements : 01-58-30-86-86 et www.hurtigruten.fr demeures privées et restaurants) et s’étend à l’Italie et à l’Espagne. La chaîne, qui accorde toujours de l’importance au « bien-manger », promeut une nouvelle charte environnementale. Le guide 2008 est vendu 15 euros sur le site Internet, il est gratuit dans les 536 établissements. Renseignements : 0892-23-00-75 (0,34 euros TTC/mn) et www.chateauxhotels.com Salon Tourisme durable « Destinations nature ! », le Salon des randonnées, des voyages nature et de l’outdoor aura lieu du 28 au 30 mars à Paris. Il fera une large place au tourisme durable avec l’ouverture d’un espace écotourisme regroupant de nombreux acteurs de l’environnement. Invitée d’honneur, la Bulgarie présentera notamment ses dix parcs naturels et leurs circuits de randonnée. Rens. : porte de Versailles, hall 6. De 10 heures à 19 heures. Nocturne le vendredi 28 mars jusqu’à 20 heures. Tarif normal 8 ¤, tarif réduit 5 ¤. www.randonnee-nature.com Italie Visite privée à Venise Le voyagiste Donatello, spécialiste de l’Italie, propose une visite de la nouvelle exposition « Rome et les barbares » au Palazzo Grassi , à Venise (Italie). En petit comité et après la fermeture de l’exposition à 19 heures. Le séjour comprend le vol régulier, deux nuits en chambre double avec le petit déjeuner en hôtel 2 étoiles, à partir de 428 euros par personne. A certaines dates seulement. A l’est de Tripoli, la cité romaine de Leptis Magna a conservé des vestiges uniques. HUGUES FONTAINE Renseignements : 0826-10-20-05 et www.donatello.fr Rencontres Autour du cerf-volant Les 22e Rencontres internationales de cerfs-volants se tiendront à Berck-sur-Mer (Pas-de-Calais), du 5 au 13 avril. Au programme : championnat du monde par équipe, combats de cerfs-volants japonais, expositions, vol de nuit avec final pyrotechnique, démonstrations diverses. Entrée gratuite. Informations : office du tourisme de Berck-sur-Mer : 03-21-09-50-00 ou office.tourisme.berck@wanadoo.fr www.cerf-volant-berck.com 3 mètres de haut, ou fouler la Voie à colonnes de marbre, couchées sur le sol comme des géants foudroyés par le tremblement de terre de 365 après J.-C. Il faut voir le Forum, orné de plus d’une soixantaine de têtes de méduse (destinées à éloigner la malchance et les mauvais esprits), l’arc de Septime Sévère, les thermes d’Hadrien, l’amphithéâtre, l’hippodrome, le port… En toile de fond, encore et toujours, la mer, et les statues de Bacchus et Hercule, les deux divinités de la cité. On ne peut pas quitter Leptis Magna sans avoir visité la villa Silin, à quelques kilomètres de là, installée sur un petit promontoire dominant une très jolie baie. Découverte en 1974, cette villa romaine, la plus belle de Libye, a été miraculeusement sauvée par le sable qui l’a recouverte. La demeure, qui appartenait sans doute à un riche propriétaire terrien, permet d’avoir un aperçu de la vie d’un notable romain au IIe siècle après J.-C. Avec ses chambres d’enfants décorées de guirlandes de fleurs et de canards, ses thermes privés, son petit temple de prière et ses mosaïques, la villa Silin est un trésor à ne pas manquer. a Florence Beaugé France Châteaux & Hôtels collection L’ancien réseau Châteaux & Hôtels de France change de nom et devient Châteaux et Hôtels Collection. Le groupe d’Alain Ducasse maintient l’organisation de son offre en six catégories (Orus, Caractères, Beaux Hôtels, Compagnie des auberges, 0123 STYLES La station des Gets tente de se débarrasser des voitures www.lemonde.fr Ce village de Haute-Savoie opte pour le développement durable 48 heures à… Les Gets (Haute-Savoie) Envoyé spécial R SÉQUENCES VOYAGE SUPPLÉMENT GRATUIT DE 108 PAGES Mercredi 12 mars avec 0123 daté jeudi 13 mars 2008 evenir skis aux pieds le plus près possible de son lieu de séjour, tel est le souhait de tous les amoureux de glisse qui répugnent à déchausser ou à clopiner avec leurs planches sur l’épaule. Pour cela deux conditions sont essentielles : l’enneigement doit être suffisant et surtout les pistes doivent passer près des logements. Cet idéal, certains promoteurs des stations d’altitude l’ont intégré. Ainsi, aux Arcs ou à Avoriaz, les dortoirs des neiges ont été conçus en fonction de ces critères. Mais dans un village de moyenne montagne, la situation est différente. Comment transformer un bâti existant et modifier les voies de circulation ? En résumé, comment faire pour que des espaces soient facilement accessibles aux skieurs ? En Haute-Savoie, une petite commune tente l’expérience depuis quelques années. Village de montagne rapidement passé du tout-agricole au tout-tourisme, la station des Gets a choisi de réviser son plan local d’urbanisme dès 2001 pour mettre en valeur son environnement et pour proposer un « paysage » différent aux vacanciers. La chance des Gets, située à 1 100 mètres d’altitude, est de posséder un domaine skiable qui est situé de chaque côté du village et des kilomètres de pistes reliées au domaine encore plus vaste des Portes du Soleil. Le handicap : la route, reliant Cluses à Thonon-lesBains, qui coupe la commune en deux. Le maire, Alain Boulogne, partisan du développement durable, n’en a pas pour autant aban- donné ses projets. Il a choisi de redonner la priorité aux piétons dans le centre du village. Cette démarche volontariste, destinée à préserver et à valoriser le patrimoine existant, a un peu bousculé les habitudes des résidents. Dilution des responsabilités Certes la route est toujours là, avec son cortège de voitures et de bus lors des grandes migrations saisonnières, mais le flux est ralenti par des feux et légèrement dévié. A côté de cet axe intouchable – « Nous sommes au fond d’une vallée, explique le maire, et nous ne pouvons dévier la circulation » –, les trottoirs du centre du village ont été élargis et la circulation est interdite à certaines heures. Pour Alain Boulogne, une commune de 1 300 résidents perma- Pratique Accès. Les Gets (Haute-Savoie) sont situés à 22 kilomètres de Cluses où passent le TGV et l’autoroute A40. L’aéroport de Genève est à 55 km par Thonon. Office de tourisme, tél. : 04-50-75-80-80. Site : www.lesgets.com Le domaine skiable. Ouvert jusqu’au 20 avril, il possède une cinquantaine de remontées mécaniques qui desservent soixante-huit pistes, dont deux nocturnes, et un secteur consacré aux nouvelles glisses. Hébergement. Le village dispose d’une vingtaine d’hôtels, deux et trois étoiles, ainsi que de nombreux meublés, dont la liste est consultable sur le site de la station (www.lesgets.com). Il propose aussi un centre de bien-être, le Spa Sereni Cimes (www.hotelmarmotte.com) et un autre de remise en forme, Clair Moment (www.clairmoment.com) nents doit être capable de s’adapter à l’évolution des modes de vie. « Aujourd’hui, assure-t-il, les vacanciers acceptent de modifier leurs comportements si on leur explique que c’est pour l’agrément de tous. » Limitation de vitesse, incitation à l’utilisation des parkings souterrains, stationnement gratuit à l’entrée du village, réalisation d’une « voie blanche » qui relie les deux domaines skiables, multiplication des services de transports en commun : les actions entreprises sont nombreuses pour inciter habitants et vacanciers à ne pas utiliser leur voiture. Les Gets sont membre, depuis deux ans, de l’association Alpine Pearls qui regroupe vingt-deux stations alpines européennes sélectionnées pour promouvoir une mobilité respectueuse de l’environnement. Un regroupement de destinations touristiques qui bannissent les voitures et tentent de convaincre les visiteurs que cette privation est plutôt une manière d’enrichir ses vacances que de les gâcher. « Avec nos partenaires suisses, allemands ou autrichiens nous faisons le pari de faire évoluer les mentalités », explique Alain Boulogne, qui note des changements de comportement significatifs au fil des années. Certes il reste encore beaucoup à faire, notamment dans la liaison entre la station et les gares. « Encourager les vacanciers à venir en TGV alors que nous n’avons aucune maîtrise du service de cars jusqu’à Cluses, c’est encore difficile », reconnaît l’élu en regrettant la dilution des responsabilités entre communes, département et région. Les Gets ne sont pas encore une station « ski aux pieds » mais la commune s’efforce d’y parvenir. a Serge Bolloch
Slide 29: 0123 Samedi 8 mars 2008 &Sport 29 rugby Le XV italien en mal de relève L’équipe transalpine, adversaire de la France dimanche, n’a pas de réservoir de joueurs performants Rome Correspondant S ans le rempart musclé de Mauro Bergamasco en troisième-ligne, l’équipe d’Italie se sent bien dépourvue avant d’affronter le XV de France, dimanche 9 mars à Paris, pour la quatrième journée du Tournoi des six nations. La suspension du colosse, puni jusqu’en juin pour une brutalité contre un Gallois, ajoutée à l’absence du deuxième-ligne Santiago Dellapè et du buteur David Bortolussi, renvoie le rugby italien à ses peurs de naguère, quand un match contre une nation majeure de l’Ovalie était une promesse de déculottée. Les progrès constatés depuis trois ans, en particulier lors du Tournoi 2007, avec deux victoires sur l’Ecosse et le Pays de Galles, ne masquent pas la pauvreté du réservoir du rugby transalpin. « Une équipe est grande quand elle peut compter sur trente bons joueurs, soupire Giancarlo Dondi, le président de la Fédération italienne (FIR). Notre limite est là. Il faut élargir notre élite. » Le nouveau sélectionneur, le Sud-Africain Nick Mallett, tente bien d’intégrer une nouvelle génération, mais un joueur comme Andrea Marcato (24 ans, 5 sélections) ne joue qu’épisodiquement dans son Le demi de mêlée italien Simon Picone (au-dessus) plaque Dwayne Peel lors du match entre l’Italie et le Pays de Galles, le 23 février à Cardiff. EDDIE KEOGH/REUTERS club de Trévise. Situation identique pour Alberto Sgarbi (21 ans, Coste, l’ancien sélectionneur du de Pise. Au sein de ce Marcoussis d’un jeu ambitieux. « A part Trévi- clairsemées : au manque de sortie au premier tour. « Dès la fin 2 sélections), un puissant ailier Quinze italien de 1993 à 1999, italien, une trentaine de juniors se, qui essaie de produire du jeu, culture rugbystique s’ajoute le décembre, nous avions vendu toutes les places du stade Flaminio condamné à de rares apparitions « sont d’une valeur inférieure à nos suivent une formation scolaire et c’est un rugby physique basé quasi manque de spectacle. Pourtant, la rugbymania qui a [environ 30 000] pour nos deux en championnat. « Dans la plu- jeunes ». Le technicien français, à rugbystique du lundi au jeudi, exclusivement sur le jeu d’avants », part des équipes, les postes-clés sont qui l’Italie doit sa progression de avant d’être rendus à leurs clubs confirme Eric Espagno. Le joueur envahi l’Italie lors du Tournoi rencontres à domicile du Tournoi », français, pour qui cette saison en 2007, profitant des différents scan- se réjouit Giancarlo Dondi. Un tenus par des étrangers », explique la deuxième division au Tournoi pour le week-end. Ce n’est pas en championnat Italie est « un complément de for- dales qui ont secoué le football, exploit au Stade de France suffiEric Espagno, l’ancien troisième- des six nations, en passant par ligne du RC Toulon, qui découvre une victoire historique contre les que les Bergamasco ou les Parisse mation profitable », n’est pas éton- résiste à la déception d’une Coupe rait à ranimer la passion. a cette saison le rugby italien dans Bleus en 1997, supervise désor- de demain feront l’apprentissage né d’évoluer devant des tribunes du monde ratée, qui a vu l’équipe Jean-jacques Bozonnet mais le secteur jeunes de la FIR. le club de Catane (Sicile). « Nous devons italianiser notre « Je ne suis pas pessimiste, il y a un rugby de haut niveau afin que nos fort potentiel dans le rugby junior italien, affirme-t-il. Les jeunes puissent acquérir ressources pour alimende l’expérience dans nos Une « académie » ter l’équipe nationale clubs », affirme le présia ouvert existent, à condition que dent Dondi. Chaque Né à Paris en mai 1983, d’origi- constate le novice. Il y a peu de Ibrahim Diarra est l’un des vec l’afflux de jeunes pousses portes l’Italie se fixe le défi de la chances pour que le Montalbanais équipe est tenue d’inscinq « petits » nouveaux de la der- ne sénégalaise, Ibrahim Diarra, ses impulsé par les trois au centre fédéral formation. » soit pris au dépourvu sur ce tercrire au moins onze nière fournée – frimousses adoles- 1,85 m et 105 kg, n’a commencé le entraîneurs du XV de Frandu haut niveau Selon lui, le niveau ce, les visages burinés des glorieux centes, joues bien remplies – rain-là, avec tout le soutien dont il joueurs « de formation rugby qu’à l’âge de 16 ans, à Viryde Tirrenia, des entraîneurs est par- anciens, les Pelous, Ibanez, Betsen pétrie par les trois boulangers du devrait bénéficier au Stade de italienne » sur la feuille Châtillon (Essonne). Rapidement près de Pise fois insuffisant « à cau- et consorts, marqués des traces de France : « Il y aura tout Viry-Châde match. Une telle prorepéré dans ce club de la banlieue XV de France pour battre les Itase d’un décalage entre leurs victoires héroïques et de tillon, tout le Tarn-et-Garonne, toutection reste théorique parisienne, il débarque à Monliens, dimanche 9 mars. Malgré la te l’Afrique ! », exulte celui qui se car tout étranger opérant depuis leurs connaissances théoriques et leurs défaites cuisantes, s’étaient tauban trois ans plus tard. « Ibradéfaite contre l’Angleterre, le définit aussi comme un « Black deux ans en Italie peut être consi- l’application pratique ». Sous son presque fait oublier. Il a suffi him est un joueur très complet, très 23 février, les Bleus restent en Panther ». déré comme « de formation italien- impulsion, la FIR a mis en place qu’apparaisse Ibrahim Diarra course pour gagner le Tournoi des puissant, excellent gratteur au sol et un système de « tutorat » pour dans la salle de presse du Centre Avec Ibrahim Diarra, deux ne ». très bon joueur de soutien », explisix nations. autres néophytes, le trois-quart Le temps n’est plus où, avant épauler les dix meilleurs. Parallèle- national du rugby de Linas-Marque Marc Lièvremont pour justiGestuelle de jongleur, visage centre berjalien Yann David, l’avènement du professionnalis- ment, « la fédération essaie de pal- coussis, pour que, par un contrasfier son choix de titulariser le troihilare, rires tonitruants, bonnet 19 ans, et le pilier auscitain Fabien me, les meilleurs joueurs de la pla- lier les manques » par des innova- te percutant, on se les remémore, sième-ligne. enfoncé sur un crâne rasé et petite Barcella, 24 ans, débuteront le nète passaient par l’Italie pour des tions ciblées sur les 17-19 ans. Des pour envisager le ravin qui sépare « Les entraîneurs sont très barbichette, prompt à la dérision, match. Lionel Nallet, leur capitai« piges » rémunératrices. Aujour- rassemblements régionaux de l’ancienne génération de la nouvel- l’actuel Montalbanais tient plus ouverts, les joueurs adorables, je ne d’hui, les stars de l’hémisphère quelques jours sont organisés cha- le. Le troisième-ligne de Monpensais pas que c’était aussi enthou- ne, veillera à ce que ces nouveaux du titi parisien « new look » que trublions provoquent le plus de Sud vont en France et en Angleter- que mois, et une « académie » a tauban a réussi à transformer le siaste ici, déclare Ibrahim Diarra. du rugbyman. « Il ne faut pas se débordements possible. a re. La Péninsule attire désormais ouvert ses portes au centre fédéral célèbre « Marcatraz » d’antan en Les coaches nous demandent de prendre la tête, dit-il. Je suis plutôt des rugbymen qui, selon Georges du haut niveau de Tirrenia, près scène de théâtre comique. prendre beaucoup d’initiatives », décontracté, “peace and love”. » Jean-Louis Aragon Ibrahim Diarra, trublion heureux des Bleus A Cipriani privé de sélection pour « inconduite » Danny Cipriani a failli être titularisé pour la première fois au sein de l’équipe d’Angleterre, pour jouer contre l’Ecosse, samedi 8 mars. Agé de 20 ans, le talentueux joueur des London Wasps est vu par beaucoup comme le successeur de Jonny Wilkinson à l’ouverture du XV de la Rose. Contre les Ecossais, Wilkinson toujours titulaire, il devait officier à l’arrière. Mais, pour son grand malheur, il a été photographié, jeudi, par des tabloïds en train de sortir d’une boîte de nuit à minuit et demi. Brian Ashton l’a exclu en conséquence de l’équipe pour le prochain match du Tournoi, tout en assurant que le jeune Danny restait dans son projet. Les clubs français plaident pour la dissociation des sanctions Clermont et le Stade français sont privés de joueurs pour le Top 14, suite à des fautes lors de matches européens P iétinement d’un joueur adverse. Cette faute répréhensible, commise récemment en Coupe d’Europe, a provoqué une bagarre en dehors des terrains. L’échange de coups se livre dans les couloirs de l’International Board, de la Fédération française de rugby (FFR) et de la Ligue nationale de rugby autour d’un sujet qui fâche depuis plusieurs années : l’application automatique au niveau du championnat de France des sanctions résultant de matches internationaux. Troisième ligne de Clermont, Alexandre Audebert a été suspendu fin janvier par l’European Rugby Cup (ERC) pour huit semaines après avoir marché sur l’Irlandais Ronan O’Gara en Coupe d’Europe. La règle de non-dissociation des sanctions mise en place par l’International Board oblige la Ligue à appliquer telle quelle toute suspension internationale au niveau du Top 14. Mais les clubs français s’opposent à ce régime de « double sanction », estimant qu’ils sont injustement pénalisés en championnat pour des faits qui se produisent en Coupe d’Europe ou lors de matches internationaux. Ce fut le cas du Stade toulousain en 2005 avec Fabien Pelous après un match avec le XV de France. De même, le Stade français doit se passer de l’Italien Mauro Bergamasco jusqu’en juin après un match du Tournoi des six nations 2008. Cette opposition française s’est traduite dans le cas d’Alexandre Audebert par la décision de la commission de discipline de la Ligue de réduire de huit semaines à trente jours la sanction prononcée par l’ERC à l’encontre du Clermontois. Mais cette décision de la Ligue a été annulée, mercredi 5 mars, par la commission d’appel de la FFR. Face à ces tirs croisés, le club de Clermont a décidé « d’aller jusqu’au bout dans cette affaire », selon son président René Fontès, qui préconise « une action coordonnée de tous les clubs français professionnels ». Le directeur de la Ligue, Arnaud Dagorne, sou- ligne que si les clubs français contestent l’application automatique de toutes les sanctions internationales, dans le cas de faits graves, ils considèrent qu’une extension des suspensions au championnat national se justifie. Le « feuilleton Audebert » devrait donc connaître de nouveaux rebondissements dans les semaines à venir, notamment par le biais d’un appel du club de Clermont devant le Comité national olympique français. a Bertrand d’Armagnac
Slide 30: 30 &Sports 0123 Samedi 8 mars 2008 Les coureurs pris en tenaille avant Paris-Nice L’organisateur et la fédération internationale bataillent, alors que la course part dimanche Cyclisme vés des championnats du monde à Varèse et des JO de Pékin – assortie d’une amende de 10 000 francs suisses (6 350 euros) s’ils participent à la « course au soleil ». De l’autre, ASO, propriétaire de l’épreuve, tient dans ses mains, se disent les coureurs, le pouvoir de les sélectionner pour la prochaine Grande Boucle. « C’est un chantage inacceptable, estime Cédric Vasseur, président de l’Association des coureurs professionnels (CPA). Les dirigeants se déchirent et les sportifs trinquent. Si cela continue, on va demander aux coureurs de signer un contrat estampillé ASO et un autre UCI. C’est aberrant. On les menace parce qu’ils font leur job ! » C’est la décision d’ASO de ne pas retenir dans ses épreuves la formation Astana, à laquelle appartient depuis cette saison l’Espagnol Alberto Contador, le dernier vainqueur du Tour, qui a mis le feu E tre cycliste professionnel, en 2008, n’est pas chose aisée. Déjà encombrés d’une image ternie par les affaires de dopage à répétition, voilà les coureurs pris en tenaille dans le conflit qui oppose l’Union cycliste internationale (UCI) à Amaury Sport Organisation (ASO). Entre l’instance dirigeante de la petite reine et la société privée propriétaire du Tour de France et de plusieurs autres épreuves, le torchon brûle depuis trois ans. Ces derniers jours, il s’est franchement embrasé. A quelques heures du départ de Paris-Nice, donné, dimanche 9 mars, à Amilly (Loiret), de nombreux participants ne cachaient pas leur désarroi. D’un côté, l’UCI menace les 160 coureurs d’une suspension de six mois – avec le risque d’être pri- Le 6 février, au Grau du Roi (Gard) lors de l’Etoile de Bessèges, traditionnelle épreuve de préparation à Paris-Nice. MONS/PRESSE SPORTS Une soixantaine de contrôles antidopage prévus L’Agence française de lutte contre le dopage (AFLD) va diligenter une soixantaine de contrôles pendant le Paris-Nice, soit un doublement par rapport à 2006. « Nous ciblerons tous les coureurs, a prévenu, jeudi 6 mars, le président de l’AFLD, Pierre Bordry. Pas uniquement le vainqueur de l’étape ou le leader du général. » En cas de contrôle positif, les sanctions prises par l’AFLD seront reconnues par l’UCI, en vertu de la réciprocité qui s’applique à tout signataire du code mondial antidopage. aux poudres. Cette équipe est en effet l’une des 18 formations retenues par l’UCI pour participer à son Pro-Tour. Et, normalement, Paris-Nice figurant au calendrier de ce circuit international, l’équipe kazakhe ne pouvait, selon les règles de l’UCI, être évincée. La décision d’ASO, considère l’instance internationale, a mis de fait l’épreuve hors jeu, et, selon elle, les coureurs ne doivent donc pas y participer. ASO, de son côté, fait valoir que son choix est une affaire de principe. Le nom d’Astana, juge la société, est trop associé à plusieurs affaires de dopage, dont celle impliquant Alexandre Vinokourov lors du dernier Tour. Faute de l’agrément de l’UCI, ASO a donc demandé à la fédération française d’inscrire Paris-Nice à son calendrier, pour obéir à une contrainte réglementaire. Chacun campe désormais sur ses positions, dans ce qui ressemble à une querelle de pouvoir engageant l’avenir du cyclisme. Mises au pied du mur par Pat McQuaid, le président de l’UCI, les équipes ont officiellement décidé d’adopter une posture commune et de confirmer leur présence à Paris-Nice. « Ce n’est pas un pied de nez à l’UCI, a expliqué Eric Boyer, président de l’Association internationale des groupements cyclistes professionnels (AIGCP), également directeur sportif de Cofidis. C’est une des plus belles courses qui existent. Tous les cyclistes veulent la faire. On ne va pas les mettre au chômage technique sous prétexte d’un différend entre les dirigeants et l’organisateur. » Tentative de conciliation Dans les faits, quelques désistements de dernière minute ont cependant été enregistrés. Le sprinter belge Tom Boonen et les leaders de High Road, l’ex-équipe T-Mobile, comme George Hincapie, Mark Cavendish et Bradley Wiggins, seront les principaux absents. « Ces défections ne sont pas un hasard, a confirmé Cédric Vasseur. Et ce sont des coureurs moins confirmés qui risquent d’en faire les frais. C’est intolérable. » A la demande de Patrick Lefévère, président du groupement d’intérêt économique des équipes (IPCT), l’UCI a bien fait une tentative de conciliation, mais ASO n’a pas donné suite. Mercredi, Pat McQuaid a proposé de revoir la règle de participation automatique des formations Pro-Tour à la Grande Boucle. L’un des principaux points, donc, de la guerre entre ASO et l’UCI. Mais en 2007, où le départ de Paris-Nice avait déjà été menacé pour des raisons similaires, une médiation de ce type avait été ordonnée quelques jours avant l’épreuve, avant d’être remise en cause en juin. « Cela ne me paraît pas sérieux de recommencer », explique Patrice Clerc, le patron d’ASO. Dernier espoir – bien mince – d’apaisement, la plus haute juridiction sportive, le Tribunal arbitral du sport, saisi par Patrick Lefévère, devait se prononcer vendredi, s’il s’estime compétent, sur la validité des menaces formulées par l’UCI. Mais tant ASO que la fédération internationale ont déjà fait savoir qu’ils refusaient son arbitrage. a Julien Renon Le jugement qui fait craindre la faillite à la Fédération française O utre les sanctions agitées par l’Union cycliste internationale (UCI) pour son soutien aux organisateurs du Paris-Nice, la Fédération française de cyclisme (FFC) est soumise à une autre menace, plus immédiate : la faillite. La Fédération risque en effet d’être condamnée à payer près de 2 millions d’euros dans l’« affaire Sulpice ». En septembre 1995, le pistard Patrice Sulpice, 21 ans, devient paraplégique après un accident lors des championnats du monde à Bogota. En juin 2007, la FFC est condamnée par le tribunal de Chambéry (Savoie) à verser 1, 335 million d’euros à Patrice Sulpice pour « défaut d’information sur les possibilités de garanties complémentaires en matière d’assurance ». La Fédération est également condamnée à verser 627 000 euros à la Caisse primaire d’assurance-maladie pour les soins médicaux. La FFC, qui a déjà usé, sans succès, un pourvoi en cassation, a fait appel de cette condamnation. La cour d’appel de Chambéry doit rendre son jugement mardi 11 mars. « Si nous sommes condamnés à verser la totalité de cette somme, nous serons peut-être obligés de vendre notre siège, réagit le président de la FFC, Jean Pitallier. Aujourd’hui, nous n’avons pas l’argent. » La Fédération a déjà versé 619 000 euros à Patrice Sulpice. Et elle a provisionné le reste sur ses comptes de la saison 2006-2007. « C’est pour cela que nous affichons un déficit de 1,6 million », précise Jean Pitallier. Depuis que le cyclisme est miné par les affaires de dopage, les caisses de la Fédération ne cessent de se vider. Le nombre de licenciés (101 000), principale source de financement, est en baisse constante, et les partenaires, de l’aveu même de son prési- dent, sont « difficiles à trouver ». La situation financière de la FFC inquiète également les coureurs. Certains se sont plaints de ne toujours pas avoir reçu leur prix pour le Tour de France 2007. « Ce retard n’a rien à voir avec notre situation financière, il est lié à l’incertitude qui règne sur des coureurs comme Mayo ou Rasmussen, qui ont été impliqués dans des affaires de dopage, signale Jean Pitallier. La Fédération n’est qu’une simple boîte aux lettres par laquelle transitent les prix versés par l’organisateur. Elle ne touche aucun intérêt. » Maigre consolation, si Paris-Nice et a fortiori le Tour sont inscrits au calendrier de la Fédération, et non plus à celui de l’UCI, la FFC devrait récupérer les droits d’inscription. En 2007, ils étaient de 27 600 euros pour la « course au soleil » et de 138 000 euros pour la Grande Boucle. a Stéphane Mandard Football Marseille domine Saint-Pétersbourg L’Olympique de Marseille a battu (3-1) le Zénith Saint-Pétersbourg, jeudi 6 mars, au stade Vélodrome, en 8e de finale aller de la Coupe de l’UEFA. Les trois buts marseillais ont été marqués par Djibril Cissé (37e et 55e) et Mamadou Niang (48e), l’équipe russe répliquant par Andreï Archavine (82e). Le match retour, à Saint-Pétersbourg, aura lieu le 12 mars. Tennis Après Roger Federer, Rafael Nadal sorti à Dubaï L’Espagnol Rafael Nadal (2e mondial) a été battu (7-6, 6-2), jeudi 6 mars, par l’Américain Andy Roddick (6e), en quart de finale, à Dubaï. Ce dernier a annoncé à cette occasion qu’il se séparait de son entraîneur vedette, l’ancien joueur Jimmy Connors. Avant l’élimination de Nadal, le tournoi avait déjà perdu sa tête d’affiche, Roger Federer, battu d’entrée par l’Ecossais Andy Murray. Planche à voile Antoine Albeau, nouveau recordman de vitesse Le véliplanchiste Antoine Albeau a établi un nouveau record absolu de vitesse à la voile, à 49,09 nœuds de moyenne, soit près de 91 km/h, sur une distance de 500 mètres. Agé de 36 ans, le Français a réalisé cette performance sur le canal spécialement aménagé des Saintes-Maries-dela-Mer, en Camargue. Il compte prochainement franchir la barre des 50 nœuds.
Slide 31: 0123 Samedi 8 mars 2008 Ecrans 31 Télévision Une interview d’Idriss Déby sur France 24 La chaîne France 24 reçoit Idriss Déby, le président du Tchad, pour un entretien exceptionnel au palais présidentiel à N’Djamena. Parmi les thèmes abordés, l’avenir des relations franco-tchadiennes, la perspective de la renégociation des accords de défense avec la France, le dialogue avec l’opposition, le rôle de la nouvelle Commission d’enquête internationale. La question de la force européenne (Eufor), la situation au Darfour, et le sort des membres condamnés de L’Arche de Zoé seront aussi évoqués. L’entretien sera diffusé vendredi 7 mars à 19 h 10 (heure de Paris), samedi 8 à 13 h 40 et 21 h 10, et dimanche 9 à 17 h 10. France 2 orchestre en direct e les 23 Victoires de la musique Télévision La cérémonie présentée par Nagui en première partie de soirée se veut une vitrine pour la scène française Vu&commenté Trop souriant pour être honnête Dominique Dhombres amais on ne l’a vu sourire autant. S’il y a quelqu’un d’heureux au gouvernement, c’est bien lui. François Fillon était l’invité de Patrick Poivre d’Arvor, jeudi 6 mars sur TF 1, à trois jours du premier tour d’élections municipales données perdues d’avance. Et il était rayonnant. PPDA lui posait une question évidente : « Si les Français vous trouvent tant de qualités en ce moment, c’est peut-être qu’ils n’en trouvent pas assez au président de la République ? » On admirera l’art de la litote du présentateur. François Fillon avait manifestement peaufiné sa réponse : « Les sondages passent, mais les réformes restent » PPDA insistait. « Quand on en arrive à ce différentiel de sondages, 25 points parfois, cela ne vous pose pas de problèmes relationnels à tous les deux ? » « Aucun », répliquait François Fillon. « On est raccord », ajoutait-il avec un petit rire. Ainsi va ce premier ministre, très anglais d’allure et de ton. Il savoure sa situation sans jamais en faire trop. Il connaît parfaitement les limites inhérentes à son statut. Il sait que le plaisir qu’il éprouve en ce moment est fugace. Il sait aussi qu’il s’exposerait terriblement à trop vouloir l’étaler… La leçon de droit constitutionnel ne tardait pas à venir. « Sous la Ve République, il y a une règle absolue : le premier ministre est à la disposition du président de la Républi- U TMC en tête des audiences de la TNT TMC, filiale de TF1 et d’AB Groupe, se classe en tête des nouvelles chaînes gratuites de la télévision numérique terrestre (TNT) au mois de février, avec 4,5 % de part d’audience chez les personnes vivant dans un foyer disposant de la TNT, selon Médiamétrie. TMC est suivie par Gulli (4,3 %), W9 (3,9 %), NT1 (2,9 %), NRJ 12 (2,5 %), Direct 8 (1,5 %) à égalité avec Virgin 17, France 4 (1,4 %), BFM TV (groupe NextRadioTV, 0,7 %), et iTélé (0,4 %). n seul présentateur (Nagui) au lieu de deux, voire trois, et des artistes pour remettre les prix aux lauréats : telles sont les pâles innovations de la 23e édition des « Victoires de la musique », retransmise en direct du Zénith de Paris samedi 8 mars sur France 2. L’industrie du disque est en crise, mais cela n’empêche pas les artistes de faire la fête. Au contraire. Selon Gilles Bressand, président de l’association Les Victoires de la musique – également président du label indépendant XIII Bis Records et vice-président du syndicat national des éditeurs phonographiques (SNEP) –, « tous les nominés seront présents, prêts à jouer en direct, preuve que cette cérémonie est un véritable enjeu pour eux ». Quant à Nagui, il promet de se faire discret « au profit du spectacle ». Si l’édition 2007 avait distingué la nouvelle scène – Bénabar et Olivia Ruiz –, le palmarès 2008 « devrait témoigner d’une plus grande diversité », avance M. Bressand. Parmi les nominés, on trouve aussi bien le nouveau venu Renan Luce, remarqué cet été avec sa Lettre tendre et humoristique, qu’une habituée, Zazie, en tête des nominations avec cinq citations. Il y aura aussi Christophe Willem, lauréat 2006 de « La Nouvelle Star » de M6, et les Rita Mitsouko, le groupe de rock français le plus important des vingt-cinq dernières années, et dont l’un des deux membres, Fred Chichin, le complice de Catherine Ringer, est mort en novembre 2007 à l’âge de 53 ans. « Etre entendu » Pour certains, comme le duo AaRON, disque d’or pour son premier album Artificial Animals Riding on Neverland, sorti en mars 2007, nommé deux fois (groupe ou artiste révélation du public, groupe ou artiste révélation scène),« Les Victoires » sont l’occasion de se produire à 20 h 50 sur une grande chaîne de télévision. « Au-delà de la Victoire, l’important pour nous, c’est d’être entendu », déclarent en chœur Simon Buret (chanteur, auteur, compositeur) et Olivier Coursier (compositeur, arrangeur). Quelque 1 200 professionnels de la filière ont sélectionné le meilleur de la production musicale de l’année 2007 selon leurs critères. Pour chaque catégorie – artiste masculin, artiste féminin, clip, album, chanson originale de l’année, etc. –, quatre lauréats potentiels sont retenus. Le vainqueur est celui qui a remporté le plus grand nombre de suffrages. Le public est appelé à voter pendant la soirée dans deux catégories – groupe ou artiste révélation du public de l’année et chanson originale de l’année. France Inter retransmet aussi la cérémonie avec des réactions glanées dans les coulisses du Zénith par l’équipe d’Isabelle Dhordain. a Sylvie Kerviel J « Les Victoires de la musique 2008 », samedi 8 mars à 20 h 50 sur France 2 et dès 20 h 10 sur France Inter. Vendredi 7 mars TF1 20.50 Les Restos du cœur 2008. Les Secrets des Enfoirés Enregistré au Zénith de Strasbourg. Avec Alizée, Tina Arena, Benabar, Amel Bent, Patrick Bruel, Francis Cabrel, Julien Clerc, Gérard Darmon, Gérald de Palmas, Céline Dion, Patrick Fiori, Frédéric Diefenthal... 23.30 Donner pour aider Emission spéciale présentée par Claire Chazal et Patrick Poivre d’Arvor. France 2 20.55 Boulevard du Palais. La Jeune Fille et la Mort 0 Série. Avec Anne Richard, Marion Game (Fr., 1999) d. France 3 20.50 Thalassa. Rendez-vous avec le dragon Présenté par Georges Pernoud. Au sommaire : Rendez-vous avec le dragon ; Madagascar, la folie litchis ; Montenegro : d’un monde à l’autre... d. Canal + 20.50 Des serpents dans l’avion a Film David R. Ellis. Avec Samuel L. Jackson, Julianna Margulies, Nathan Phillips (Etats-Unis, 2006) 2 d. Arte 21.00 Le Diable dans le ventre. Téléfilm. Hermine Huntgeburth. Avec Ulrich Noethen, Margarita Broich [1-2/2] (All., 2007) d. Une famille d’ouvriers laisse, à contre-cœur, leur fille entrer au collège. M6 20.50 NCIS/Enquêtes spéciales. L’Etoffe des héros 0 Le Baiser du tueur. In extremis 0 Série (S2, 21 à 23/23). Avec Mark Harmon, Sasha Alexander d. 22.35 Esprits libres. Présenté par Guillaume Durand. Invités : François Léotard, Guy Sorman, Michel Field, Olivier Duhamel, François de Closets, Brigitte Fontaine, Michel Butor... 23.20 Sex and the City. L’Extase des sens. Esprit es-tu là ? Série (S4, 4-5/18) 0. Avec Sarah Jessica Parker d. 22.35 Pars vite et reviens tard Film Régis Wargnier. Avec José Garcia, Marie Gillain, Lucas Belvaux (2007) 2 d. 22.55 Météo, Soir 3. 23.55 Tracks. Magazine d. que et de la majorité à tout moment. » Pour ceux qui auraient des distractions, il répétait le cours magistral. Le président de la République est élu pour cinq ans. C’est ainsi, et aucun sondage n’y changera rien. Tout cela est parfaitement exact, mais aucun premier ministre de la Ve République n’avait eu autant besoin, jusqu’ici, de le rappeler. Il y a, chez François Fillon, quelque chose de ces personnages qu’on appelle, chez Molière, les « raisonneurs ». Face aux folies du héros de la pièce, ils énoncent inlassablement des vérités premières. Ils ont la réputation d’être ennuyeux, pour rester poli. Les Français apprécient particulièrement ce discours en ce moment. Une façon d’indiquer au personnage principal qu’il serait temps de se calmer… François Fillon se ferait arracher la langue plutôt que d’en convenir. Il n’est pas tenté par un putsch. « On n’interrompt pas les travaux dans une ville parce qu’il y a des riverains qui sont mécontents. On va jusqu’au bout des travaux », ditil. Et puis, autre formule également préparée à l’avance : « Les villes françaises ne sont pas des trophées de chasse qu’il faudrait accrocher aux murs du Parti socialiste. » En ce qui concerne ce premier ministre trop souriant pour être honnête, la saison de la chasse n’a pas encore commencé. Mais à l’écouter égrener ses propos mesurés, on avait la certitude qu’il attendait posément son heure. a 23.25 La Vie comme un roman. Higelin en chemin Documentaire. Romain Goupil (Fr., 2007) d. 0.50 Coming Apart a a Film Milton Moses Ginsberg. Avec Rip Torn, Sally Kirkland, Robert Blankshine (Etats-Unis, 1969, N., v.o. 130 min) d. Un psychanalyste new-yorkais quitte sa femme et sombre dans la débauche sexuelle. 0.20 Earl. Tous mes vœux de bonheur 0 Série (saison 1, 8/24). Avec Jason Lee, Ethan Suplee d. 0.45 Journal, Météo. 0.25 En territoire ennemi II. Téléfilm. James Dodson. Avec Nicholas Gonzalez, Matt Bushell, Peter Coyote, Keith David, Ben Cross (Etats-Unis, 2006, 95 min) 2 d. 1.05 Pour vos yeux. Magazine. 0.30 Toute la musique qu’ils aiment... Concert Borodine Invité : André Lischke (65 min) d. 0.37 50 mn Inside. Magazine (50 min) d. 1.30 Envoyé spécial. Magazine (120 min). 0.50 Le Monde de Zoë Avril. [11/18]. Episode 11 (10 min) d. Samedi 8 mars TF1 20.50 Phénoménal ! Divertissement présenté par Jean-Luc Reichmann. Invités : Natacha Amal, Manu Payet, Valérie Bègue, Quentin, Dave, Eve Angeli d. France 2 20.50 Les Victoires de la musique 2008. Présenté par Nagui, en direct du Zénith. Sont en lice pour les hommes : Abd Al-Malik, Etienne Daho, Michel Polnareff et Yannick Noah ; pour les femmes : Keren Ann, Vanessa Paradis, Zazie et Catherine Ringer... France 3 20.50 La Grande Peur dans la montagne. Téléfilm. Claudio Tonetti. Avec Jean-Luc Bideau, Jean-Baptiste Puech (Suisse, 2005) d. Canal + 20.50 Rugby. Stade Français - Perpignan Top 14 (13e journée). 21.00 Coup d’envoi en direct de Paris. Arte 21.00 L’Aventure humaine. 1529, le siège de Vienne Documentaire. Hannes Schuler (All., 2006) d. 21.50 1631, massacre à Magdebourg Documentaire. Hannes Schuler et Anne Roerkohl (All., 2006) d. M6 20.50 La Trilogie du samedi. Médium L’Angoisse et l’Espoir. Esprit vengeur. Dans la peau d’un autre. Série (S3, 17/22 ; saison 2, 10-11/22). Avec Adam Goldberg, Patricia Arquette, Jake Weber (Etats-Unis) 0 d. 23.15 Dead Zone Guet-apens. Renaissance. Série (saison 6, 12 et 13/13) 0. Avec Anthony Michael Hall, Nicole de Boer (Etats-Unis, 2007) d. Opus Dei, de la légende noire à la normalisation médiatique Par Jérôme Anciberro 22.35 Météo, Soir 3. 22.50 Jour de rugby. Magazine. 23.20 New York, section criminelle. Le Monde du silence. Sauver la face Série (S6, 18/22 ; S5, 8/22). Avec Kathryn Erbe 0 d. 23.00 Passé sous silence. Monsieur Neuwirth, tenez bon ! Le Combat pour la pilule Documentaire. Sébastien Grall (France, 2007) d. 23.35 Jour de foot. Magazine. 22.45 Fin de parcours. Téléfilm. Bastian Günther. Avec Manfred Zapatka, Walter Kreye, Charly Hübner (2007) d. 0.30 Sophie Marceau, la rencontre 0. 0.55 Météo. 1.00 New York : police judiciaire. Le Prix d’une carrière. La Mauvaise Graine Série (S16, 16 et 15/22, 105 min) 0 d. 1.05 Ça se discute. Comment affronter une maladie grave à 20 ans ? Magazine présenté par Jean-Luc Delarue (110 min). 1.00 Boxe. Championnat du monde WBA WBC - WBO des poids lourdslégers : David Haye - Enzo Maccarinelli (GB, 180 min). 0.35 La Case de l’oncle Doc. Paris de femmes Documentaire. Charlotte Roustang (France, 2007, 55 min) d. 0.30 Quelques jours en avril. Téléfilm. Raoul Peck. Avec Idris Elba, Debra Winger (EU - GB, 2005, 150 min) d. 1.00 Le Monde de Zoë Avril. [12/18]. Episode 12. E n k i o s q u e s . – 4,50 € 1.10 Club (90 min). FRANCE 5 20.35 Echappées belles. Chamonix Présenté par Sophie Jovillard d. TMC 20.45 Commissaire Moulin. Commando à quatre pattes 0 Série. Avec Yves Rénier, Natacha Amal, Alice Béat (Fr., 2004) d. NT 1 20.45 Catch Attack. Raw. Smack Down Magazine. LCP-AN/PUBLIC SÉNAT 20.30 Tombé du ciel. Dieu aime-t-il la guerre ou la paix ? Magazine. La sélection radio VENDREDI 7 MARS SAMEDI 8 MARS 21.35 Ram Beti, princesse du Tera. Documentaire. Patrick Profit (Fr., 2006) d. 22.25 Double séduction. Téléfilm. Penelope Buitenhuis. Avec Andrea Roth, Linden Ashby (Etats-Unis, 1999) 0 d. 21.00 Bibliothèque Médicis. 22.20 La Crim’. Magie noire Série (S4, 7/12). Avec Isabel Otero, Jean-François Garreaud, Teco Celio (2002) d. Science publique 14.00 France Culture « Les Le Grand Studio 18.30 RTL Emission spéciale consacrée à Claude François. 22.05 Simone de Beauvoir : On ne naît pas femme. Documentaire. Virginie Linhart (2007). 22.55 Le Débat L’Héritage du féminisme. 22.30 A vous de voir. Qui a peur des maths ? Magazine. 0.00 Journal. 23.20 Extreme Makeover Home Edition : Les Maçons du cœur. La Famille Okvath [1-2/2] (90 min) d. 23.00 Chez F.O.G. Magazine (60 min) d. 0.05 Les Pièges du désir. Lettres perdues Série (30 min) 6. 23.40 Parlons blogs. Magazine (20 min) d. Enfants et la Télé », thème du magazine scientifique présenté par Michel Alberganti, journaliste au Monde. Invités : Christian Gautellier, Arié Guez, Sophie Jehel, Serge Tisseron, Maryse Vaillant. Luisa Miller 19.30 France Musique Opéra FRANCE 4 20.45 La Grande Illusion. Spécial sportifs Divertissement d. DIRECT 8 20.40 L’Ile bleue. Téléfilm. Nadine Trintignant. Avec Geoffrey Sauveaux, Julie Delarme (France, 2001) d. En juin 1940, lors de la débâcle, des adolescents français décident de défendre leur territoire de jeux face à l’avancée d’une colonne allemande. W9 20.45 Les Simpson : le prime. Au sommaire : La Comète de Bart ; Homer le clown ; Bart contre l'Australie (S6, 14 à 16/25) ; L'Amour au curry (S10, 14/23) ; Le Blues d'Apu (saison 5, 13/22) d. I-TELE 20.40 Ça se dispute. Concert franco-allemand 20.00 France Musique En direct de Munich, l’Orchestre symphonique de la Radio bavaroise, dir. Mariss Jansons, Mihoko Fujimura, soprano, joue des extraits d’opéras de Wagner (Tannhäuser, Lohengrin, La Walkyrie, etc.). 21.15 i éco. de Giuseppe Verdi, donné en direct de l'Opéra Bastille, à Paris. Par l'Orchestre de l'Opéra national de Paris, dir. Massimo Zanetti. Avec Ana Maria Martinez (Luisa), Ramon Vargas (Rodolfo)... 22.20 Pliés en 4, le show. 21.40 et 0.15 i cinéma. Musicalement vôtre 20.00 Aligre FM Pascal Pareti 23.20 Taratata. Invités : Avril Lavigne, John Legend, les Fatals Picards, Sanseverino d. 0.45 Water Lily. Concert enregistré lors du Caprices Festival (60 min) d. 22.45 Entourage. Le Jour de la sortie de « Head on ». Le Scénario et le Sherpa. Queen’s Boulevard sinon rien Série (S1, 4 à 6/8) 0. Avec Fuzzy Fantabulous. 0.10 Clubbing. Magazine (90 min). 22.15 Journal de l’international. 22.15 Zap’8. Magazine présenté par Rachel Bourlier. 22.40 A juste titre. reçoit Bertrand Soulier, dont l’album Discorama (Le Best-Of imaginaire) sort le 25 mars. 23.45 Direct Poker. Episode 26 (75 min). 23.15 i net. Best of de la semaine (15 min). Le Secret des Enfoirés 20.00 RTL Soirée spéciale autour On connaît la musique 23.00 Europe 1 La chanteuse québécoise Isabelle Boulay est, ce soir, l’invitée de Thierry Lecamp. Les codes du CSA 0 Déconseillé aux moins de 10 ans 2 Déconseillé aux moins de 12 ans 6 Déconseillé aux moins de 16 ans 8 Déconseillé aux moins de 18 ans. Les cotes des films a On peut voir a a A ne pas manquer a a a Chef-d’œuvre ou classique. Sous-titrage spécial pour les sourds et malentendants d. de cet événement, enregistré au Zénith de Strasbourg et diffusé à partir de 20 h 50.
Slide 32: 32 Samedi 8 mars 2008 Pluie sur le nord- 70 km/h ouest Cherbourg 70 km/h Météo & Jeux Le 08.03.2008 EN EUROPE Lille Lille 0123 Samedi 8 mars 2008 En Europe DANS LE MONDE 2 5 5 6 1 5 0 5 8 6 7 4 -6 8 -2 13 8 4 4 2 4 0 15 4 2 0 -3 4 4 3 -5 7 0 5 -6 3 11 16 14 9 8 7 11 8 16 11 12 10 1 20 8 12 16 7 12 8 14 2 24 6 8 1 3 14 14 7 2 13 9 8 7 6 ensoleillé 8 Alger éclaircies 18 Amman ensoleillé 23 Bangkok éclaircies 24 Beyrouth averses éparses 20 Brasilia 16 Buenos Aires ensoleillé beau temps 19 Dakar très nuageux 26 Djakarta beau temps 20 Dubai 17 Hongkong éclaircies 17 Jérusalem éclaircies pluie éparse 23 Kinshasa éclaircies 21 Le Caire beau temps -1 Mexico neigeux -4 Montréal éclaircies 14 Nairobi 19 New Delhi beau temps fortes averses 3 New York beau temps 5 Pékin averses éparses 14 Pretoria beau temps 8 Rabat éclaircies 0 Séoul Singapour averses éparses 23 beau temps 15 Sydney beau temps 4 Téhéran éclaircies 6 Tokyo averses modérées 8 Tunis 1030 4 Washington faible pluie 16 30 34 28 24 25 30 31 26 20 30 29 34 14 -6 24 31 4 16 23 18 11 31 25 17 11 15 8 24 26 30 29 26 28 08.03.2008 12h TU 980 1° 12° 3° 15° Températures à l’aube et l’après-midi Amiens Rouen 5° 11° Caen 1° 11° 1° 11° 3° 12° Metz Brest 5° 11° Rennes 4° 10° Orléans PARIS Châlons- 10° 2° en-Champagne Strasbourg 3° 2° 13° Nantes 12° 3° 11° Poitiers 2° 10° Dijon 1° 13° 3° 10° ClermontFerrand Besançon 3° 9° Chamonix 1° 12° Limoges Lyon 3° 40 km/h 3° 9° Bordeaux Bordeaux 4° 10° 11° Grenoble -4° 7° 5° 13° 1° 12° Toulouse 10 km/h Montpellier Nice Marseille Biarritz 9° 12° 6° 12° Perpignan 5° 15° 7° 16° 4° 15° 50 km/h Ajaccio 6° 15° Amsterdam éclaircies Athènes beau temps Belgrade averses éparses Berlin averses éparses Berne ensoleillé Bratislava pluvieux Bruxelles éclaircies Budapest faible pluie Bucarest averses éparses Copenhague éclaircies Dublin faible pluie Edimbourg faible pluie Helsinki faible neige Istanbul éclaircies Kiev très nuageux La Valette averses éparses Lisbonne éclaircies Ljubljana pluvieux Londres pluie éparse Luxembourg éclaircies Madrid ensoleillé Moscou couvert Nicosie très nuageux Oslo pluie et neige Prague couvert Reykjavik faible neige Riga faible neige Rome éclaircies Sofia éclaircies Stockholm averses éparses Tallin faible neige Tirana très nuageux Varsovie ensoleillé Vienne pluvieux Vilnius ensoleillé Zagreb forte pluie Reykjavik Reykjavik D 970 Edimbourg Oslo Stockholm Helsinki St-Pétersbourg Riga Moscou 985 Dublin Copenhague Minsk Amsterdam Berlin Prague Kiev 10 1 5 Londres Bruxelles Varsovie 1005 1015 Paris Berne Milan Munich Vienne Budapest Zagreb H Belgrade Rome Barcelone Madrid D Bucarest Sofia Odessa 1020 Lisbonne Séville 1010 Istanbul Ankara OUTREMER Cayenne Fort-de-Fr. Nouméa Papeete Pte-à-Pitre St-Denis forte pluie 25 ensoleillé 20 ensoleillé 22 averses modérées 22 ensoleillé 20 ensoleillé 22 D Alger Tunis Athènes A Anticyclone Front chaud Occlusion D Dépression Front froid Thalweg Rabat Tripoli A Le Caire Beyrouth Jérusalem - 5 à 0° 0 à 5° 5 à 10° 10 à 15° 15 à 20° 20 à 25° 25 à 30° 30 à 35° Dans le monde Intempéries pluvieuses, neigeuses et venteuses dans l’est des Etats-Unis et du Canada Anchorage 2° 6° Vancouver 6° 8° Chicago -9° -4° Québec -10° -8° Paris 2° 12° Barcelone 6° 14° Marrakech 8° 22° Bagdad 14° Tripoli 29° 8° Riyad 17° 11° 29° Khartoum 17° 42° Yaoundé 21° 27° Ankara 4° 21° St-Pétersbourg -3° 0° Omsk -2° -3° Irkoutsk -6° 3° - 5 à 0° 0 à 5° 5 à 10° 10 à 15° 15 à 20° 20 à 25° 25 à 30° 30 à 35° 3° 14° ST-JEAN DE DIEU COEFF. DE MARÉE: 104 LEVER: 07h17 COUCHER: 18h44 PARIS LEVER: 07h22 COUCHER: 20h05 PARIS Honolulu 19° En France Los Angeles 12° 21° Kaboul Miami 24° 22° 1° 14° Vladivostock 4° 8° Karachi 19° 30° 25° Les restes d'un front apporteront un temps gris et quelques gouttes le matin entre l'Auvergne et la frontière allemande. L'ambiance s'annonce plus lumineuse l'après-midi sur Cumul pluviométrique les régions de l'est jusqu'au pourtour méditerranéen. Quelques ondées pourront arroser la le 08.03.2008 > 50 mm Côte d'Azur et la Corse. Le ciel se couvrira en revanche sur la moitié ouest du pays et 15-50 mm quelques bruines se produiront, surtout entre la Manche et le Val de Loire. Des pluies plus conséquentes débuteront sur le Finistère où le vent de sud-ouest se lèvera. Les 5-15 mm températures seront un peu fraîches pour la saison. 1-5 mm Managua 24° 34° Caracas 21° 29° Lima 24° 23° La Paz 3° 12° Rio de Janeiro 22° 30° 16° 21° Abidjan 20° 31° Shanghai 4° 6° Hanoi 19° 27° Kuala Lumpur 23° 29° Antananarivo 13° 23° Le Cap 19° 33° Port Moresby 26° 31° Alice Springs 23° 34° Auckland Auckland 14° 22° Dimanche 7° 9° 7° 9° 7° 10° 7° 10° 3° 10° 9° 10° 4° 10° 7° 13° 5° 14° 2° 12° Jours suivants Région Nord-Ouest 2° 11° < 1 mm Santiago du Chili Lundi 7° 10° 3° 8° 4° 9° 7° 10° 5° 13° Mardi 7° 13° 6° 12° 5° 10° 9° 13° 7° 17° Mercredi 8° 15° 7° 14° 5° 12° 11° 15° 10° 19° Météorologue en direct au 0899 700 703 (1,34 € l’appel + 0,34 € la minute) 7 jours/7 de 6h30-18h Service proposé par MeteoNews en partenariat avec Le Monde Ile-de-France Nord-Est Sud-Ouest Sud-Est Enregistrez-vous et imprimez votre carte d’embarquement sur www.airfrance.fr http://www.meteonews.fr MOTS CROISÉS Nº 08 - 059 L’ART EN QUESTION Nº 576 LE MOBILIER DU POUVOIR Au début des années 1980, la production de Pierre Paulin prend un nouveau tournant : il abandonne le mobilier de série et retrouve le plaisir de concevoir avec une réelle liberté qui le dégage des contraintes de la fabrication industrielle. Il dessine alors des marqueteries subtiles, imagine une table de salle à manger intitulée « Cathédrale », dont le piètement est un enchevêtrement complexe de plaques métalliques peintes en jaune, crée des sièges aux assises cannées majestueuses ou réinterprète un bonheur-du-jour en laque jaune et cuir gris. Cette table, présentée à l’exposition de la galerie des Gobelins, n’est qu’une étape dans la longue En collaboration avec la SUDOKU Nº 727 Solution du no 726 Retrouvez nos grilles sur www.lemonde.fr 1 I II III IV V VI VII VIII IX X HORIZONTALEMENT VERTICALEMENT 2 3 4 5 6 7 8 9 10 1 1 12 collaboration de Pierre Paulin avec le Mobilier national depuis 1968. Le designer a résolument modernisé le mobilier, créant un nombre incroyable de formes et bouleversant l’image des codes mobiliers et du style français dans les célèbres aménagements de l’Elysée réalisés pour Georges Pompidou et François Mitterrand. Comment s’appelle le fauteuil en mousse polyuréthane et tube d’acier que Pierre Paulin a créé en 1960 ? – Mushroom ? – Tongue ? – Boudin ? Réponse dans Le Monde du 15 mars. 2 9 7 3 7 8 6 2 9 7 5 4 8 8 1 4 2 6 4 7 3 5 8 9 2 1 1 3 9 2 7 6 8 4 5 5 8 2 1 9 4 6 7 3 2 7 4 8 3 9 5 1 6 3 1 6 4 2 5 7 9 8 8 9 5 6 1 7 4 3 2 4 2 8 7 6 1 3 5 9 9 6 3 5 4 2 1 8 7 7 5 1 9 8 3 2 6 4 8 7 8 6 4 Tr`s difficile e 6 5 Compl´tez toute la e grille avec des chiffres allant de 1 ` 9. a Chaque chiffre ne doit ˆtre utilis´ qu’une e e seule fois par ligne, par colonne et par carr´ de neuf cases. e R´alis´ par Koalog (http://sudoku.koalog.com) ee Un jeu pour chaque jour Lundi daté mardi Affaire de logique Mardi daté mercredi Scrabble Mercredi daté jeudi Bridge Vendredi daté samedi L’art en question Samedi daté dimanche-lundi Echecs Le Loto Les résultats sont publiés dans cette page dans nos éditions datées dimanche-lundi, mardi et vendredi I. A voir quand tout commence à coincer. II. Petite antilope africaine. Partir à l’aventure. III. S’exprime comme un duc. Lance un signal. IV. Belle enfant de Victor. Excite la meute. V. Dans le pot. Allumé avec intentions. Fait la liaison. VI. Ouverture de gamme. Petit du système solaire. VII. Bonne disposition en partant. Vaut dix à London. Conjonction. VIII. Faisons un pas en avant. Distribue à la sortie du PC. IX. En retard sur la moyenne. Fierté du gallinacé. X. Femmes de lettres. Solution du n° 08 - 058 Horizontalement 1. Approche amoureuse. 2. Sort la nuit pour se ravitailler. Tête d’épingle. 3. Vieux ruminant. S’étend en Mongolie. 4. Bon mélange mauvais pour la voix. 5. Rendus stupides. Vient de Transylvanie. 6. Le titane. Fêté une fois l’an. Apporte du neuf. 7. Gardent le chef à l’abri et au chaud. 8. Dans la poche des Moldaves. Reconnaissance ancienne. Démonstratif. 9. Des cordes et un clavier. Note. 10. Equipa le bâtiment. Support de coque. 11. Voyelles. Ouvrage fortifié. 12. Aiment à pinailler. Philippe Dupuis Verticalement I. Quatre-quatre. - II. Ultras. Sioux. - III. Etripage. Nep. - IV. Ries. Irritée. - V. Ems. Pei. Ce. VI. Loire. SCI. Ot. - VII. Epinal. Psi. - VIII. Eu. RN. Naples. - IX. Uni. Artisane. - X. Réfrigérante. 1. Querelleur. - 2. Ultimo. Une. 3. Atrésie. If. - 4. Tris. RPR. - 5. Rap. Peinai. - 6. Esaïe. Rg. - 7. Grisante. - 8. User. Clair. - 9. Aï. Ici. PSA. - 10. Tonte. Plan. - 11. Ruée. Osent. - 12. Expertisée. Pierre Paulin (1927), Table cathédrale, 1982. Aluminium peint en jaune et dalle de verre, 75 × 140 × 140 cm. Atelier de recherche et de création du Mobilier national de Paris, Mobilier national. Présentée à l’exposition « Pierre Paulin, le design au pouvoir » au Mobilier national, galerie des Gobelins, à Paris, jusqu’au 27 juillet. © PHOTO F. BAUSSAN Réponse du jeu no 575 paru dans Le Monde du 1er mars. Le mouvement artistique fondé par Alexandre Charpentier en 1896 avait pour programme « L’art dans tout ».
Slide 33: Samedi 8 mars 2008 0123 à 25 000 expulsions par an, objectif fixé par le président de la République, il faut, disent les services de police, procéder à cinq fois plus d’interpellations. Plusieurs centaines par jour ! « On tape sur ceux qui sont les plus intégrés, déclare Jean-Pierre Dubois, président de la Ligue des droits de l’homme. Parce que c’est beaucoup plus facile d’aller arrêter des gens à la sortie d’une école que de chercher des gens qui sont dans la clandestinité. » « La chasse aux enfants n’affecte pas seulement les victimes mais aussi, et par vagues concentriques, leur entourage d’enfants et de parents, de témoins effarés, plongés tout d’un coup dans l’angoisse existentielle », observe Stéphane Hessel dans la préface d’un livre à paraître, La Chasse aux enfants, l’effet miroir de l’expulsion des sanspapiers (La Découverte, avril 2008). Ses auteurs, Miguel Benasayag, Angelique del Rey et des membres de RESF constatent que « même dans des écoles où il ne s’est encore rien passé, les enseignants préparent des plans de protection des enfants comme s’ils préparaient l’évacuation de l’établissement en cas d’incendie ». « L’été a été celui des défenestrations, écrit Pierre Cordelier, l’un des fondateurs du mouvement RESF. Mi-août, à Amiens, un enfant tchétchène de 12 ans saute par la fenêtre, voulant suivre son père pour fuir la police. Le 31 août, à Toulouse, un jeune Tunisien en situation irrégulière saute du quatrième étage. Le 12 septembre, c’est un autre jeune Tunisien qui passe par la fenêtre du quatrième étage à Péage-de-Roussillon, en Isère. Le 20 septembre, une femme chinoise, Chunlan 33 Des régimes sensibles à ce point, des ministères sensibles, des présidents sensibles, c’est la première fois. Toute une politique des émotions. Emocratie Liu, terrorisée en voyant arriver les policiers, se défenestre dans le 20e arrondissement de Paris. Transportée à l’hôpital, elle y meurt le lendemain, mais ce décès sera soigneusement caché pendant plus de deux jours. » En 2007, à l’occasion de la journée de la femme, Nicolas Sarkozy avait déclaré : « Chaque fois qu’une femme sera martyrisée dans le monde, cette femme devra être reconnue comme citoyenne française et la France sera à ses côtés. » Il n’avait pas précisé à l’époque que cette promesse ne s’appliquait qu’à des cas exceptionnels, des histoires exemplaires, médiatisées. Non pas à la masse de femmes qui, au péril de leur vie, ont traversé les frontières, voyagé pendant des mois, fuyant la guerre en Irak ou en Afghanistan, la faim en Afrique, des régimes dictatoriaux ou simplement oppressifs. Pour elles, c’est une autre histoire… Pour Brice Hortefeux, tout se résume à une question de mot. « Un mot, et tout est gagné. Un mot, et tout est perdu », a-t-il affirmé, citant René Char. On ne parle pas de « rafles », mais de « contrôles d’identité ». On n’enferme pas dans des « camps », on « place dans des centres de rétention ». On ne procède pas à des « expulsions » mais à des « éloignements », un concept qui relève moins du registre des procédures policières que de la grammaire des sentiments… « Le ministère qui est le mien est un ministère extraordinairement sensible », a ajouté Brice Hortefeux, sans craindre l’euphémisme. Depuis la fameuse formule de Valéry Giscard d’Estaing lui contestant le « monopole du coeur », les hommes politiques, même quand ils se livrent à des tâches de basse police, veulent nous convaincre qu’ils ont un cœur. La France a connu dans son histoire toutes sortes de régimes, des plus éclairés aux plus autoritaires, des monarchies électives, des empires d’opérette, mais des régimes sensibles à ce point, des ministères sensibles, des présidents sensibles, c’est la première fois. Toute une politique des émotions. Emocratie. La sensibilité est une chose relative et même paradoxale. Arthur Koestler avait forgé un mot-valise pour la définir : « mimophant ». « Un mimophant est une espèce hybride : un croisement entre un mimosa et un éléphant. Un membre de cette espèce a la sensibilité d’un mimosa lorsqu’il s’agit de ses propres sentiments et la peau épaisse d’un éléphant piétinant les sentiments des autres. » a Christian Salmon est essayiste. Ministère « mimophant » Storytelling Christian Salmon L a journée du 8 mars est l’occasion, chaque année, de prendre la mesure de la condition féminine dans le monde. La parité hommes femmes en est l’un des critères. S’il est un domaine dans lequel elle progresse constamment, c’est celui de l’immigration. « Les femmes représentent environ la moitié des migrants récemment arrivés dans les Etats membres de l’Union européenne, affirment Mirjana Morokvasic et Christine Catarino dans un article récent de la revue Plein droit (décembre 2007). Elles sont même majoritaires dans certains pays et courants migratoires. La migration des femmes seules se développe, y compris dans des flux migratoires traditionnellement dominés par les hommes… » Ce n’est pas la moindre des surprises que révèle cette enquête. En matière d’immigration, la parité est respectée. Mais elle progresse aussi dans les statistiques des reconduites à la frontière. Conséquence directe : les nourrissons ont fait leur apparition dans les centres de rétention. Un seul exemple pris au hasard sur le site du Réseau éducation sans frontières (RESF) : Mickaël, 16 mois, est en garde à vue avec sa mère à la gendarmerie de Vern-sur-Seiche, près de Rennes, en vue de leur expulsion. Au moment où nous écrivons ces lignes, l’enfant est en prison depuis dix-sept jours. La chronique des arrestations d’enfants à la sortie des écoles témoigne de cette féminisation des expulsions d’étrangers sans papiers. La raison en est simple. Pour parvenir Billet Robert Solé Neuf zéros DE GRÂCE, cessons de remplir nos journaux d’informations négatives ! Dans le vaste monde, il n’y a pas que des attentats, des conflits, des licenciements, des marées noires… Prenons la peine de voir ce qui progresse, ce qui avance, ce qui augmente. Le nombre des milliardaires en dollars, par exemple. Figurezvous qu’il a grimpé de 946 à 1 125 en un an, selon le magazine Forbes. C’est la première fois que les « neuf zéros » dépassent le millier ! Il n’y a pas de fatalité, rien n’est impossible. A force de travail, de flair et de détermination, quiconque peut accéder au top du top : Bill Gates est devancé désormais par son compatriote Warren Buffet et par le Mexicain Carlos Slim Helu. Mieux : l’on compte quatre Indiens parmi les dix premières fortunes de la planète, preuve que le tiers-monde avance à grands pas sur le chemin de l’abondance. Le magazine Forbes ne nous révèle pas chaque année le nom de la personne la plus pauvre du monde. Heureusement ! Parce que les journaux, attirés comme des mouches par les informations négatives, en feraient certainement tout un fromage. a IL Y A 50 ANS DANS « LE MONDE » Au PC du colonel Bigeard UNE OPÉRATION vient d’être déclenchée, et cinq hélicoptères chargés d’hommes s’éternisent là-haut, au creux de deux djebels, sous des nuages noirs. Deux avions de chasse T-6 strient l’air au-dessus de nous et disparaissent aussitôt. Ils vont à la recherche d’un fort convoi rebelle de quelque cent hommes, munis de mitrailleuses et fusils-mitrailleurs : c’est du moins ce qu’affirme un prisonnier au blouson gris, les mains liées dans le dos. Le colonel Bigeard téléphone dehors, penché sur une carte d’étatmajor posée à même l’herbe. Il donne des ordres aux commandants de compagnie, au poste d’artillerie, aux pilotes des hélicoptères, et à l’équipage du Piper qui tourne au-dessus des montagnes toutes proches. Maintenant le temps presse, il SOMMAIRE L’actualité Editorial et analyses ............. 2 Page trois .............................. 3 International ......................... 4 Sciences & Environnement . 9 Europe ................................. 10 France .................................. 11 Economie & Médias ............ 15 lemonde.fr L’actualité au fil de la journée sur lemonde.fr Décryptages Portrait ................................ 19 Débats ................................ 20 Enquête .............................. 22 Carnet ................................. 23 Culture&vous Actualités ........................... 24 Critiques ............................. 25 Modes de vie ....................... 27 Sports ................................. 29 Ecrans ................................. 31 Météo & Jeux ...................... 32 123 faut partir. Déjà des camions où se sont entassés les soldats du 3e régiment des parachutistes coloniaux ont à toute allure pris la route. D’autres soldats sortent des tentes vertes dans leur uniforme couleur de sol et de forêt. De jeunes capitaines, que presque rien – trois petits galons imperceptibles – ne distingue apparemment de leurs hommes, entourent le colonel, qui s’apprête à son tour à rejoindre, comme il le fait chaque fois, les hommes déjà sur place : « Salut, Bigeard ! », crie quelqu’un quand le chef du 3e RPC saute dans le camion qui s’éloigne à son tour du camp. Un muezzin appelle à la prière quelques musulmans assis sur les trottoirs. Il ne reste presque plus personne au camp lorsque nous le quittons. C’est la guerre. a Eugène Manoni (8 mars 1958.) Offre limitée à la France métropolitaine - Sans obligation d’achat du Monde et dans la limite des stocks disponibles. Visuels non contractuels - © Yann Arthus-Bertrand/CORBIS Les grands philosophes n’ont jamais été autant d’actualité Nietzsche La Mort de Dieu Tome 7 En vente toute la semaine dès le jeudi 6 mars Chaque semaine, dès le jeudi chez votre marchand de journaux, retrouvez un tome du « Monde de la Philosophie » avec les textes complets d’un grand philosophe, les clés pour mieux comprendre l’œuvre et une bibliographie revue et actualisée de l’auteur. Plus d’informations : www.lemonde.fr/philo ou téléphonez au 0825 120 219 (0,15 €/minute) en plus du a Tirage du Monde daté vendredi 7 mars 2008 : 427 954 exemplaires. Nos abonnés et PAD trouveront avec ce numéro un encart « Banque Populaire Lorraine » dans une sélection de départements.
Slide 34: 1998 2008 10 ANS DE COMBAT. Pour les Femmes. Lihadh Al-Gazali, Emirats Arabes Unis Lauréate pour l’Afrique et les Etats Arabes Pour la Science. Jeudi 6 mars 2008, 5 femmes de science des cinq continents ont reçu le Prix L’Oréal-Unesco qui récompense la qualité exceptionnelle de leurs travaux de recherche. Depuis 1998, 52 chercheuses émérites dans 26 pays ont ainsi été mises à l’honneur et 460 jeunes chercheuses se sont vu attribuer des bourses dans 85 pays. Le Groupe L’Oréal est convaincu que la science est source de progrès et que le rôle des femmes y est essentiel. Elizabeth Blackburn, Etats-Unis Lauréate pour l’Amérique du Nord Ana Belén Elgoyhen, Argentine Lauréate pour l’Amérique Latine V. Narry Kim, République de Corée Lauréate pour l’Asie-Pacifique www.forwomeninscience.com Exposition Photo de Micheline Pelletier “Pour les Femmes et la Science” Mars-Avril 2008 AÉROPORTS DE PARIS, partenaire de la Fondation d’entreprise L’ORÉAL et de l’UNESCO Ada Yonath, Israël Lauréate pour l’Europe

   
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